Dix ans après




En 2001, j’avais acheté, dans l’un des plus beaux magasins de céramiques du quartier de Kiyomizu, une tasse à soba de belle qualité. En porcelaine blanche et bleue, ornée de filets verticaux peints à la main, elle portait une signature où je reconnaissais le mot Chine. Ce samedi 2 juillet, vers 11h, je retrouve cet endroit et repère tout de suite quelques tasses portant la même marque. La directrice de la galerie m’explique que Kasho Morioka (森岡嘉祥), maître potier, troisième du nom (né en 1937), est mort il y a quelques années, mais qu’il reste des porcelaines produites dans l’atelier qu’il avait ouvert en 1995 à Jingdezhen, en Chine. Il avait eu le projet de se rapprocher encore de la tradition de la porcelaine blanche et bleue. Jingdezhen, province de Jiangsu, est en effet la capitale historique — on parle de plus de 1700 ans — de la porcelaine en Chine. Ici apparaît Mme Hana Morioka, qui me parle en français. C’est l’une des filles de Kasho Morioka, elle a vécu en France, à Nimes en particulier, pour étudier la bijouterie (elle avait étudié la céramique à Kyoto). Le hasard a donc fait que la tasse qui m’avait plu il y a dix ans relie la Chine et la France et qu’elle soit d’un maître largement connu dans le monde. Maintenant, j’en ai une deuxième, que je trouve très bien aussi.

Voir 2023 : https://jlggb.net/blog8/2023/11/09/sometsuke-soba-choko/


Kasho Morioka devant son four en août 2005 (photo © André Defossez : voir ici).

Un arbre gigantesque



Samedi 2 juillet 2011, 10h10, Kyoto, sur le chemin des temples de la montagne de l’est, devant l’enceinte du temple Shoren-in, un arbre gigantesque, qui reste à identifier.
— 16 juillet, deux semaines après : il y a au moins trois très grands arbres devant le temple, il s’agit de camphriers. Il est dit qu’ils ont plus de 700 ans. Celui-ci est le plus éloigné de l’entrée, vers le sud, sur la rue Jingu Michi. Coordonnées : @35.007038, 135.782576.
Voir 12 ans plus tard : http://jlggb.net/blog8/2023/11/09/3527/


Une feuille du camphrier prélevée le 2 juillet à Kyoto et photographiée à Paris le 16 juillet 2011.

Un chef d’œuvre de Tadao Ando


Vendredi 1er juillet 2011, 15h30. À Osaka, dans le quartier de la gare, la plus grande concentration urbaine que je connaisse, s’est inauguré fin décembre 2010 le complexe Chayamachi Chaska dont la partie basse est occupée, sur sept étages, par la librairie Maruzen-Junkudo, la plus grande librairie du Japon. L’architecte est Tadao Ando. Je trouve ça très impressionnant et très beau.
Voir : http://www.hetgallery.com/chaska-chayamachi-umeda-osaka.html
Et aussi, Tadao Ando au siège de l’Unesco à Paris : https://jlggb.net/blog2/?p=4988


Tadao Ando, né à Osaka en 1941. Photo : DR

Daido Moriyama



Vendredi 1er juillet 2011, 12h-13h, Osaka, The National Museum of Art. Grande rétrospective (400 photographies) de Daido Moriyama (Né ici à Osaka en 1938, voir son site officiel : http://www.moriyamadaido.com/english/#), très grand photographe. On ne peut pas photographier dans le musée. Le iPhone est sollicité pour agir clandestinement et ça donne ça : une gardienne imperturbable dans un coin de chaque salle; cette vue malgré tout, dans une vitrine, de l’appareil fétiche, le Ricoh GR Digital. Les gens au courant — dont je fais partie — ont ce Ricoh (Voir : http://www.ricoh.com/r_dc/fr/gr/gr_digital3/). Des vidéos le montrent au travail, il court littéralement à droite et à gauche l’appareil à la main, porté parfois à l’œil. On découvre des photographies en couleurs, de grand format, récentes. Mais ce sont les livres qui sont les plus intéressants. On en parlera par ailleurs.


Le flyer de l’exposition : Daido Moriyama, On The Road, Osaka, The National Museum of Art, 28 juin-19 septembre 2011.

Japon/Suisse


Vendredi 1er juillet 2011, 10h, Kyoto, station de métro Keage (ligne Tozai, ???), celle de la Villa Kujoyama. Pas de doute, la signalétique du métro de Kyoto, de cette ligne au moins, est en Helvetica. Toujours beau et très efficace, au delà du lisible

(Voir : « Dégage ! », https://jlggb.net/blog2/?p=4258).
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Reconstitution typographique en Helvetica Bold.

Déclaration (détail)


Jeudi 30 juin 2011, 17h50, Hiroshima, parc Memorial pour la paix de Hiroshima (広島平和記念公園, Hiroshima heiwa kinen kōen). Le Cénotaphe inscrit les noms de toutes les victimes de la bombe atomique lancée par les États-Unis d’Amérique le 6 août 1945 et présente une déclaration gravée dans la pierre et couverte d’une fine couche d’eau, dans plusieurs langues.
Voir : http://www.arch-hiroshima.net/arch-hiroshima/arch/delta_center/ireihi_e.html

Hiroshima, le fauteuil


Jeudi 30 juin 2011, autre volet du protocole « voir Hiroshima ». Je me propose d’aller visiter le show room de la maison Maruni, fabriquant de meubles, qui se trouve à l’extérieur de la ville. Le trajet se fera en taxi et permettra en effet de saisir une vision du site de la ville, et en particulier des montagnes environnantes, des fleuves et canaux qui descendent parallèlement vers la mer, les routes, les nombreux ponts.



Jeudi 30 juin 2011, 17h, Hiroshima, Hiroshima est un fauteuil. Fabriqué par Maruni, à Hiroshima, dessiné par Naoto Fukasawa. Une merveille de proportions et de fini. Pour l’œil et pour la main, donc. Des réminiscences du mobilier classique, chinois ou japonais, mais aussi moderne, finlandais ou danois; un objet contemporain malgré tout, que l’on aimerait posséder. Prix de base au Japon : 79 000 yens, soit environ 700 euros.
Voir :
http://www.maruni.com/en/
2025 : https://jlggb.net/blog9/2025/01/20/le-fauteuil-hiroshima-encore/



Retour vers le centre de la ville, vers 17h30. Des enfants qui marchent dans l’eau : d’Hiroshima, j’avais cette image en tête. La marque Mazda : Hiroshima est la ville des usines d’automobiles Mazda.

Protocole pour voir Hiroshima



Jeudi 30 juin 2011, 15h30. Pour trouver une entrée à Hiroshima, j’avais prévu d’y voir le magasin Muji. Mais c’était oublier que Muji c’est  無印良品 (Mujirushi Ryohin, produits de qualité sans marque) et qu’au Japon, Muji n’est pas une enseigne. Je la cherchais, j’ai fini par la trouver, la couleur, sur cette affiche. Hiroshima, peut-être, mais c’est un Muji, et les Muji se ressemblent tous (vérification faite à Londres, Paris, Tokyo, Turin, Berlin, Séoul, Pékin, Istanbul, etc.). Sauf quand ils ont des fenêtre. De nouveau, vue d’Hiroshima.


Bonus : l’escalier qui mène aux deux étages Muji.
Suite en mars 2025 : https://jlggb.net/blog9/2025/03/01/protocole-dhiroshima/