Première


Jeudi 2 juin 2011, 21h30, Galerie 22,48 m2, rue des Envierges, Paris 20e. C’est, pour Caroline D., sa première exposition personnelle : Falling Pictures , où il est question d’une collection d’« avatars par défaut », d’images fuyant leur navigateur, d’une enquête pleine de coïncidences et de suites sur une photographie prise pour icône, de notre fréquentation d’Internet, donc. Voir son site ici.

Gaîté levure




Jeudi 2 juin 2011, 20h, Gaîté Lyrique, Paris 3e. En avant-première, le projet open source biologique d’un collectif d’artistes indonésiens.

Partant d’un fait de société, la prohibition de l’alcool en Indonésie et les production frelatées qui en résultent, les membres de HONF se sont intéressés au développement d’une technologie de fermentation stable et libre, qui permettrait une autoproduction saine, à l’aide d’une nouvelle souche de levure et à partir de divers fruits.
Le projet IB:SC («Intelligent Bacteria : Saccharomyces Cerevisiae») est issu d’un programme de recherche arts-sciences entre le médialab HONF de Yogyakarta et des chercheurs de l’université de Gajah Mada (UGM). Explorant les champs de la microbiologie et des biotechnologies, l’enjeu est de jeter des ponts entre les disciplines pratiques et théoriques, et de produire des innovations à partir d’infrastructures génériques et de technologies «abordables», c’est-à-dire des solutions open source. Togar, Timbil et Akbar produisent une nouvelle installation au cours de cette résidence, l’occasion de développer leurs connaissances sur cette levure mais aussi de partager le processus qui aboutira, évidemment, à une dégustation.
http://www.natural-fiber.com/

Grés cérame 20 x 20


Jeudi 2 juin 2011, 16h, café à l’angle de la rue de Bretagne et de la rue de Saintonge, Paris 3e. En attendant G.W., le carrelage tel qu’il se présente : l’ocre granité dans ses variantes réglementaires, avec des notes « parisiennes » pour rappeler les capacités chromatiques du grès cérame 20 x 20 mm à baliser l’espace.

Cooper Black Outline néon


Mardi 31 mai 2011, 14h30, à l’angle de l’avenue Ledru-Rollin et de la rue Basfroi, Paris, 11e. Spécimen intéressant du Cooper Black dans l’un de ses usages les plus réguliers, l’enseigne de café-restaurant « oriental » (doublé ici de PMU). Très vite un homme est sorti pour demander : « Qu’est-ce que vous faites ? — Une photo — Mais vous prenez chez moi, mon appartement, etc. — J’ai le droit (il me semble). »

Restitution typographique en Cooper Black Outline.


Voir le dossier « Cooper Black »

Une leçon de Poussin


Dimanche 29 mai 2011, exposition Nature et idéal : Le Paysage à Rome 1600–1650, Carrache, Poussin, Le Lorrain, Galeries nationales du Grand Palais.
Nicolas Poussin, Paysage avec ruines, ca. 1634, 72 x 98 cm, collections du Musée du Prado, Madrid (non exposé dans ce musée). © Musée du Prado, http://www.museodelprado.es/en/the-collection/online-gallery/on-line-gallery/obra/landscape-with-ruins/

Ce paysage allégorique fait allusion à la gloire de la ville de Rome. Au premier plan, devant un sarcophage étrusque symbolisant l’origine de la civilisation romaine, un personnage montre le chemin menant à des bâtiments de style classique dans l’arrière plan.

On sait que le (mot) paysage (occidental) apparaît d’abord en peinture et relativement tard, à la Renaissance. On sait aussi que, dans la peinture chinoise, le paysage (un premier traité en 440 de notre ère) introduit nécessairement des relations dans notre esprit (Augustin Berque). Un cheminement interne lisible, l’inscription mentale dans un trajet comportant des transitions et des points d’arrêt, une succession étagée de couches induisant un mouvement dans la profondeur, sont l’alternative à une vision globale, attachée à un point de vue fixe, perspectiviste. S’il est une construction d’espace-temps, elle relève du récit et non de l’illusion optique et individuelle. Il faut se garder cependant, en matière de topologie du paysage comme en tout domaine, d’un partage trop net entre Orient et Occident. Il existe certainement des commentaires fort documentés sur l’iconographie et sur le style de ce tableau de Poussin, peu connu. N’en disposant pas, je m’intéresse à ce qui se voit directement, à un dispositif qui, précisément, à la manière chinoise, contredit la vue d’ensemble au bénéfice du déplacement par étapes et par points attachés à des monuments (ou indices mémoratifs). Son architecture théâtrale, comme son récit, peuvent l’assimiler à un diorama, à un agencement de plans frontaux radicalement parallèles, autrement dit constitutifs d’un tableau par couches qui engendre un jeu de relations entre le proche et le lointain comme entre le vu et le caché. Pour autant, ce qui s’affiche excelle dans le littéral non mystérieux. Un tel principe permet l’audace d’une représentation lacunaire des monuments « centraux » placés dans une fausse profondeur, sans sacrifier aux effets d’une incertitude brumeuse. Poussin est reconnaissable aussi dans cette façon de traiter, sans hiérarchie de facture ou texture chromatique, le ciel, les arbres, les constructions, les personnages. Il faut enfin remarquer que les personnages du premier plan, peut-être parce qu’ils ne sont que des fantômes de passage et parce qu’ils figurent virtuellement les regardeurs du tableau, sont translucides, laissent passer le chemin à travers eux.


Nicolas Poussin, Paysage avec ruines, détails.

Des collections : une pêche d’immortalité en plâtre


Dimanche 29 mai 2011, 16h. Des collections : une pêche en plâtre, fabriquée en série à Wuxi (??), province du Jiangsu en Chine, fin des années 70, début des années 80 — et rapportée dans ces années là. C’est un taille crayon d’environ 4 cm de diamètre. Dans la tradition (taoiste) chinoise, la pêche est signe d’immortalité. Ce thème « superstitieux » date l’objet de l’après « Révolution culturelle ».