Le garage Martin




Vendredi 28 janvier 2011, 13h30. Sur la route le long du Léman, entre Genève et Lausanne, entre Rolle et Allaman, une enseigne nous saute aux yeux : « J. J Martin ». On avait un doute sur sa réalité et sur sa situation. Ce garage, qui est le lieu de la deuxième partie du film de Godard, Film Socialisme, est tout simplement là. Ce que filme Godard s’actualise forcément en fiction.  Et Jean-Jacques a son lac devant lui. Ce qu’on trouve sur les annuaires suisses : Jean-Jacques Martin, atelier de mécanique, réparation de machines agricoles, station service Agrola, Route Suisse 2, Perroy, canton de Vaud, Suisse.
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Une vue qu’en donne Google Street View.

Voir : https://jlggb.net/blog2/?p=2782

Les grands esprits se rencontrent


Mardi 25 janvier 2011, 18h20, vitrine de la librairie de la galerie Yvon Lambert, rue Vieille du Temple, Paris : Bethan Huws, 3 Walnuts, bronze, 2010, 4000 €. Bethan Huws est née à Bangor, Pays de Galles. Elle vit et travaille à Malakoff.
Une « sculpture » à l’échelle un, trois noix posées, c’est ce que j’avais fait pour commémorer le « séchoir à noix » le 9 janvier : https://jlggb.net/blog2/?p=3763.

Entre le 70 et le 72 de la rue de Belleville


Vendredi 31 décembre 2010, 14h30. Au numéro 72 de la rue de Belleville, Paris XXe, l’enseigne d’une pizzeria qui confirme le constat énoncé dans le reportage sur l’église Saint Éloi : l’emploi du caractère Cooper Black. Si on en avait le temps et l’envie, on multiplierait les exemples. Ce pourrait être un sujet de communication dans une journée d’étude sur le motif « Cooper Black ». On verra. Ici, on remarque le numéro 70, inscrit dans ce même caractère, et on se dit qu’il y a eu contagion. Mais ce n’était pas celle de la pizzeria, alors celle du Cooper Black en capitales de l’« Internet » et du « Taxiphone » que montre Google Street View ? Il y a une plaque au 72 : « Sur les marches de cette maison naquit le 19 décembre 1915 dans le plus grand dénuement Edith Piaf dont la voix plus tard devait bouleverser le monde ». Ce qui n’est conservé semble-t-il par aucune trace, c’est que le 70, aujourd’hui une laverie, fut occupé, dans les années 70, par la librairie dite du « Centenaire » (de la Commune de Paris), vouée à la diffusion des Éditions de Pékin. C’était avant que Belleville ne soit un quartier d’immigration (clandestine) chinoise, avant que Mme Liu Chunlan (Orchidée du Printemps), 51 ans, venue du Liaoning, ne saute par la fenêtre pour échapper à la police, le 20 septembre 2007.

Le numéro 70 de la rue de Belleville.


Copie d’écran de Google Street View, 72 rue de Belleville, Paris XXe, 31-12-2010.

Affiche chinoise, Chunfeng Yangliu (Souffle de printemps à Yangliu) par Zhou Shuqiao, 1975, éditée par Renmin meishu chubanshe. (dr)

