Des archives : Dimanche au bord du Rhin, 1970


Mardi 30 mars 2010, 23h30. 40 ans après le tournage du film Dimanche au bord du Rhin, « film didactique N°23 », des documents sont sortis et reproduits. Une photo de repérage datant de l’automne 1969, avec Jean-Louis Boucher scénographe et acteur dans ce film, la brochure de « Notes théoriques » contenant un dessin original du dispositif qui apparaît dans les séquences des « discours ».  Produit pour la première promotion du GREC, Groupe de recherches et d’essais cinématographiques, avec le parrainage de Jean Rouch, Jean-Louis Comolli, Anatole Dauman, le film a été tourné les 28, 29 et 30 mars 1970 à Strasbourg, avec cinq acteurs, et monté avant l’été 1970. Le film existe toujours sous forme de copie de travail, mais on ne sait pas dans quel état. Il n’a pas été projeté depuis 1971.

(Archives JLggB)
EXTRAIT DES NOTES JLB

Fd 23 Dimanche au bord du Rhin

Film 16 mm en couleurs, Eastmancolor, sonore, 40 mn

Propos général du film

Produire une analyse d’un environnement donné, le parc du Rhin

Être l’instrument d’une action critique réelle

Produire un enregistrement de cette action

Fournir des moyens d’analyse de cette action enregistrée

Produire lui-même une critique.

Pas digital


Dimanche 7 février 2010, 12h45, Haus der Kulturen der Welt, Berlin, Transmediale 10, exposition Future Obscura, installation White Noise de Zilvinas Kempinas (Lituanie, 1969), 2007. Pour retenir une image de la manifestation rituellement dédiée, depuis 20 ans, aux arts et cultures du numérique. On peut croire à un écran, il s’agit d’une très grande fenêtre tendue de bandes magnétiques agitées par des ventilateurs. La pièce se veut une mise en perspective de l’obsolescence du support vidéo, un retour paradoxal à la matérialité ordinaire, au delà de la dualité analogique-numérique.

Du même artiste, on a vu à Venise en 2009 l’installation Tube à la Scuola Grande di Santa Maria della Misericordia.

La sortie des usines


Jeudi 4 février 2010, vers 20h, centre d’art contemporain Raven Row, 56 Artillery Lane, Londres. Exposition Against What ? Against Whom ? de Harun Farocki (toutes les pièces d’un vieil immeuble occupées par des projections de films), installation Arbeiter verlassen die Fabrik in elf Jahrzehnten / Workers Leaving the Factory in Eleven Decades, 2006 : 12 moniteurs avec 12 boucles d’extraits de films, dont La sortie des usines Lumière, 1895; Le Désert rouge, 1966; La reprise du travail aux usines Wonder, 1968. Un plan fascinant du film de Slatan Dudow, Destins de femmes (Frauenschicksale), 1951.

Voir le site de Harun Farocki : http://www.farocki-film.de/
Voir sur jlggbblog vol. 1 : « Le démon de l’analogie », 7 avril 2009.
Sur jlggbblog2 : Serious Game, https://jlggb.net/blog2/?p=5263

Affiche de Raven Row. Design : John Morgan studio

Note : On voit à Londres un artiste berlinois et, deux jours plus tard, un artiste londonien à Berlin (Tom Phillips).

Art des datas ?

À Londres, deux expositions : Decode au Victoria & Albert Museum, Losing the Plot à la Kemistry Gallery. Ryoji Hikeda (Japon, France) affiche le diagramme de sa musique de géomètre minimaliste en train de se faire, Nan Na Hvass et Sofie Hannibal (Danemark) font de petites sculptures en bois peint à partir de « random data sources ».


Mercredi 3 février 2010, 16h, Rioji Ikeda, Data Scan, exposition Decode, V&A, Londres.


Mercredi 3 février, 14h, Nan Na Hvass et Sofie Hannibal, Losing the Plot, Kemistry Gallery, 43 Charlotte Road, Londres.

