Archéologie métropolitaine

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Dimanche 16 novembre 2014, 19h, station de métro Louvre-Rivoli, Paris. Elle se nommait autrefois Louvre, avant que l’accès principal au musée du Louvre ne soit à la station Palais Royal. En 1968, la décision du ministre de la culture, André Malraux, fut très remarquée : les quais furent exemptés de publicité, habillés de pierre et devinrent le lieu d’une série de vitrines et de niches aux cadres de cuivre avec des copies d’œuvres antiques du Louvre. Tout a été détruit, des affiches de 1968 sont réapparues par fragments. Une archéologie véritable s’impose aux visiteurs. On découvre par exemple le nom de Jean Bernard-Luc, écrivain de théâtre et adaptateur pour le cinéma. Les mots …LISATION, … REVI, restent à déchiffrer.
Voir : « La Muette (comment la faire parler) », 23 août 2009, http://jlggb.net/blog/?p=4995.

le visiteur

Lundi 17 novembre, 17h. Françoise a trouvé, l’affiche est de 1947, signée Jacques Faria. On est donc dans une couche très ancienne. Le métro comme le web sont des mondes de visiteurs archéologues.

Tout se passe avant

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clergue-nu-verso-1966
Samedi 15 novembre 2014, 23h. L’histoire commence vers 16h. Sortant des Beaux-Arts où nous sommes venus voir Offprint, la foire des livres d’art et d’artistes, nous passons devant la galerie Patrice Trigano. Je remarque des photographies de Lucien Clergue et il me vient l’idée de demander les prix. Quatre mille euros pour une épreuve récente de 40 x 50 cm. Au café La Palette, j’imagine que nous pourrions demander à Lucien Clergue de signer — pour les vendre et acheter un nouvel appareil photo — les petits tirages, désormais vintages, donnés pour le catalogue de l’exposition dont Michel Séméniako, Marie-Jésus Diaz et moi avons été les commissaires à Grenoble en 1966. « Clergue n’est pas tellement plus vieux que nous. Quand nous l’avons connu, il avait trente ans et nous vingt. » Je me rends au Grand Palais pour Paris Photo. Dans la queue, je lis sur mon iPhone que Lucien Clergue vient de mourir. Surpris par cette coïncidence, je cherche ses photos dans les stands de galeries ; mais aucune. Je croise Agnès Varda chez Nathalie Obadia où elle a reconstitué sa première exposition personnelle de 1954, rue Daguerre. J’ai rendez-vous avec Hanako qui vient d’intégrer le Studio national d’art contemporain du Fresnoy et j’apprends qu’elle prépare un film sur le portrait qu’elle va faire en daguerréotype d’Agnès Varda chez elle, rue Daguerre. Je peux lui dire que lorsque j’ai commencé, en 1965, à faire des photos de théâtre, ma seule référence était Agnès Varda, au TNP et au Festival d’Avignon. Une fois rentré, je reproduis la photo que Clergue me donna en décembre 1966, format 40 x 50. Je retrouve notre texte du catalogue — pour moi, le premier texte jamais rédigé et publié — et je lis : « Agnès Varda dit : tout se passe avant. »

Deep Web à la Kunsthalle de Saint-Gall

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Vendredi 31 octobre 2014, 12h30, Kunsthalle de Saint-Gall. L’exposition The Darknet — From Memes to Onionland. An Exploration est expliquée par Giovanni Carmine, directeur de la Kunsthalle, à un groupe d’étudiants et enseignants en art venus du Valais. Activiste, conceptuelle, intéressante. Il y est question du Deep Web, la part cachée — comme dans un iceberg — du web. On est ici devant la pièce de xhacker02, Artwork by Anonymous, prêtée par xhacker02, un post produit par un anonyme et acheté par un anonyme. Site : http://www.kunsthallesanktgallen.ch/en/home.html

La Danse des heures – Der Stundentanz

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Mercredi 29 octobre 2014, 18h30, gare de Bienne — ville éminemment bilingue. Vue déjà début septembre, la salle d’attente restaurée mérite vraiment qu’on s’y plonge. Bienne est une capitale de l’horlogerie mondiale (Rolex, Swatch), on s’y intéresse à la façon d’inscrire la durée. On y parle en ce moment sur tous les tons de la capacité à concurrencer l’Apple Watch. Philippe Robert (1881, comme Picasso — 1930), de la famille des peintres Robert (voir : http://www.collection-robert.ch/f/ds_1.php), dont on connaît Léopold (1794 – 1835) à la Chaux-de-Fonds, a peint ici en avril 1923, dans la petite salle d’attente — alors de première classe —, une série de quatre fresques : « La Ronde des heures », « Les Âges de l’homme, ses amours », « Les Saisons », « Le Temps-l’Eternité ». Parfaitement peintes aussi, des phrases :
« Joie ! La blanche virginité aux pieds de laquelle tant de couronnes ont été jetées, le midi de la certitude entraîne dans son orbite et transfigure même les heures les plus noires du destin contraire et de la mort. »
« Temps et éternité de la blanche cime, les minutes et leur tourbillon tombent dans le divin abîme de béatitude. »
« Tel un fleuve coulant à l’océan le jour et ses heures, l’année et ses saisons, la vie et ses âges nourrissent la féconde éternité. »