Ceci n’est pas une boutique Orange


Mardi 28 décembre 2010, 14h30, rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 12e. Cette inconnue (vêtue de noir, comme il se doit pour aller avec l’orange) qui rentre innocemment, c’est l’une des suites de mon feuilleton marqué à l’adrénaline et aux poussées de pédagogie citoyenne. On en avait eu un avant-goût à Aix-les-Bains où, dans la boutique — on pourrait dire dans le flagship store de l’ancienne capitale du thermalisme — Orange, en s’entendant répondre, par un vendeur au teeshirt orange barré du mot Orange : « alors, pour ça, il faut s’adresser à Orange ! ».
La terre entière ne pense qu’aux téléphones (et éventuellement aux iPhones). Ce n’est pas pour ça qu’un poète révolutionnaire déclara « La terre est bleue, comme une orange ». Michel Deguy nous a expliqué que le mot important ici c’est : comme ; la terre est bleue comme une orange est orange. La même année (1929), un peintre, pas moins révolutionnaire, écrivit : « Ceci n’est pas une pipe ». Mais au moins, il y avait un dessin, et ce n’était qu’une mise en cause de la représentation, pas celle des mots. Au bord gauche de l’affiche qui vante la formule « Open », celle qui enferme tous les services d’Orange — téléphone, internet, télévision — dans un même contrat, on aperçoit sur ma photo l’amorce « ph… », de Photo Service. Ces magasins, devant le déclin de la photo, s’étaient d’abord mis aux services : doubles de clés, etc. Ils auraient pu attendre le retour des images saisies — à tirer quand même —, mais ils sentaient peut-être qu’elles reviendraient massivement avec les téléphones. Toujours est-il que ce magasin là non plus n’est pas la maison Orange. La preuve : si on assure son téléphone, on se retrouve avec un contrat qui ressemble à celui d’Orange, mais en plus « voyou » encore (cf. l’article du Monde du 9 décembre 2010, « Assurer son téléphone portable », qui rapporte les propos de Laurent Courtin, directeur commercial de SPB, qui conçoit les assurances de la plupart des marques : « ce sont des produits de voyous »). Je n’entre pas dans les détails de la comparaison entre l’assurance du « franchisé » Photo Service et celle de la maison mère France Telecom (sans accent, s’il vous plaît), qui révèlerait d’abord la sournoiserie d’Orange. Dans un autre magasin, du côté des Grands Magasins, je me suis fendu ce matin-même d’un cours de français auprès de trois Chinoises qui, au demeurant, étant immigrées à Paris, parlaient très bien le français. Non, il s’agissait d’apprendre à mentir, ou bien à Orange et à ses assureurs, ou bien à la police. Les contrats parlent de « vol avec effraction », de « vol à la tire », de « vol avec agression », mais l’expression « vol à l’arraché » qui est employée par la police pour décrire le modus operandi le plus fréquent des milliers de vols de mobiles, n’y figure pas. Il faudrait être blessé, avoir deux témoins : ce n’est jamais le cas avec l’habileté prodigieuse des duos de pourvoyeurs des lignes 13 ou 2, par exemple — voir le billet du 8 décembre 2010, « La disparition ».

REMARQUES :

1. On apprécie d’autant plus la « mercerie verte » du 14 octobre 2010.

2. Ce billet ressemble à un vrai post de blog (à la française).

La tablette de l’écolier Papnoution


Vendredi 13 août 2010, 21h. Tablette de l’écolier Papnoution, IVe siècle après J.-C., Antinoé, Égypte, bois, cire. Don Gayet, 1902. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. La tablette antique et le iPad ont sensiblement les mêmes proportions : rapport 1,3; et une bordure d’environ 1/10 de leur hauteur.
Site du Musée du Louvre : http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=24560&langue=fr. Photo de la tablette : RMN/Hervé Lewandowski.

Passage


Lundi 19 juillet 2010, 20h49. L’entreprise de transformation de métaux pour le bâtiment Léon Mager est étendue du 54 de la rue de la Roquette au 16 du passage Thiéré. L’immeuble a été construit en 1926 par l’architecte Julien Chapelle. Cette enseigne est un repère de nos déambulations depuis 1970.

Note sur le Passage Thiéré.
On les voyait ici : Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin. On le connaissait lui de chez Planchon à Villeurbanne au début des années 60 et surtout dans le film culte de Resnais, Muriel, 1963. Un de ces jours, il faudra faire un article sur Boulogne-sur-Mer.


Jean-Baptiste Thiérrée dans Muriel. (dr)

Étienne-Martin




Jeudi 15 juillet 2010, 16h-17h, Musée national d’art moderne, Paris. Exposition Étienne-Martin. Je n’aimais pas beaucoup les sculptures volumineuses en bois : trop près de la matière. Mais Le Manteau (1962, l’année de mon bac) est une pièce emblématique et superbe. C’est l’une des « Demeures ». Très intéressante, la série des diagrammes tracés au feutre pour extraire, des souvenirs de la maison natale à Loriol, des répartitions spatiales et temporelles (ici : Sans titre, 1975-1992, feutres de couleur et encre sur papier, 74,8 x 110 cm, collection du Centre Pompidou). Le « Cahier rouge » associe ses œuvres à des épisodes de sa vie entre 1913 et 1960. C’est là que les coïncidences se précisent : Loriol est mon pays natal, 1913 est l’année de naissance de mes parents.


Et cette « Classe de dessin » d’Étienne-Martin au Lycée (Émile Loubet) de Valence a été la mienne de 1955 à 1962 (ici au début du siècle).

Loos-Tzara


Jeudi 20 mai 2010, 17h45, 15 Avenue Junot (Montmartre), Paris 18e, maison construite par Adolf Loos pour Tristan Tzara en 1926. Expérimentation pour le 150e article de blog2: cette photo « panoramique vertical » résulte de l’assemblage de 4 clichés.


Coïncidence : vendredi 21 mai 2010, 18h20, Musée des monuments français (Cité de l’architecture, Palais de Chaillot), Paris 16e, maquette de la maison Loos-Tzara. Il est interdit de faire des photos mais celle-ci est la première et la dernière avant que le gardien ne me le dise.