
Mercredi 22 juin 2011, 20h50, Café de la Nouvelle Mairie, Paris 5e. Miki expose ce qu’elle a dans son sac. Un avant-goût du Japon.
Mois : juin 2011
Manet, avant, après


Dimanche 19 juin 2011, 11h30-13h30, Musée d’Orsay, Paris, exposition Manet, inventeur du Moderne. Pourquoi ne peut-on pas photographier les œuvres de Manet (et rien d’autre dans ce musée) ? Pour protéger les droits des photographes habilités ? Dommage. Peut-être même scandaleux. Pour contredire ça, voir le site du Musée d’Orsay et les nombreuses et bonnes reproductions disponibles : http://www.musee-orsay.fr/. C’est que, pour raconter cette visite, il faudrait actionner des images autant que des mots. Photographier des détails, faire des rapprochements. Il est vrai que les images ne seraient pas nécessairement des « reproductions » des peintures, pastels et dessins d’Édouard Manet (et aquarelles, celles qui sont sur des lettres, très belles). Au moment de partir du 93bis, une photo très rapide des pêches qui sont sur la table, avec l’idée de compenser ce qu’on ne pourra pas prendre. Au retour, l’intention d’approcher le sensitif, l’incisif, l’intensif perçus chez Manet, l’apparente simplicité du Citron, déjà vu fin 2000 dans l’exposition Manet. Les natures mortes, dans le même musée : « Le citron, qui revient comme un leitmotiv dans l’œuvre de Manet, en référence à la peinture hollandaise du XVIIe siècle, apparaît ici dans toute son individualité, comme un sujet de pure délectation d’une modernité éblouissante. » Moderne ? On croît avoir tout dit. Mais encore ?

Au retour, cette pêche, j’ai essayé de la décadrer, de la prendre de loin, comme par inadvertance, de la placer sur une assiette grise incertaine. Au mieux, une photo pour fiche de cuisine. De la présence haptique, certes, mais rien de cette « maladresse », de la proximité et de la distance combinées qu’on admire chez Manet. À ce jeu, la peinture est inégalable. D’ailleurs, Manet est un peintre d’histoire, un peintre politique. Voir L’Évasion de Rochefort, mais aussi Berthe Morisot au bouquet de violettes : «Le portrait, que vous avez de Berthe Morisot en 1872, c’est un portrait de deuil de la Commune et, en même temps, l’espérance ! » (Philippe Sollers, L’Infini, printemps 2011). Le citron de Manet, ses poires, ses pêches, ses asperges, ses fleurs, ce sont des actes de peinture — comme on dit des actes de langage — qui transforment le réel.

Édouard Manet, Le Citron, 1880 (14 x 22 cm), Musée d’Orsay, © photo musée d’Orsay/rmn.

Édouard Manet, L’Évasion de Rochefort, 1881 (143 x 114 cm), Kunsthaus, Zurich, (dr).

Édouard Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes, 1872 (55 x 40 cm), Musée d’Orsay, © photo dist. RMN-Patrice Schmidt (Libération).
Où est Ai Weiwei ?


Samedi 18 juin 2011, 15h32, des centaines de papillons ont été lancés à l’intérieur de la sculpture d’Anish Kapoor au Grand Palais, pleine de monde. Sur l’œuvre, voir : https://jlggb.net/blog2/?p=5332
Le gouvernement français, comme l’Union européenne, comme la plupart des directeurs des grands musées internationaux, ont dénoncé l’arrestation arbitraire de Ai Weiwei le 4 avril 2011. Anish Kapoor lui a dédié Leviatan son œuvre monumentale au Grand Palais, demandant une protestation radicale : http://next.liberation.fr/culture/01012336615-il-faut-une-greve-des-musees-pour-ai-weiwei. Cependant, on ne trouve aucune mention de cette dédicace au Grand Palais. Si l’on pose la question aux médiateurs, ils disent : « On a déjà eu des annulations de Chinois… » et « Le Ministre n’a pas souhaité… ». On est en droit de poser la question, au sein même de l’œuvre de Anish Kapoor : 艾未未在哪里?Où est Ai Weiwei ? Où est-il retenu ? Où est son nom au Grand Palais ?
Actualité : Le 14 juin, Anish Kapoor a annoncé sa décision d’annuler une exposition de ses œuvres programmée en 2012 au Musée national de Chine à Pékin, pour protester contre la détention de l’artiste Ai Weiwei par les autorités chinoises. Le 17 juin, Daniel Buren a annulé à son tour une exposition personnelle « par solidarité » avec Ai Weiwei. Il devait exposer à l’UCCA (Ullens Center for Contemporary Art) de Pékin à partir du 15 juillet.

