Fragment autobiographique n°1

valence vers 1960
Dimanche 5 janvier 2014, 23h50, Paris. Dans le numéro 18 de la revue Premier plan (Lyon) consacré à Alain Resnais, acheté le 2 novembre 1963, probablement à Grenoble, je trouve le négatif 6×6 d’une photographie faite dans le jardin de Valence, quartier Châteauvert, probablement en 1960 et jamais tirée sur papier. Le bouleau et les cyprès bleus de l’Arizona qui sont à l’arrière plan ont été plantés par mon père en 1956. L’appareil utilisé est un Semflex Standard f4.5 reflex à double objectif, avec lequel j’ai véritablement commencé à photographier en 1959. Mes premières photos avaient été faites avec le box Zeiss Ikon de ma mère en 1958. Je développais la pellicule et je préparais moi-même révélateur et fixateur avec des produits achetés en droguerie, d’après le livre d’Alphonse-Henri Cuisinier, Leçons de photographie, aux éditions Paul Montel. Pour les tirages, j’avais construit un agrandisseur à partir d’un appareil folding à plaque 9×12 Voigtlander acheté chez un brocanteur et d’un condenseur optique commandé à Paris. Les années suivantes, j’ai travaillé deux étés et appris pas mal de choses chez un photographe de Valence, Michel Sarles, qui avait fréquenté l’école de photographie de la rue Vaugirard à Paris pour prendre la succession d’une vieille maison située au 24 avenue Victor Hugo, le studio Jacquin. Il devait s’installer plus tard à Grenoble, près de la gare. L’emplacement est aujourd’hui occupé par le photographe Deval, qui était à l’époque dans la même rue, mais en face. Ce qui était frappant, c’est que l’immeuble entier, étroit et de style Art Déco, qui donnait aussi sur la place derrière, était entièrement consacré à l’activité du photographe : le magasin au rez-de-chaussée, le laboratoire au sous-sol, le studio au premier étage, la finition au deuxième, le logement au troisième.
Ce qui est étrange, c’est que cet ouvrage sur Resnais, tel que je l’ouvre aujourd’hui, contient aussi un imprimé de convocation au concours de la section photographie du Lycée technique de photographie et de cinéma, connue sous le nom de Vaugirard, qui est aujourd’hui l’École nationale supérieure Louis-Lumière. Je désirais sérieusement y entrer et je crois que j’y fus admissible sur titre en 1964. Je considérais que cette voie technique m’était plus adaptée et plus accessible. Je visais cependant le cinéma plus que la photographie mais on me disait que l’école de cinéma, l’IDHEC, était réservée aux littéraires. Je savais en outre que Jacques Demy, comme  le chef opérateur Ghislain Cloquet que j’admirais pour son travail chez Resnais et Marker, en sortaient. En 1979 et dans les années 80, j’ai travaillé à plusieurs projets avec Françoise Saur, photographe, prix Niépce 1979, qui est diplômée de cette école.
Une remarque sur le matériel du concours de Vaugirard. Épreuves écrites : stylo, crayon, compas. Épreuves pratiques : 3 crayons (dur, demi-dur, tendre); 2 feuilles de papier blanc fort bien planes ou bristol lisse format 21×27 cm; 1 réglette à dessin graduée. Pour la section cinéma et son, il n’est pas question non plus de photo, d’enregistrement ou du traitement des images, à part la photo qui doit figurer sur la pièce d’identité.
Une remarque sur la photo d’arbres : elle est centrée sur le tronc, ce que je continue à faire ici. Le pli du formulaire vient lui aussi contribuer à l’axe vertical du blog. Cette ligne est comme la reliure de l’album.

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