Se laver (Vie des objets. Ch. 81)


Vendredi 5 juillet 2019, 13h13, 93bis. Il est arrivé en passant péniblement par le bureau de poste Sainte Marguerite, il a été envoyé depuis Munich avec la Deutsche Post et DHL par Maria sous le tracking number LB753887839DE, de la « boutique » Vintage mit Sahne, du réseau de vente Etsy, le petit crémier parfaitement dessiné par Suzanne Öhléns, du service en porcelaine Clair de lune, produit de 1983 à 1994 par la fameuse et très ancienne firme Röstrand, Suède, qui fut définitivement fermée en 2005. Au sortir du sérieux colis de carton, du bull pack et du papier froissé, il faut passer dans le bain de savon noir et de javel pour rejoindre une étagère de la collection.

Un duo hybride


Mercredi 26 juin 2019, 19h, 93bis. C’était l’une des perspectives de la participation à l’atelier de poterie 317 : se familiariser avec le tournage et la finition de gobelets de grès en cherchant à croiser le soba choko japonais et une poterie paysanne française, en attribuant au simple tronc de cône du soba choko un bec verseur et un couvercle. Et aller ainsi vers un duo crémier sucrier.

Terre cuite serpentiforme et anthropomorphe



Vendredi 31 mai 2019, 19h15, Musée du quai Branly. Coupes à piédestal décorées d’un monstre serpentiforme, Panama, 500-900, terre cuite ; Vase anthropomorphe, culture sari, Pérou, 600-1100, terre cuite ; ce gobelet avait été remarqué dans l’exposition Georges Henri Rivière du Mucem le 28 février 2019.

Ceci n’est pas un gobelet


Vendredi 31 mai 2019, 19h, Musée du quai Branly. Coupe, Chine, province du Yunnan ou du Sichuan, Yi (Nossou), fin du 19e, ergot d’aigle, bois laqué. Il est dit que cette coupe était « notamment utilisée lors de cérémonies marquant les alliances militaires. » Ce n’est pas un gobelet, récipient pour boire, le plus souvent populaire, empilable, etc. Mais, en anglais, ce serait un goblet, car goblet a un pied, comme un verre à pied, et ici un véritable pied, et par n’importe quel pied.

Note : « Ceci n’est pas un gobelet » est en référence à Ceci n’est pas une pipe, mais aussi à des exercices de management « Ice braker ».

Métadonnées


Vendredi 17 mai 2019, 19h, Place Pigalle, Paris, 18e. Arrêt depuis Saint-Denis — événement problématique sur les archives et petit film Juste une image très bien de Jacques Dubuisson —, MacDo, premier étage. Atlas du gobelet, métadonnées de l’enregistrement : 19:00:49, ‎⁨Place Pigalle⁩, ⁨Paris⁩, ⁨France⁩, 48° 52′ 56.922″ N, 2° 20′ 15.678″ E, 59,00  m, 213,55°, Apple iPhone XS Max back dual camera 4.25mm f/1.8, 4032 × 3024, iso 25, 4,25 mm, f/1.8, 1/413. Et d’autres choses non affichées, et d’autres choses non explicitement écrites et pourtant plus ou moins lisibles. Et ce qui s’est attaché à cet objet, ce qui a fait de cet objet une archive (une plutôt que des) et donc son histoire à venir.

Faire des archives, faire parler des archives



Vendredi 17 mai 2019, 16h, salle de la Légion d’Honneur, Saint-Denis. Pour une exposition sur les cinquante ans de l’université de Vincennes, Paris 8, Saint-Denis, Liliane a composé un diaporama de plus de 150 pages avec des documents pour la plupart inédits, des archives confectionnées à dessein entre 1975 et 1978, un récit précis et vivant du soutien artistique à la grève des loyers des résidents des foyers Sonacotra.

Figures de La Borne



Jeudi 9 mai 2019, 15h30, musée du Berry, Bourges. Vues de près et touchées hier chez Claudine Monchaussé et Claude Gaget à La Borne, et dans le musée de la poterie qu’ils y ont fondé par une recherche de trente ans, les femmes épis de faîtières, fontaines et bouteilles en grès de Marie Talbot. Dans la famille Talbot des potiers de La Borne, Marie (1814-1874) fait quant à elle figure d’artiste inspirée, décidée à signer chacune de ses pièces.

En attente de sa restitution


Jeudi 9 mai 2019, 15h20, musée du Berry, Bourges. Cartel de la peinture : « Nicolas Poussin (1594-1665), La Vierge à l’enfant avec Saint-Jean Baptiste, huile sur toile, 17e siècle, Inv.D.1956.5.1, MNR.37, œuvre récupérée à la fin de la 2e Guerre Mondiale déposée en 1951 par le musée du Louvre en attente de sa restitution à ses légitimes propriétaires. »

Jarres écrites



Mercredi 8 mai 2019, 15h30, Musée de La Borne, Henrichemont, Cher. Si les céramistes artistes qui s’établissent à La Borne à partir des années 40 peuvent se référer au courant japonais Mingei, à l’alliance d’une tradition et d’une modernité, les potiers qui ont fait exister le lieu depuis le 18e siècle par une production utilitaire ne se rangeaient pas dans l’anonymat. Au contraire, la présence puissante de leurs grès s’identifie à leurs inscriptions et à leurs signatures gravées.

Une petite coupe de porcelaine blanche et bleue de type kraak


Samedi 4 mai 2019, 16h, musée Guimet, Musée national des arts asiatiques, Paris. L’exposition montre comment la porcelaine s’échange entre la Chine, le Portugal, les Pays Bas et l’Europe. Cartel : Petite coupe, découverte dans l’épave du Witte Leeuw, navire hollandais coulé près de l’île Sainte-Hélène en 1613. Chine, fours de Jingdezhen, Jiangxi. Dynastie Ming, règne de Wanli (1573-1620), début du 17e siècle. Porcelaine bleu et blanc de type kraak. MNAAG, achat, 1978. » Relevé au mur :  « […] les premières céramiques jouant du contraste entre bleu et blanc sont réalisées dans le monde islamique, dans la seconde moitié du 8e siècle […]. Cette influence, notamment via I’Iran, entraîne la création des premières porcelaines bleu et blanc en Chine au 14e siècle, lorsque règne sur les deux pays une même parentèle mongole. […] Jusqu’au début du 15e siècle, ces porcelaines sont expédiées par voie de terre et par voie de mer dans le cadre de relations diplomatiques ou commerciales, vers le monde islamique surtout et l’Asie du Sud-Est […]. La montée en puissance de la flotte hollandaise se traduit, en 1602, par la création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales VO.C.). Ses navires disputent aux Espagnols et aux Portugais l’accès aux richesses asiatiques La clientèle néerlandaise réclamait des porcelaines dont les formes correspondaient à ses habitudes […]. La porcelaine chinoise s’intègre peu à peu au quotidien des Hollandais aisés. […] Faites à Jingdezhen, en Chine, ces porcelaines chinoises sont appelées kraak, mot dérivant de caracca, nom des navires européens qui les transportaient […]. Au milieu du 17e siècle, l’engouement mondial pour les porcelaines est considérable. Tentant de les imiter, les fours portugais créent des pièces mêlant motifs européens et motifs chinois. Au même moment, les ateliers de Jingdezhen subissent de lourds dommages. Le Japon et l’Iran fournissent au pied levé des pièces de substitution pour le marché européen. Les kraak sont également imités en Hollande, dans les ateliers de Delft, et en France, notamment à Nevers. »