Le magasin de meubles Hugnet (copies d’ancien), Rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 11e, peut passer totalement inaperçu pour ce qui est de ses produits, à la différence de sa façade moderne surajoutée et de ses multiples enseignes. On retient d’abord les deux enseignes blanches sur fond rouges. L’horizontale utilise une typographie gothique géométrique dans un esprit Futura, découpée en relief, intéressante. Mais elle est contredite par la verticale, récente, dans un caractère banalement contemporain qui tient de l’Univers Black. Il y a six autres manières d’écrire le nom. Sans entrer dans une étude détaillée, on peut dire que les typographies vont des humanes aux linéales, des incises aux didones et aux scriptes, etc. pour reprendre la typologie de Maximilien Vox. On a le sentiment que des couches se sont ajoutées tout au long du XXe siècle.
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Jeudi 24 mars 2011, 15h30, 69 Rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 11e.
Catégorie : Enseigne
Taxiphone

Mardi 15 mars 2011, 14h30, 6 rue Pétion, Paris, 11e. À proximité de la galerie La Tapisserie, une enseigne où l’efficacité et le style du caractère Cooper black sautent aux yeux. Un taxiphone, ce n’est plus une cabine publique, c’est aujourd’hui une boutique où téléphoner par Internet.
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Dossier « Cooper black »
Sur jlggbblog :
« Big and Nice », https://jlggb.net/blog2/?p=3730
« Entre le 70 et le 72 de la rue de Belleville », https://jlggb.net/blog2/?p=3679
« Reportage de Noël », https://jlggb.net/blog2/?p=3594
Sur le Web :
Fawny (Blog personnel, Canada), http://blog.fawny.org/category/typesnap/cooper-black/
Ian Lynam Design (Tokyo), http://www.ianlynam.com/news-press/01-30-2011-2/attachment/53195/
Transferts pour Tee Shirts Bozuki, http://www.bozuki.com/
Internationale



Jeudi 3 mars 2011, 18h, Genève, place de Longemalle. Dans la vitrine de l’Arab Bank – Switzerland, une peinture de Zhang Xiaogang, l’un des artistes chinois contemporains les mieux cotés (voir : http://jlggb.net/blog/?p=5939), représenté notamment par la galerie Pace (New York, Pékin : http://thepacegallery.com/).
Rouge ou vert
In Out
Palimpseste

Vendredi 28 janvier 2011, 15h50, Pully (Sud-Est de Lausanne). Le long de la ligne de chemin de fer, un ensemble de maisons, leur envers, comme souvent les tranchées de voies ferrées le donnent à voir. Le mot juste, mais usé par les usages pédants, vient à l’esprit : palimpseste. À partir de l’enseigne (« Ébénisterie » devenue « Ferronnerie Serrurerie d’Art J. Le Roy »), on propose de lui faire désigner l’ensemble du décor. Ou les beautés de la confusion.
Tapissier

Samedi 22 janvier 2011, 16h30. 13 rue Pétion, Paris, 11e, ce tapissier a laissé son atelier qui va devenir une galerie, « La Tapisserie ». Caractères en bois découpé intéressants : une gothique qui pourrait se rapprocher du Futura Heavy italique, du Franklin Wide, du Parisine Std Sombre, de l’Allumi Std Extra Bold Italic, mais qui s’en écarte par toute une série de singularités : points sur les i, courbes des S, pied du R, etc.
Big and Nice

Jeudi 6 janvier 2011, 16h30, Cours de Vincennes, Paris 12e. Vitrine d’un magasin de confection, enseigne lumineuse composée en Cooper Black. L’ « interdit » formulé par Roland Barthes dans Mythologies, (le pléonasme, la tautologie, la redondance, l’analogie, la surcharge, la naturalisation, le bon sens, ce qui va de soi, etc.) n’a décidément pas lieu d’être quand on constate l’efficacité de la typographie ici, dans cette enseigne. La culture « dite de masse » analysée par Barthes (lire ci-dessous) ne devrait pas être confondue avec les initiatives vernaculaires (du quartier de la Nation, par exemple). En vérité, « Big and Nice » est la meilleure qualification du caractère Cooper Black, et l’on aurait tort de se priver de la signification qu’il transfère à ce qu’il « informe ».
Sur le même sujet, voir le billet du 19 avril 2009, « Constructions métalliques » : http://jlggb.net/blog/?p=2315
Sur le caractère Cooper Black, les billets récents : https://jlggb.net/blog2/?p=3594 et https://jlggb.net/blog2/?p=3679
Roland Barthes, extrait de la préface à Mythologies :
On trouvera ici deux déterminations: d’une part une critique idéologique portant sur le langage de la culture dite de masse; d’autre part un premier démontage sémiologique de ce langage : je venais de lire Saussure et j’en tirai la conviction qu’en traitant les « représentations collectives » comme des systèmes de signes on pouvait espérer sortir de la dénonciation pieuse et rendre compte en détail de la mystification qui transforme la nature petite-bourgeoise en nature universelle.
Entre le 70 et le 72 de la rue de Belleville

