Circonstance

katsudon bis 2015
Jeudi 23 avril 2015, 19h, restaurant Sanukiya, rue d’Argenteuil, Paris, 1er. Le 28 août 2012 (voir : http://jlggb.net/blog3/?p=3662), le ticket marquant le lieu et l’heure retenait l’attention. Sa répétition, avec un changement de support, restitue sa dimension mnémonique. À l’époque du numérique généralisé, c’est la forme que prend une circonstance.

Contre le temps réel

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Mercredi 22 avril 2015, 16h. Ce Timor calendario francese nero, édité par Danese Milano, a été commandé après le passage récent à Milan. Un classique d’Enzo Mari, avant garde de 1967, dont on peut se passer. Une idée cependant : contredire le « temps réel ». Ce qui a d’abord été le temps acceptable du traitement des informations reçues par un ordinateur, est devenu la dictature du synchronisme. « Faire tourner les feuilles au fur et à mesure de la position horizontale à celle verticale », c’est ce qui est inscrit en français dans la boîte — il y a aussi l’italien, l’anglais et l’allemand. C’est là la différence : le temps peut être marqué par un geste personnel, éventuel.

Miramondo

devecchi miramondo visage 2015
devecchi miramondo set 2015
Jeudi 5 mars 2015, 20h, Istituto Svizzero di Roma, Via Vecchio Politecnico, Milan, exposition Arte ri-programmata. Dans la boîte créée en 1960 par le groupe T (Giovanni Anceschi, Davide Boriani, Gianni Colombo, Gabriele Devecchi, Grazia Varisco), reprise en 2010 dans une production par Alessi, un étui de 4 tubes de cuivre et d’aluminium destinés à produire des effets optiques entre les mains et devant les yeux des personnes. C’est une proposition de Gabriele Devecchi (1938 — 2011) intitulée Miramondo. Aujourd’hui, regarder c’est bien souvent photographier. C’est ce que je constate parmi les visiteurs qui jouent de diverses façons avec ces objets, leurs smartphones et leurs amis. C’est ce que je fais avec le visage de l’une des animatrices de la galerie.
Voir : http://www.reprogrammed-art.cc/library/14/Gabriele-Devecchi

Orly 3.0

easyjet orly 2015
Jeudi 5 mars 2015, 10h31, embarquement dans l’Airbus du vol EZY4297 à destination de Milan Linate, aéroport d’Orly Sud. Le décollage prévu à 11h aura lieu une heure plus tard, le temps de changer une roue. L’Orly à la fois populaire et aristocratique dont la vision fut pour moi un événement en 1962 (et l’occasion de photographies difficiles, voir : http://jlggb.net/blog3/?p=105) a connu une suite de renversements. La jetée est fermée mais on prend l’avion comme un métro. Mais on passe trois fois plus de temps à vider ses poches, à faire passer son petit sac, sa trousse de toilette et sa ceinture, son iPhone et son iPad, dans la machine à détecter les dangers, qu’à voler à destination. Le nom de la compagnie s’écrit comme s’écrivirent le psychédélique et le pop, en Cooper Black. Et ce nom lui-même est devenu un URL. Tout ça pour se transporter dans le cyberespace, avec cette anomalie pourtant : alors que désormais chaque mini événement se photographie plus que facilement pour se mettre en ligne, on me dit qu’il est interdit de faire cette photo.