L’œuvre de Samba (suite)

Remarquable ouvrage du peintre de l’Université Paris 8. Déjà documenté dans le billet du 9 juin 2009 : « Escaliers en peinture » où Samba K. figurait sous le nom de code de Mamadou. Cette fois : la texture vigoureuse d’un certain violet ou d’un vert franc, d’un grenat profond ou d’un bleu roi se détachant sur un blanc plutôt pur qui se teinte de l’ambiance de chaque escalier. La rampe grise, en cours de peinture, consolide la couleur. Les escaliers du bâtiment A inscrivent au jour le jour un travail optimiste de la beauté. Ils réalisent discrètement le projet vincennois d’une ambiance internationale qui doit plus à la créolisation qu’au design global.









Lundi 25 janvier 2019, 12h47, jeudi 28 janvier 2010 à 15h23, vendredi 29 janvier 2010 à 13h30 et à 1720 (pendant les pauses d’un workshop sur « couleurs collectées »), Université Paris 8, Saint-Denis.

Comment s’écrit l’histoire


Jeudi 28 janvier 2010, 17h20, salle d’exposition de l’Université Paris 8, Saint-Denis.

À l’occasion du 40e anniversaire de l’université (voir « L’illumination de Vincennes ») l’ancien hall qui était voué aux affichages sauvages, aux déchets, aux barricades de chaises et aux courants d’air, a été transformé en « salle d’exposition ». On ne dira pas grand chose de l’atonie d’un aménagement ridicule, commandé à une boite spécialisée dans le stand institutionnel et commercial et probablement payé par une subvention politique. On ne commentera pas non plus le destin des affiches des « ateliers populaires » des Beaux-Arts parisiens de mai-juin 68 et du surcroît de supports et de cadres dérisoires qu’elles ne méritaient pas. Mais je peux dire que les affiches en sérigraphie que nous avons produites entre 1970 et 1976 à la faculté expérimentale de Vincennes étaient bien différentes, en opposition au style soixante-huitard. Si cette université était une suite de mai 68, elle était celle d’une époque qui fut nouvelle. Sortir une collection artificiellement constituée par des achats dans les années 90 et se garder de montrer les archives authentiques : c’est l’une des façons d’écrire l’histoire. JLggB.

On y revient : les couleurs des cages d’escalier ont quand même une autre gueule, même dans la mélancolie (voir ci-dessous : « L’œuvre de Samba », 25-28 janvier 2010).



Contrepoint : deux photographies originales de l’Université Paris 8-Vincennes, centre universitaire expérimental, au début des années 1970. Photos © JLggB.

L’art de la mémoire


Jeudi 28 janvier 2010, 9h15, métro ligne 13, direction Saint-Denis-Université. Un livre avec le tampon VINCENNES sur la tranche, de la bibliothèque universitaire de Paris-8-Vincennes-Saint-Denis. Le déménagement de l’université de Vincennes à Saint-Denis a eu lieu en 1980 mais les livres ont continué à être marqués Vincennes.
[flv:https://jlggb.net/blog2/wp-flv/metromemoire.flv 400 300]Moment : métro ligne 13, entre les stations Garibaldi et Porte de Saint-Ouen. Lecture : Frances Yates, L’Art de la mémoire, Gallimard, 1966.
C’est ici le premier essai d’une vidéo faite avec le iPhone dans les conditions d’une caméra « déguisée » en balladeur (avec écouteurs).

L’Art de la mémoire, page 48 (photo) :
« Aristote utilise, pour les images tirées des impressions sensorielles, la métaphore qui les compare à l’impression d’un sceau sur la cire. Pour lui, les impressions sont la source fondamentale de toute connaissance; bien que l’intellect pensant les épure et les transforme en abstractions, il ne pourrait exister de pensée ou de connaissance sans elles, car toute connaissance dépend des impressions sensorielles. »

Couleurs actives

Carlos Cruz-Diez, Transchromie mécanique A, 1965-2009.

Carlos Cruz-Diez, Couleur additive, 2008.

Samedi 23 janvier 2010, 16h30, galerie Lavignes, Paris 11e, exposition de Carlos Cruz-Diez (son site : http://www.cruz-diez.com/). En 1968, j’avais employé une composition de lui pour l’affiche et le catalogue de Cinétisme, spectacle, environnement, l’exposition de Frank Popper à la Maison de la culture de Grenoble (ci-dessous). On peut noter la coïncidence des couleurs de Buren (billet précédent) et de celles — historiques — de Cruz-Diez; sans parler des rayures… Il y a en outre dans le travail ancien de Cruz-Diez, à l’exemple des cabines colorées installées à Noël 1969 sur la place du métro Odéon (à laquelle j’ai un peu contribué comme assistant de Frank Popper, commissaire de la manifestation) qui trouveront un écho dans les plexiglas colorés du Buren des années récentes.

Carlos Cruz-Diez, environnement, déc. 1969, bld St-Germain, métro Odéon, Paris. (dr)

Cinétisme, spectacle, environnement, Catalogue, Grenoble, 1968. (JLggB)


Pique-nique à l’Ile verte, Grenoble, le 11 mai 1968, pour l’ouverture de l’exposition Cinétisme, spectacle, environnement à la Maison de la culture. On reconnaît notamment : à gauche, avec lunettes, Carlos Cruz-Diez, au centre, Aline Dallier, à droite, avec cravate, Enzo Mari. (Photo JLggB © 1968)
Voir une autre photo du même moment : https://jlggb.net/blog2/?p=2440

Accident (et incident)


Mardi 19 janvier 2010, 20h 8mn 59s, Genève, carrefour du boulevard James Fazy et de la rue Chantepoulet (on aperçoit l’École d’art). Accident : il vient de se produire entre une auto et deux motos. Le conducteur de l’une des motos, étendu contre la voiture (il se tient au pare-chocs), va être mis sur la civière d’une ambulance. Il crie à plusieurs reprises : « Aïe ! ». La police n’est pas encore arrivée. Elle arrive. Incident : un gendarme me demande si je suis témoin (la réponse est non) puis me dit « circulez ! Une fois. Deux Fois. Trois fois ! » Il me qualifie de badaud. Il demande à voir mes papiers.


Même endroit à 21h50.

Lumière de janvier

Documenté une première fois dans : « Escalier philosophe technicien », le bâtiment (1980-1990, Jean-Jacques Oberson) de l’école d’ingénieurs de Genève (aujourd’hui HEPIA) nous intéresse pour la façon dont il capte la lumière d’hiver (ça se confirme : « autour du 16 janvier, il y a souvent des journées exceptionnelles »). C’est qu’il consiste en une réhabilitation qui double une construction ancienne de galeries et escaliers largement vitrés.




Mardi 19 janvier 2010, 13h43, 15h24, HEPIA (Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture), rue du Jura, Genève.