Packaging de l’énergétique


Mercredi 9 février 2011, 8h, Nagoya. Best Sellers des Family-Mart, Seven-Eleven, Lawson, etc. (les supérettes ouvertes jour et nuit, à chaque coin de rue), les remontants rivalisent dans l’allusion aux vertus archaïques du ginsen et aux molécules anti-stress. Et se vérifie le talent japonais pour les design graphique et le design tout court, autant dire les arts, mais en particulier de l’emballage.

Fire


Samedi 5 février 2011, gare des trains de l’aéroport Osaka-Kansai, 10h16. Après 12 heures d’avion, en attendant le départ du train Haruka pour Kyoto, je sacrifie au rituel du distributeur de boissons froides et chaudes. 150 ¥ pour le café Fire de Kirin, boîte brulante en aluminium très fin.

Vestiges de 68 (2)


Mardi 1er février 2011, 13h. Ce fauteuil Herman Miller dessiné par les Eames (modèle DAX.) avec coque en polyester armé de fibre de verre et assise en skaï, comme les chaises de même style, sont de rares vestiges de l’Université de Vincennes, construite au cours de l’été et de l’automne 1968. Ces exemplaires sont conservés, pour quelque temps encore, dans un laboratoire d’art de l’Université Paris 8. Le Centre universitaire expérimental de Vincennes fut moins pauvre, à son ouverture, qu’on pourrait l’imaginer. Les bâtiments étaient équipés du meilleur mobilier pour collectivités : Herman Miller, Knoll International, Mullca, etc. et bénéficiaient ainsi d’une ambiance moderne qui ne fut pas pour rien, en dépit d’idéologies qui semblaient négliger cet aspect des choses, dans l’esprit d’initiative et d’innovation qui animait la collectivité. Pour aller dans le même sens, il faut rappeler que l’inspiration pédagogique portée par l’un des fondateurs, Pierre Domergue, professeur d’anglo-américain, venait des États Unis. Voir : « Un rêve, deux facs » http://jlggb.net/blog/?p=351 et la vidéo récente de Yolande Robveille, Roman Noir pour Université Rouge : http://www.archives-video.univ-paris8.fr/video.php?recordID=124.

Une chaise orange


Jeudi 19 août 2010, 12h. Esquirol. Dans le patio, sous la galerie, diverses chaises pour les patients et leurs visiteurs. Parmi elles ressortent les Eames (Charles and Ray Eames) oranges. Créé en 1948, le modèle DSS (dining height, side chair shell, stacking base) est la toute première chaise en plastique, semble-t-il. Ici, ce sont des exemplaires anciens, en résine armée de fibre de verre, aujourd’hui remplacée par du polypropylène (http://www.hermanmiller.com/Products/Eames-Molded-Plastic-Chairs). Nous en avions massivement à Vincennes. Le Paris 8 actuel de Saint-Denis en conserve quelques exemplaires (les autres ayant rejoint les brocanteurs et plus probablement les intérieurs privés du personnel de l’université). Il faut remarquer les barres latérales qui permettent d’empiler ces chaises et de les assembler pour les auditoires. En somme, les chaises d’Esquirol, loin de leurs amateurs branchés, probablement récupérées dans des salles de cours et de conférences d’hôpitaux universitaires des années 70-80, conservent leur potentiel de socialisation. Et puis, j’en fait l’expérience ce matin, on peut y s’y caler calmement pour goûter le rayonnement du soleil, comme membre d’une collectivité désemparée et solidaire.


Assemblée de chaises DSS, reproduction d’une double page du catalogue Eames Design, Tokyo Metropolitan Art Museum, APT International, 2001, réalisé par Maki Izumikawa (la femme de Hajime T.). [dr]



Jeudi 10 mars 2005, vers midi. Notre visite de la maison des époux Eames à Pacific Palisades (Los Angeles), 1949 et après. Voir : http://eamesfoundation.org/visit_house.html.

La tablette de l’écolier Papnoution


Vendredi 13 août 2010, 21h. Tablette de l’écolier Papnoution, IVe siècle après J.-C., Antinoé, Égypte, bois, cire. Don Gayet, 1902. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. La tablette antique et le iPad ont sensiblement les mêmes proportions : rapport 1,3; et une bordure d’environ 1/10 de leur hauteur.
Site du Musée du Louvre : http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=24560&langue=fr. Photo de la tablette : RMN/Hervé Lewandowski.

Demeures


Annie Tribel, Table banquette pour le Théâtre de la Ville, Paris, 1968, fabricant : Dubigeon. J’ai connu cet endroit.


Charlotte Perriand, modules de salle de bain et de cuisine pour les immeubles des Arcs, 1975.

Jeudi 15 juillet, 17h. Centre Pompidou. Si Étienne-Martin produit des « Demeures » (voir l’article ci-dessous), c’est quand même du côté des femmes designers que l’on trouve, à la fin des années 60 et au début des années 70, de véritables habitacles qui réaliseront les désirs de cocons plastiques qui ont occupé notre jeunesse. Je me souviens avoir passé du temps, dans les cours ennuyeux du lycée, à dessiner des chambres enveloppantes où tout se trouvait à portée de main, à commencer par une espèce de projection de télévision grand format et un robinet d’eau fraîche.