Ai Weiwei, Study in Perspective (Place Tiananmen), 1995-2003. (dr)
Élevage


Vendredi 17 juin 2011, 18h45, Aix-les-Bains, Rue Sir Alfred Garrod. La description de l’apparition du caractère typographique Cooper Black, entreprise depuis quelques articles (voir le dossier « Cooper black »), trouve ici de façon exemplaire deux de ses points de repère : l’individualisme, le vernaculaire.
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Voir le dossier « Cooper Black »
Des archives : Vestiges et installations

Vendredi 17 juin 2011. Le billet précédent me fait ressortir une photographie qui a été utilisée sur le carton d’invitation de mon exposition de septembre 1989 au Musée de L’Élysée à Lausanne. « Vestiges et installations » consistait en un ensemble de photographies carrées — prises avec un Rolleiflex —, en couleurs ou en noir et blanc, tirées dans le format 40×40 cm, faites à Pékin au cours du mois de septembre 1985, parallèlement à la série des 1000 diapositives du vidéodisque Pékin pour mémoire. Elles se rattachent à la sous-partie de ces trajets photographiques motivée par le pittoresque d’« installations spontanées », mais se réfèrent aussi aux photographies anciennes de Pékin que l’on pouvait connaître par des livres. Cette couverture blanche au soleil se situait au sud du quartier Dongdan, non loin de la gare centrale.
Rideau de distanciation

Vendredi 17 juin 2011, midi. Aix-les-Bains, magasin Filhol, déjà remarqué le 23 avril 2011 pour ce même type de rideau-écran, mais sur une autre vitrine (voir : https://jlggb.net/blog2/?p=5068). Cette fois, placé à l’extérieur, on le voit comme un « rideau brechtien ». Le V-Effekt, Verfremdungseffekt — effet de distanciation ou d’étrangeté — de Brecht (voir : http://jlggb.net/blog/?p=204) trouve l’un de ses instruments dans un certain type de rideau, un rideau de théâtre qui est placé sur la scène elle-même, sans la fermer, et qui participe à la dramaturgie et contribuant à dire, à un moment déterminé : « c’est du théâtre ». Ouvrir et fermer un tel rideau — d’un tissu très concret et léger, lancé à vue par un acteur, il circule rapidement sur un fil horizontal très tendu —, c’est comme ouvrir et fermer une parenthèse, pour y placer, par exemple, un acteur qui s’adresse au public, un intermède chanté, ou bien une scène fragmentaire et naturaliste, une citation. Une suggestion : si c’était un écran et non un rideau, il faudrait le fermer pour dire : « ça c’est du cinéma ». Au demeurant, sur une scène, le rideau brechtien reçoit parfois une projection de film.
Mais, rue de la Dent du Chat, le rideau est certainement là pour protéger du soleil des marchandises qui se trouvent être, elles aussi, des rideaux — et d’autres tissus. Sa fonction serait-elle de dire : « ce n’est que du commerce » ?
Remarque : un tel rideau doit se regarder (et se photographier) de biais.
Note : ce que je dis là repose sur le souvenir d’une « leçon » pratique de brechtisme reçue de Gaston Jung lorsque j’ai travaillé avec lui à Strasbourg et à la Chaux-de-Fonds en 1968-1969 (L’importance d’être d’accord de Brecht, Quinze rouleaux d’argent, pièce chinoise classique adaptée par Günther Weisenborn).
La couleur de l’entresol

Jeudi 16 juin 2011, 12h40. Genève. Visite à Pierre L. dans son studio — emplacement enviable à l’entresol d’un bel immeuble moderne rue Cornavin —, où il sera question du journal, dont le premier numéro va paraître le 1er septembre 2011 : La Couleur des jours.
https://jlggb.net/blog2/wp-pdf/Cdj-dossier.pdf
Site du journal : http://www.lacouleurdesjours.ch/
Géographie

Mercredi 15 juin 2010, 16h, passage du Rhône, vu du train TER de Genève vers Aix-les-Bains. Les glaciers ont bien fait les choses, pour l’étendue du paysage et pour que le Rhône ne fasse qu’approcher le Lac du Bourget et ses marécages. La Chautagne, — dont on devrait reparler — dans le fond, y devient rhodanienne par sa proximité avec un fleuve tourné vers le midi et la Méditerranée. Il paraît que le glacier d’Aix-les-Bains descendait par la « vallée de l’Isère », Grenoble, Vinay, jusqu’à Loriol, là où coule aujourd’hui un Rhône Nord-Sud. Une façon de dire que la Chautagne — et le Genevois — sont l’amont de chez moi.

