Le moment M.M.


Jeudi 19 mai 2010, 19h. En marchant rue Montmartre, nous sommes dépassés par un homme habillé de noir. Nous ne voyons pas son visage, mais nous avons l’intuition que nous le connaissons, d’autrefois. « C’est qui ? C’est peut-être M.M. ? Oui, c’est bien lui. » Pas revu depuis 15 ans peut-être. « C’est fou qu’on reconnaisse quelqu’un dans la foule, comme ça, à des indices inconscients. ». Quelques minutes plus tard, on le retrouve lisant Le Monde sur le quai de la station  Grands Boulevards-Rue Montmartre, direction Montreuil. Il descendra à République.

Livre, 2006.

Ici j’ai glissé


Lundi 8 février 2010, 14h16, place Rosa Luxemburg, face à la Volksbühne (Erwin Piscator, Benno Besson, etc.), Berlin. Froid polaire (ou sibérien), c’est ce qu’ont dit les journaux. Les rues sont dégagées, mais la plupart des trottoirs de la ville sont sous la neige glacée. Ici j’ai glissé et je suis tombé. D’où la photo-constat.
Pour compléter la scène : quand on parle d’« ici », il faut toujours quelqu’un pour ajouter : « maintenant »; et justement, là devant, le théâtre affiche en très très grand : « Jetzt ».

Schallisolierte Fenster


Dimanche 7 février 2010, 23h30, Hôtel Meninger Hauptbahnhof, Berlin. Vue de la fenêtre de la chambre 428 — qui, en effet, isole bien du bruit (mais aussi du froid, moins 8°) —, de l’hôtel tout neuf, la gare centrale, déjà moins neuve (2006), mais peut-être la plus grande d’Europe.


Dimanche 7 février 2010, 19h30, de la terrasse de l’hôtel, une vue « plus officielle » de la Berlin Hauptbahnhof.

Occupation (24. Ligne 9)


Mardi 2 février 2010, 15h55, métro ligne 9, sous le boulevard Voltaire, vers la station Voltaire, Paris. Intéressants pour leur attitude, leurs vêtements, leurs chaussures (surtout elles). Pour augmenter la part des personnages, après beaucoup de décors. Pour réactiver la rubrique « occupé » (voir sur jlggbblog 2007-2009).
Remarque : On pourrait peut-être inaugurer une rubrique « décadré » ou « décentré », où le protocole consisterait à centrer la prise de vue sur un axe du décor.

L’art de la mémoire


Jeudi 28 janvier 2010, 9h15, métro ligne 13, direction Saint-Denis-Université. Un livre avec le tampon VINCENNES sur la tranche, de la bibliothèque universitaire de Paris-8-Vincennes-Saint-Denis. Le déménagement de l’université de Vincennes à Saint-Denis a eu lieu en 1980 mais les livres ont continué à être marqués Vincennes.
[flv:https://jlggb.net/blog2/wp-flv/metromemoire.flv 400 300]Moment : métro ligne 13, entre les stations Garibaldi et Porte de Saint-Ouen. Lecture : Frances Yates, L’Art de la mémoire, Gallimard, 1966.
C’est ici le premier essai d’une vidéo faite avec le iPhone dans les conditions d’une caméra « déguisée » en balladeur (avec écouteurs).

L’Art de la mémoire, page 48 (photo) :
« Aristote utilise, pour les images tirées des impressions sensorielles, la métaphore qui les compare à l’impression d’un sceau sur la cire. Pour lui, les impressions sont la source fondamentale de toute connaissance; bien que l’intellect pensant les épure et les transforme en abstractions, il ne pourrait exister de pensée ou de connaissance sans elles, car toute connaissance dépend des impressions sensorielles. »