
Samedi 3 janvier 2015, 10h. Négatif retrouvé (date inscrite dans la pellicule : 16 juillet 1985) d’une vue jamais tirée, dans le cadre de la préparation du 30e anniversaire. Le Bus, installation vidéo-interactive, version initiale pour l’exposition Les Immatériaux, Centre Pompidou, 1985, réalisée en 1984 avec mes étudiants de Paris 8 et le soutien de Thierry Chaput, commissaire au CCI. La maquette d’un autobus parisien était prêtée par la RATP. Trois petits moniteurs vidéo étaient disposés derrière trois fenêtres du bus. Mention : photo JLB 1985
Document/Monument

Jeudi 1er janvier 2015, 16h47, place de l’Étoile, après le chemin depuis le Louvre en passant par les Tuileries et la Concorde, photo à l’iPhone. Marquer l’année 2015 par une notation théorique : « L’histoire, c’est ce qui transforme les documents en monuments » écrivait Michel Foucault dans l’introduction de L’Archéologie du savoir, 1969. C’est peut-être une marque de la distribution de l’histoire en train de se faire : la pratique exponentielle du document photographique, y compris vidéo et sonore, par une masse de gens, partout dans le monde, l’accumulation de ces documents en bases de données accessibles en réseaux. L’ici extrême, le miroir géolocalisé, verso du flight ticket, n’existe que par ses éclats partout ailleurs. Et puis, c’est ce que l’on voit en direct dans cet après-midi historique, les documents de type selfies, selfies à perches, par dizaines dans le champ visuel à chaque instant, s’agglutinent aux « vieux monuments » de pierre pour les muter en hypermonuments. Renversement, ou alors prémonition : au XVIIIe siècle, le monument, objet mémoratif, signifie document :
« J’écris absolument de mémoire, sans monuments, sans matériaux qui puissent me la rappeler. Il y a des événements de ma vie qui me sont aussi présents que s’ils venaient d’arriver ; mais il y a des lacunes et des vides que je ne peux remplir qu’à l’aide de récits aussi confus que le souvenir qui m’en est resté. » Les Confessions, Livre troisième, 1728-1731.
Procrastination

Mardi 30 décembre 2014, 23h, 93bis. Un texte à finir depuis des jours. La deadline est demain, alors il reste de la place pour procrastiner. Ce pan de mur (88 cm x 66 cm) est sur le palier juste à côté de la porte. Il y a des mois, il a été creusé pour voir d’où venait l’humidité (on peut lire 40% dans le coin supérieur droit). Construction de plus d’un siècle, tout un travail de signes sur le plâtre et de la peinture rouge sur le bois (un reste dans un pinceau). La lumière est « naturelle », une seule ampoule au plafond. C’est pour ne pas manquer la fin de l’année que cette photo et ce billet n’ont pas été remis à demain.
Stoppages, inframinces
Pièces


Dimanche 28 décembre 2014, 16h — 17h, Palais de Tokyo. De l’exposition Inside, deux pièces intéressantes qui sont des pièces : Mike Nelson (1967, Londres), dont on avait vu longuement la spectaculaire installation-construction Humpty Dumbty au Mamco en 2005, avec Studio Apparatus for Palais de Tokyo — A Maquette Turned Memorial to a Phantom Work: Four Way Introduction; towards mechanism to dislocate both time and space; futurobjectics (reversed); mysterious island * / * see Introduction or The Exorcism (of both the public and the private), 2014; Bruce Nauman (1941, Nouveau Mexique), Get Out of my Mind, Get Out of this Room, installation sonore (l’artiste répète sans cesse le titre), historique.
Liberté

Dimanche 28 décembre 2014, 15h30, Cité de l’architecture, Palais de Chaillot, Paris 16e. Au dessus de ce qui fut la Cinémathèque de Langlois, beaucoup fréquentée dans les années 70, une salle en accès libre, libre de toute exposition, sans personne, avec différentes chaises (données ?) de Vitra, dont celle nommée Hal, de Jasper Morrison, 2011.
La tour Eiffel depuis le haut de Belleville le soir de Noël
Hypothèse

Jeudi 18 décembre 2014, 11h. La Sorbonne, salle Jean- Baptiste Duroselles, petite salle de soutenance des doctorats. Pause dans la soutenance de Johanna en esthétique et sciences de l’art. Il y est question de la « révolution numérique et de ses effets esthétiques ». C’est problématique : on peut penser que le numérique a contribué à quelque chose et que ce quelque chose n’est pas exactement une révolution.