Vendredi 31 décembre 2010, 14h30. Au numéro 72 de la rue de Belleville, Paris XXe, l’enseigne d’une pizzeria qui confirme le constat énoncé dans le reportage sur l’église Saint Éloi : l’emploi du caractère Cooper Black. Si on en avait le temps et l’envie, on multiplierait les exemples. Ce pourrait être un sujet de communication dans une journée d’étude sur le motif « Cooper Black ». On verra. Ici, on remarque le numéro 70, inscrit dans ce même caractère, et on se dit qu’il y a eu contagion. Mais ce n’était pas celle de la pizzeria, alors celle du Cooper Black en capitales de l’« Internet » et du « Taxiphone » que montre Google Street View ? Il y a une plaque au 72 : « Sur les marches de cette maison naquit le 19 décembre 1915 dans le plus grand dénuement Edith Piaf dont la voix plus tard devait bouleverser le monde ». Ce qui n’est conservé semble-t-il par aucune trace, c’est que le 70, aujourd’hui une laverie, fut occupé, dans les années 70, par la librairie dite du « Centenaire » (de la Commune de Paris), vouée à la diffusion des Éditions de Pékin. C’était avant que Belleville ne soit un quartier d’immigration (clandestine) chinoise, avant que Mme Liu Chunlan (Orchidée du Printemps), 51 ans, venue du Liaoning, ne saute par la fenêtre pour échapper à la police, le 20 septembre 2007.

Le numéro 70 de la rue de Belleville.

Copie d’écran de Google Street View, 72 rue de Belleville, Paris XXe, 31-12-2010.
Affiche chinoise, Chunfeng Yangliu (Souffle de printemps à Yangliu) par Zhou Shuqiao, 1975, éditée par Renmin meishu chubanshe. (dr)
Ceci n’est pas une boutique Orange

Mardi 28 décembre 2010, 14h30, rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 12e. Cette inconnue (vêtue de noir, comme il se doit pour aller avec l’orange) qui rentre innocemment, c’est l’une des suites de mon feuilleton marqué à l’adrénaline et aux poussées de pédagogie citoyenne. On en avait eu un avant-goût à Aix-les-Bains où, dans la boutique — on pourrait dire dans le flagship store de l’ancienne capitale du thermalisme — Orange, en s’entendant répondre, par un vendeur au teeshirt orange barré du mot Orange : « alors, pour ça, il faut s’adresser à Orange ! ».
La terre entière ne pense qu’aux téléphones (et éventuellement aux iPhones). Ce n’est pas pour ça qu’un poète révolutionnaire déclara « La terre est bleue, comme une orange ». Michel Deguy nous a expliqué que le mot important ici c’est : comme ; la terre est bleue comme une orange est orange. La même année (1929), un peintre, pas moins révolutionnaire, écrivit : « Ceci n’est pas une pipe ». Mais au moins, il y avait un dessin, et ce n’était qu’une mise en cause de la représentation, pas celle des mots. Au bord gauche de l’affiche qui vante la formule « Open », celle qui enferme tous les services d’Orange — téléphone, internet, télévision — dans un même contrat, on aperçoit sur ma photo l’amorce « ph… », de Photo Service. Ces magasins, devant le déclin de la photo, s’étaient d’abord mis aux services : doubles de clés, etc. Ils auraient pu attendre le retour des images saisies — à tirer quand même —, mais ils sentaient peut-être qu’elles reviendraient massivement avec les téléphones. Toujours est-il que ce magasin là non plus n’est pas la maison Orange. La preuve : si on assure son téléphone, on se retrouve avec un contrat qui ressemble à celui d’Orange, mais en plus « voyou » encore (cf. l’article du Monde du 9 décembre 2010, « Assurer son téléphone portable », qui rapporte les propos de Laurent Courtin, directeur commercial de SPB, qui conçoit les assurances de la plupart des marques : « ce sont des produits de voyous »). Je n’entre pas dans les détails de la comparaison entre l’assurance du « franchisé » Photo Service et celle de la maison mère France Telecom (sans accent, s’il vous plaît), qui révèlerait d’abord la sournoiserie d’Orange. Dans un autre magasin, du côté des Grands Magasins, je me suis fendu ce matin-même d’un cours de français auprès de trois Chinoises qui, au demeurant, étant immigrées à Paris, parlaient très bien le français. Non, il s’agissait d’apprendre à mentir, ou bien à Orange et à ses assureurs, ou bien à la police. Les contrats parlent de « vol avec effraction », de « vol à la tire », de « vol avec agression », mais l’expression « vol à l’arraché » qui est employée par la police pour décrire le modus operandi le plus fréquent des milliers de vols de mobiles, n’y figure pas. Il faudrait être blessé, avoir deux témoins : ce n’est jamais le cas avec l’habileté prodigieuse des duos de pourvoyeurs des lignes 13 ou 2, par exemple — voir le billet du 8 décembre 2010, « La disparition ».
REMARQUES :
1. On apprécie d’autant plus la « mercerie verte » du 14 octobre 2010.
2. Ce billet ressemble à un vrai post de blog (à la française).



