Villa frontière




Dimanche 26 juin 2011, 10h30. Sortant du studio N°3 (avec mon nom sur la porte), passant d’un air climatisé réglé à 24 degrés à un air beaucoup plus chaud et humide, je vois Kyoto au loin, mais d’abord une végétation dense et de différents verts soutenus. C’est que la Villa Kujoyama est sur la pente de la colline, mais pas très haut, à cette frontière que fixe le Japon, là où commence la forêt protégée (sacrée).

Dans le temple Daikakuji




Vendredi 24 juin 2011, 15h-17h, installation du « dispositif performatif et relationnel » Les Vigilambules de Daikakuji dans la grande salle de prière du temple Daikakuji au nord-ouest de Kyoto (voir : http://www.daikakuji.or.jp/english/), pour l’exposition Out of Place (avec Jean-Luc Wilmouth et Ange Leccia) dont l’inauguration est lundi 27 juin.

INFORMATION
Cette expérience fait l’objet d’un blog particulier : « Chronique de projets » http://www.vigilambule.net/blog/

777-200, AF 192, 27E



Jeudi 23 et vendredi 24 juin 2011, de 14h, heure de Paris, à 8h30, heure du Japon, vol Air France AF 192. Le soleil se lève au dessus de la frontière entre la Mongolie et la Chine. La meilleure place, la mienne, en classe économique, sur un Boeing 777-200, c’est la 27E, la plus avancée, personne devant, protégée par la cloison, libre d’accès (ici, à l’arrivée à Osaka-Kansai).

Manet, avant, après



Dimanche 19 juin 2011, 11h30-13h30, Musée d’Orsay, Paris, exposition Manet, inventeur du Moderne. Pourquoi ne peut-on pas photographier les œuvres de Manet (et rien d’autre dans ce musée) ? Pour protéger les droits des photographes habilités ? Dommage. Peut-être même scandaleux. Pour contredire ça, voir le site du Musée d’Orsay et les nombreuses et bonnes reproductions disponibles : http://www.musee-orsay.fr/. C’est que, pour raconter cette visite, il faudrait actionner des images autant que des mots. Photographier des détails, faire des rapprochements. Il est vrai que les images ne seraient pas nécessairement des « reproductions » des peintures, pastels et dessins d’Édouard Manet (et aquarelles, celles qui sont sur des lettres, très belles). Au moment de partir du 93bis, une photo très rapide des pêches qui sont sur la table, avec l’idée de compenser ce qu’on ne pourra pas prendre. Au retour, l’intention d’approcher le sensitif, l’incisif, l’intensif perçus chez Manet, l’apparente simplicité du Citron, déjà vu fin 2000 dans l’exposition Manet. Les natures mortes, dans le même musée : « Le citron, qui revient comme un leitmotiv dans l’œuvre de Manet, en référence à la peinture hollandaise du XVIIe siècle, apparaît ici dans toute son individualité, comme un sujet de pure délectation d’une modernité éblouissante. » Moderne ? On croît avoir tout dit. Mais encore ?


Au retour, cette pêche, j’ai essayé de la décadrer, de la prendre de loin, comme par inadvertance, de la placer sur une assiette grise incertaine. Au mieux, une photo pour fiche de cuisine. De la présence haptique, certes, mais rien de cette « maladresse », de la proximité et de la distance combinées qu’on admire chez Manet. À ce jeu, la peinture est inégalable. D’ailleurs, Manet est un peintre d’histoire, un peintre politique. Voir L’Évasion de Rochefort, mais aussi Berthe Morisot au bouquet de violettes : «Le portrait, que vous avez de Berthe Morisot en 1872, c’est un portrait de deuil de la Commune et, en même temps, l’espérance ! » (Philippe Sollers, L’Infini, printemps 2011). Le citron de Manet, ses poires, ses pêches, ses asperges, ses fleurs, ce sont des actes de peinture — comme on dit des actes de langage — qui transforment le réel.


Édouard Manet, Le Citron, 1880 (14 x 22 cm), Musée d’Orsay, © photo musée d’Orsay/rmn.


Édouard Manet, L’Évasion de Rochefort, 1881 (143 x 114 cm), Kunsthaus, Zurich, (dr).


Édouard Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872 (55 x 40 cm), Musée d’Orsay, © photo dist. RMN-Patrice Schmidt (Libération).

Où est Ai Weiwei ?



Samedi 18 juin 2011, 15h32, des centaines de papillons ont été lancés à l’intérieur de la sculpture d’Anish Kapoor au Grand Palais, pleine de monde. Sur l’œuvre, voir : https://jlggb.net/blog2/?p=5332

Le gouvernement français, comme l’Union européenne, comme la plupart des directeurs des grands musées internationaux, ont dénoncé l’arrestation arbitraire de Ai Weiwei le 4 avril 2011. Anish Kapoor lui a dédié Leviatan son œuvre monumentale au Grand Palais, demandant une protestation radicale : http://next.liberation.fr/culture/01012336615-il-faut-une-greve-des-musees-pour-ai-weiwei. Cependant, on ne trouve aucune mention de cette dédicace au Grand Palais. Si l’on pose la question aux médiateurs, ils disent : « On a déjà eu des annulations de Chinois… » et « Le Ministre n’a pas souhaité… ». On est en droit de poser la question, au sein même de l’œuvre de Anish Kapoor : 艾未未在哪里?Où est Ai Weiwei ? Où est-il retenu ? Où est son nom au Grand Palais ?

Actualité : Le 14 juin, Anish Kapoor a annoncé sa décision d’annuler une exposition de ses œuvres programmée en 2012 au Musée national de Chine à Pékin, pour protester contre la détention de l’artiste Ai Weiwei par les autorités chinoises. Le 17 juin, Daniel Buren a annulé à son tour une exposition personnelle « par solidarité » avec Ai Weiwei. Il devait exposer à l’UCCA (Ullens Center for Contemporary Art) de Pékin à partir du 15 juillet.

Ai Weiwei, Study in Perspective (Place Tiananmen), 1995-2003. (dr)

Élevage



Vendredi 17 juin 2011, 18h45, Aix-les-Bains, Rue Sir Alfred Garrod. La description de l’apparition du caractère typographique Cooper Black, entreprise depuis quelques articles (voir le dossier « Cooper black »), trouve ici de façon exemplaire deux de ses points de repère : l’individualisme, le vernaculaire.


Voir le dossier « Cooper Black »