
Vendredi 14 février 2014, 19h, Vitry-sur-Seine, MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Exposition « Avec et sans peinture », œuvres de la collection : Claude Rutault (1941), d/m 264 – promenade n°4, 1995. Huile sur toile, tréteaux, dimensions variables.
Gatti

Lundi 10 février 2014, 19h-21h30, Centre Pompidou. Armand Gatti a 90 ans (http://www.armand-gatti.org). Il est là avec Hélène Châtelain (qu’on voit dans La Jetée de Chris Marker), son fils Stéphane Gatti, Jean-Jacques Hocquard, tous du centre de création La Parole Errante à Montreuil. La présentation des films vidéo Le Lion, sa cage et ses ailes, et des artistes, est faite par Hélène Fleckinger, du département de cinéma de l’Université Paris 8. Les six films furent réalisés à partir du Centre d’animation culturelle de Montbéliard en 1975 et 1976, « selon » des ouvriers immigrés de Peugeot, polonais, marocain, espagnol, géorgien, yougoslave, italien. Il s’agissait de leur donner la position d’auteur mais pas en leur confiant la caméra — ce que Chris Marker tentait à la même époque, y compris à Sochaux, avec le Groupe Medvedkine — car « leur donner la technique c’est leur enlever la parole » dit Stéphane Gatti. La vidéo est à l’époque un moyen d’autant plus innovant qu’il est absolument primitif. La photo projetée montre la projection qui eu lieu au Centre Pompidou en 1978.
DVD : http://www.editionsmontparnasse.fr/p1364/Le-Lion-sa-cage-et-ses-ailes-DVD
La transmission (Vie des objets. Ch. 26)
Des archives : un lieu qui va disparaître



Samedi 8 février 2014, Aix-les-Bains. Des archives photographiques, trois des clichés que je fus conduit à réaliser en croisant la recherche d’un style photographique et le désir de documenter un moment. À Pierrelatte, dans la vallée du Rhône au sud de la Drôme, mon grand-père a exercé toute sa vie l’artisanat de la construction : peinture, maçonnerie, carrelage, etc. En 1965, il a 85 ans, c’est un jour sombre pour lui, sa remise connaît ses derniers jours avant une destruction pour l’élargissement de la rue et la création d’une place. Transformation liée à la mutation de la ville : l’usine d’enrichissement d’uranium militaire vient d’ouvrir. L’atelier affichait une sévère volonté d’ordre mais aussi un savoir-faire économe et un gout pour la belle disposition des outils et des matériaux. Au sud du bâtiment, donnant sur un long jardin bordé par un canal, se trouvait une buanderie, avec une verrière, un grand bassin, une pompe à bras, des lessiveuses en zinc, des fauteuils en rotin, les odeurs de savon de Marseille, de soude, de lavande et d’eaux usées.
Une tout autre voie

Mardi 4 février 2014, 12h, Aix-les-Bains, Nice-Savoie. De façon catégorique, toute mon approche des crassulas, de leur façon d’être ubiquitaire, repose sur le bouturage. Et pourtant, même si c’est rare, la crassula fleurit et fait des graines (voir : http://jlggb.net/blog4/?p=209). Minuscules, discrètes, elles méritent de tracer leur voie. On va essayer.
De la bibliothèque : Quelle histoire

Lundi 3 février 2014. Acheté depuis pas mal de temps mais lu en un jour : Stéphane Audoin-Rouzeau, Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014), « Hautes Études » EHESS, Gallimard, Seuil, août 2013. La grande littérature n’a pas à proclamer son nom. Les écrits rapportés — lettres des grands-pères, récit dans le cours même d’une montée en ligne terrifiante, extraits de l’autobiographie du père, occupent une large place. Ils sont des monuments, au sens que le mot a chez Rousseau, des documents qu’il accumule, dans la seconde partie des Confessions, pour tenter de fournir des preuves. Pour ma génération, les monuments ce sont les monuments aux morts, d’abord de la Grande Guerre. On y est. L’auteur les installe dans une démonstration d’historien, factuelle, objective. Mais il laisse entrer un texte ouvertement subjectif. Il ne saurait en être autrement car il s’agit de l’expérience des « siens » et en fin de compte de lui-même. Stéphane Audoin-Rouzeau a choisi de devenir historien et précisément historien de la Grande Guerre — il l’est, parmi les plus considérables. On peut comprendre que ce fut la façon la plus juste de résister à la malédiction implacable qu’il révèle. Ce n’est pas seulement l’homme dans l’histoire mais l’histoire dans l’homme. En dépit des dénégations et des fuites, la violence de la guerre se transmet de génération en génération. Pour lui, l’un des pires crimes que l’on puisse connaître, c’est l’inconscience. Ses grands-pères, anciens combattants, ont été réduits au silence. Son père lui aussi n’a pas voulu comprendre et, en s’échappant résolument vers le surréalisme — dont il est devenu un grand spécialiste —, en s’attachant sans bornes à André Breton qui disait que parler de la guerre c’est lui faire de la réclame, il s’est engagé dans sa propre destruction fatale. [Curieusement, le surréalisme est cité dans deux billets récents]. Je recommande de lire ce livre, pour faire l’expérience de sa constante mise à distance qui laisse naître, au détour des pages, des révélations terribles comme du roman, pour reprendre conscience, sans concessions mais avec clairvoyance, d’un siècle de destin tragique. C’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Et encore, plus généralement, pour savoir regarder comment le silence et les échappées peuvent nous asservir au passé dont on croit se défaire.
Une fois encore

Lundi 3 février 2014, 8h35, TGV Paris Genève. Nouveau passage au point de repère.
Voir : http://jlggb.net/blog4/?p=576
Objets de Bob Wilson


Samedi 1er février 2014, 15h — 15h30. Le Louvre, Salle de la Chapelle : Robert Wilson, Living Rooms, des objets provenant de « The Watermill Collection » — j’en avais eu un aperçu sur place en août 1998. Le rapprochement est fait avec les collections surréalistes et en particulier avec celle d’André Breton (dont on a vu il y a quelques jours une version dans Le Surréalisme et l’objet à Beaubourg).