Nobuyoshi Araki, 1997 CD-ROM Revival

Extrait du CD-ROM de Nobuyoshi Araki (荒木経惟) « Digitalogue Home Museum series-13 » édité par Digitalogue, Tokyo, en 1997. Il s’agit d’un ensemble de photographies réalisées entre 1991 et 1993 avec pour prétexte d’accompagner 9 jeunes filles sur 9 itinéraires de petites lignes de chemin de fer dans diverses régions pittoresques du Japon. (Comme quoi il n’y a pas que des femmes nues, des chambres et des coins de villes dans l’œuvre d’Araki. Mais ce sont quand même là aussi des itinéraires érotiques et des ciels). Divers modes de consultation sont proposés dans ce CD-ROM, l’un des plus réussis du genre à l’époque. © Nobuyoshi Araki/Digitalogue. Collection jlggb.

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Lanterne magique


Dimanche 27 décembre 2009, 17h. Dans l’exposition « Lanterne magique et film peint » de la Cinémathèque, une installation de Anthony McCall, Solid Light Films : elle donne à éprouver la traversée de la pyramide de lumière de la projection. Beaucoup de choses intéressantes, des dessins incroyablement libres — une diablesse — (du XVIIIe), des animations à mécanisme qui font l’inventaire de ce qui s’anime simplement sans conduire nulle part (le scieur, le bucheron, le pêcheur, le baiser, la fessée, la corde à sauter, etc.), de merveilleux petits films dessinés à partir de prises de vues et imprimés en chromolithographie sur pellicule 35 mm,  qui ne sont malheureusement pas au catalogue. Et qu’on ne peut pas photographier pour les retenir et les montrer.


Film 35 mm chromolithographique pour jouet.
France, début du XXe siècle. © Cinémathèque française.

Soleil 1937


Samedi 26 décembre 2009, 15h. Paris, Palais de Tokyo, Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Posé sur le toit, le pavillon « Nomiya », dessiné par Laurent Grasso, est une opération médiatique (Electrolux, etc.) résolument snob, mais aussi une proposition poétique (toute proportions gardées, on peut la rapprocher de ce que dit Barthes de la Tour Eiffel dans son livre édité par Delpire en 1964 : « spectacle regardé et regardant, édifice inutile et irremplaçable, …) à la mesure d’une ville qui se patrimonialise et se virtualise (c’est d’abord un site Internet, ça ressemble à Second Life, etc.) — On reviendra bientôt en savoir plus.
Sur ces bâtiments contemporains aussi bien du Front populaire que du fascisme, un soleil rayonnant est toujours suspect. Les petites statues de bronze (je n’ai pas encore trouvé leur auteur), qui sont les poignées des portes du Musée de la Ville côté terrasse, n’échappent pas à ce contraste et à cette ambiguïté, mais elles sont attrayantes au voir et au toucher.

Un film de neige

Dans le billet « Bonjour Monsieur Peirce » du 7 juillet 2009 à Toulouse, le lien entre empreinte et signe a été pointé pour mémoire. La neige légère sur le Parc d’Aix-les-Bains apporte une nouvelle occasion de réfléchir un peu sur la trace et sur la photo. Il faut bien s’y intéresser puisque cet album est fait avec de la photo. Une remarque au moins : si l’empreinte s’exécute « en temps réel » (la trace se fait dans l’instant), l’image résultante n’a rien d’un instantané. C’est un déroulé, un panorama, un film (un objet spatio-temporel dirait Tania R.). Ainsi, le passage d’un merle. Un moment donc, mais aussi plusieurs moments surimprimés : l’oiseau, puis l’homme (ou l’inverse). Plus encore : le temps hors de ces passages d’animaux ne s’inscrit-il pas lui aussi, en blanc, en vide, en non-empreinte ? La fine couche de neige (un film) va trouver la réponse, son temps est compté, elle fond.

oiseau-homme
Samedi 19 décembre 2009, midi, Parc d’Aix-les-Bains.