Captif de la route

neuveville-tunnel-total
Mardi 14 avril 2015, 12h30, autoroute entre Neuchâtel et Bienne, Suisse. Avant, la route était étroite, traversait des villages, des places, croisait de petites routes le long du lac de Neuchâtel puis du lac de Bienne. Ici, à la hauteur de La Neuveville, le désir urgent de noter des idées qui me viennent. C’est d’ici que l’on prend le bateau pour rejoindre l’idyllique Île de Saint-Pierre, l’île de Rousseau et de ses « notes en crayon ». Mais c’est désormais une autoroute presque entièrement souterraine, qui vous aspire, qui vous impose ses vitesses et ses présélections, qui vous interdit tout arrêt. Une seule solution, une étroite aire d’arrêt d’urgence du tunnel.
Voir : « Am Bielersee » http://jlggb.net/blog/?p=3069

La Danse des heures – Der Stundentanz

bienne gare robert
Mercredi 29 octobre 2014, 18h30, gare de Bienne — ville éminemment bilingue. Vue déjà début septembre, la salle d’attente restaurée mérite vraiment qu’on s’y plonge. Bienne est une capitale de l’horlogerie mondiale (Rolex, Swatch), on s’y intéresse à la façon d’inscrire la durée. On y parle en ce moment sur tous les tons de la capacité à concurrencer l’Apple Watch. Philippe Robert (1881, comme Picasso — 1930), de la famille des peintres Robert (voir : http://www.collection-robert.ch/f/ds_1.php), dont on connaît Léopold (1794 – 1835) à la Chaux-de-Fonds, a peint ici en avril 1923, dans la petite salle d’attente — alors de première classe —, une série de quatre fresques : « La Ronde des heures », « Les Âges de l’homme, ses amours », « Les Saisons », « Le Temps-l’Eternité ». Parfaitement peintes aussi, des phrases :
« Joie ! La blanche virginité aux pieds de laquelle tant de couronnes ont été jetées, le midi de la certitude entraîne dans son orbite et transfigure même les heures les plus noires du destin contraire et de la mort. »
« Temps et éternité de la blanche cime, les minutes et leur tourbillon tombent dans le divin abîme de béatitude. »
« Tel un fleuve coulant à l’océan le jour et ses heures, l’année et ses saisons, la vie et ses âges nourrissent la féconde éternité. »

Pendulaire

ter pendulaire
Jeudi 16 octobre 2014, 9h05, TER le long du lac du Bourget. Les pendulaires — celles et ceux qui vont travailler à Genève —, dont je fais partie parfois, travaillent souvent dans ce train. Ici c’est un début de dossier pour une exposition nommée Short Cuts — raccourcis — avec une recherche de mots pour en donner l’axe : fabrication, information, transformation, computation, concrétion, distanciation.

Repos à grande vitesse

illy-tgv
Samedi 5 juillet 2014, 11h34, TGV Paris — Aix. Dans son gobelet de carton — tronc de cône comparable à la tasse-modèle japonaise soba choko — le café vibre un peu. Il pourrait éclabousser si je retournais à ma place, d’où le couvercle. Mais ici dans le wagon-bar, le café est né gentiment de la machine Illy et refroidit calmement avant de s’écouler dans ma bouche, mon oesophage, mon estomac. Il n’aura même pas su que tout s’est passé à près de 300 km/h, malgré le paysage qui file à la fenêtre. Ou encore à 29 km/s, par rapport au soleil, mais ça, nous ne le voyons pas.