
Vendredi 4 septembre 2015, 15h, Linz. La grande salle de projection en haute définition du centre Ars Electronica nommée Deep Space a un écran qui occupe le sol. Enfin un moyen d’oublier les sièges qui ont fait confondre le cinéma avec le théâtre ou l’opéra. On y voit des monuments archéologiques menacés de destruction saisis au laser et « conservés » en nuages de points en 3D. Voir ici.
Auteur/autrice : jlggb
Réalité augmentée

Mardi 1er septembre 2015, 14h42, Airbus Lufthansa à destination de Francfort (transit pour Linz). On nomme réalité augmentée des informations, des images, qui viennent se superposer aux vues directes. La jeune fille à côté de moi filme le décollage avec son iPad. Elle a la place pour ça, le hublot. Mais je vois le paysage vu d’avion comme un film en direct et en contexte, avec, qui plus est, une version plus classique de la réalité augmentée, le reflet de son visage à lunettes.
Attente


Mardi 1er septembre 2015, 12h51, aérogare Roissy-Charles-de-Gaulle N°1, classée Patrimoine du xxe siècle. Le vol Lufthansa pour Francfort est retardé. Dans le terminal satellite, depuis mon fauteuil de l’espace d’embarquement, la piste au nord est cachée par un verre dépoli, mais je la vois clairement en me levant.
Un plagiat par anticipation










Mercredi 26 août 2015, 22h30, atelier. La collection de photos de Pékin pour mémoire, avec ses enchaînements, peut aujourd’hui être vue comme « plagiat par anticipation »* de Google Street View. Caroline Delieutraz a démontré avec Deux visions (http://www.delieutraz.net/deux-visions/) comment on pouvait y faire du Depardon. Sauf que Pékin pour mémoire était marqué par Aspen Moviemap, inventée entre 1978 et 1980 par des chercheurs du MIT sur commande d’une « carte tactique » par l’armée américaine (notre collègue Michael Naimark : http://www.naimark.net/projects/aspen.html). Sauf que cette même période remettait en avant une pratique de la « mission héliographique » du milieu du XIXe siècle (http://expositions.bnf.fr/legray/arret_sur/1/index1d.htm). Différence en fin de compte : l’installation Pékin pour mémoire ne cherche pas à cartographier mais à inscrire une histoire particulière, même si elle confronte des prises de vues d’apparence automatique à d’autres qui seraient dans le maximum du pittoresque exotique. Le numérique s’était introduit dans la photographie par le « dos dateur », l’inscription indélébile de l’heure et de la date dans la pellicule. C’est en particulier par là que je suis entré dans le monde des « métadonnées ».
*Pierre Bayard a écrit ce livre éclairant sur l’inventivité : Le Plagiat par anticipation (Minuit, 2009).







