


Jeudi 9 juillet 2009, 13h30. À partir de Tence (Haute Loire), on prend, vers le sud-ouest, la route du Mazet. On passe le hameau de Mendigoules. Au sortir d’un bois, la route s’incurve légèrement vers la droite, puis vers la gauche. Il y a, à gauche, en dessous, une étendue de prés, bordée au loin par des bois où les conifères dominent, et à droite, au dessus, deux maisons, une moderne et une ancienne. Au-delà, la route tourne nettement à gauche en montant. Cette configuration était restée à peu près en mémoire. L’exploration des photos satellites et finalement le passage en voiture, maintenant, ont permis la redécouverte de la maison des vacances de l’été 1951. C’était une vieille ferme habitée par une famille dont le plus jeune bébé ne voyait jamais le jour. Elle est devenue, avec pas mal de transformations, une maison de vacances, fermée aujourd’hui. Il restait une vérification : il y avait une petite mare ronde dans le pré, non loin de la route. La photo Google montre un minuscule disque plus sombre. Sur le terrain, on voit moins bien mais elle est là, dans les herbes non fauchées : on y faisait naviguer un petit bateau taillé au canif dans une écorce de pin.
— Tence en haut à droite, le hameau de Mendigoules (repère).
— La route et les deux maisons. Au centre de l’image, la mare.
— Les prés et la mare.
— La maison.
Mois : juillet 2009
Le corps de Cécile
Mercredi 8 juillet 2009, 10h30, cathédrale Sainte-Cécile, Albi. Cette figure de Sainte Cécile est inspirée de la sculpture de Stefano Maderno (1566-1636) placée dans la basilique Santa Cecilia du Trastevere à Rome. La tradition veut que la position soit celle qu’avait le corps retrouvé intact dans le sarcophage.
Stefano Maderno, Santa Cecilia, marbre, 1600. Photo DR
La sculpture d’Albi n’est certainement pas la « réplique fidèle » ou la « reproduction » de celle de Maderno, comme il est dit souvent, mais elle s’inscrit dans la suite d’une image construite historiquement : Georges Didi Huberman, dans son livre Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002, souligne les trois niveaux de construction du personnage : la découverte archéologique de restes corporels, l’invention hagiographique (s’appuyant sur le miracle d’un corps non corrompu), et le travail artistique. Il analyse comment le corps peut s’imposer à l’imagination par le « paradoxe visuel proposé par ce tas de voiles ».
« […] elle était couchée sur le côté droit, les genoux légèrement repliés, une étoffe de soie verte, rayée de rouge sombre, l’enveloppait tout entière et dessinait parfaitement ses lignes; sous le voile, une robe d’or, maculée de sang, brillait vaguement. En voyant cette jeune sainte, qui semblait dormir, les spectateurs furent saisis d’un profond respect; personne n’osa enlever le voile […]. Clément VIII, quand il vint, à son tour, de Frascati, contempler la merveille, voulut qu’elle demeurât intacte, et il ordonna d’enfermer l’antique cercueil de bois de cyprès dans une enveloppe d’argent semée d’étoiles. »
Émile Mâle, L’art religieux de la fin du XVIe siècle, du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle. Armand Colin, 1932. Cité par Georges Didi-Huberman, p.29.

Georges Didi-Huberman, Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002.
Vue : depuis une chartreuse
Désaxée

Dimanche 5 juillet 2009, 20h20 (comme on le voit à l’horloge), façade ouest de la cathédrale Saint-Étienne, Toulouse. On dit que l’assemblage désaxé de deux églises, l’hétéroclite de la construction (XIe-XVIIe, XIXe et début du XXe), ont intéressé les architectes modernes (Le Corbusier) et post-modernes (Robert Venturi).



Mardi 7 juillet 2009, 16h, cathédrale Saint-Étienne, Toulouse, vue et détail en direction de la nef la plus ancienne.
Enseignes peintes anciennes
Bonjour Monsieur Peirce !

Toulouse, 7 juillet 2009, 13h. Trottoir de la rue Lakanal, tout près du Couvent des Jacobins. Charles Sanders Peirce (1839 – 1914) nous a appris qu’un signe peut être un indice, c’est-à-dire qu’il peut entretenir un lien physique à son objet : le cas le plus classique est l’empreinte; la photographie est plus problématique. Donc, ceci est un chien. Le problème, c’est que lorsqu’on a fait des efforts pour assimiler la théorie des signes de Peirce, on voit d’abord Monsieur Peirce — le signe est alors un symbole. Accessoirement, on peut voir des ouvriers passant la boucharde sur le ciment frais.

Une boucharde [dr]
Soleil levant

Samedi 4 juillet 2009, 7h du matin, Pierrelatte. Dans la série « Les choses nous regardent » : cette boîte de Ricorée est restée longtemps sans être touchée. La poudre s’est mise en bloc et a rétréci, s’éloignant de la paroi métallique. La lumière est celle du soleil levant.
Voir : « Avocat », 2 avril 2008 ou « Rouge de Savoie », 28 février 2009.
Maisons à Dieulefit




Vendredi 3 juillet 2009, entre 16h et 18h , Dieulefit, Drôme. Observées dans le segment le plus extérieur de la rue Justin Jouve (la route qui mène, au nord, à Bourdeaux) :
— Maison ancienne dont la façade et les volets ont été récemment repeints.
— Entrée d’une salle de cinéma d’une institution religieuse, probablement aménagée au début des années 60.
— Villa de Ronce, au numéro 40, construite en 1958.
— Terrasse d’entrée au niveau de la rue avec revêtement en cassons de grès-cérame.
Ligne blanche

Mercredi 1er juillet 2009, 20h, parking de Carrefour, Grésy sur Aix, Savoie. Walter de Silva, designer de la Golf Six, avec Klaus Bischoff, Flavio Manzoni et l’équipe du style de Volkswagen : « Elle est plus accentuée et plus tridimensionnelle que les versions précédentes, affichant des lignes et des angles précis, associés à des surfaces évasées et des renfoncements finement proportionnés. »









