Ici j’ai glissé


Lundi 8 février 2010, 14h16, place Rosa Luxemburg, face à la Volksbühne (Erwin Piscator, Benno Besson, etc.), Berlin. Froid polaire (ou sibérien), c’est ce qu’ont dit les journaux. Les rues sont dégagées, mais la plupart des trottoirs de la ville sont sous la neige glacée. Ici j’ai glissé et je suis tombé. D’où la photo-constat.
Pour compléter la scène : quand on parle d’« ici », il faut toujours quelqu’un pour ajouter : « maintenant »; et justement, là devant, le théâtre affiche en très très grand : « Jetzt ».

A Quiet Room

Quand on arrive à l’hôtel Travelodge King’s Cross, Grays Inn Road, Londres, on entend parler d’une réservation (d’un prix ?) de « quiet room ». C’en est une, elle donne derrière. La rue est bien sûr très animée, près des gares de St Pancras et de Kings Cross. On dirait un château, c’est un hôtel où tout est uniformisé (peinture bleu et bois clair) à l’économie. Pour atteindre sa chambre, il faut utiliser cinq fois la clé magnétique, y compris dans l’ascenseur.





Légendes des photos :
Mercredi 3 février 2010, 12h, vue depuis la chambre, vers l’est.
Mercredi 3 février 2010, 21h, vue de la façade éclairée, à l’ouest.
Jeudi 4 février 2010, 7h30, vue depuis la chambre, vers l’est.
Jeudi 4 février 2010, 7h40, la chambre.
Reportage posté histoire de rentabiliser la connexion wifi (10£ les 24 heures).

Occupation (24. Ligne 9)


Mardi 2 février 2010, 15h55, métro ligne 9, sous le boulevard Voltaire, vers la station Voltaire, Paris. Intéressants pour leur attitude, leurs vêtements, leurs chaussures (surtout elles). Pour augmenter la part des personnages, après beaucoup de décors. Pour réactiver la rubrique « occupé » (voir sur jlggbblog 2007-2009).
Remarque : On pourrait peut-être inaugurer une rubrique « décadré » ou « décentré », où le protocole consisterait à centrer la prise de vue sur un axe du décor.

L’art de la mémoire


Jeudi 28 janvier 2010, 9h15, métro ligne 13, direction Saint-Denis-Université. Un livre avec le tampon VINCENNES sur la tranche, de la bibliothèque universitaire de Paris-8-Vincennes-Saint-Denis. Le déménagement de l’université de Vincennes à Saint-Denis a eu lieu en 1980 mais les livres ont continué à être marqués Vincennes.
[flv:https://jlggb.net/blog2/wp-flv/metromemoire.flv 400 300]Moment : métro ligne 13, entre les stations Garibaldi et Porte de Saint-Ouen. Lecture : Frances Yates, L’Art de la mémoire, Gallimard, 1966.
C’est ici le premier essai d’une vidéo faite avec le iPhone dans les conditions d’une caméra « déguisée » en balladeur (avec écouteurs).

L’Art de la mémoire, page 48 (photo) :
« Aristote utilise, pour les images tirées des impressions sensorielles, la métaphore qui les compare à l’impression d’un sceau sur la cire. Pour lui, les impressions sont la source fondamentale de toute connaissance; bien que l’intellect pensant les épure et les transforme en abstractions, il ne pourrait exister de pensée ou de connaissance sans elles, car toute connaissance dépend des impressions sensorielles. »

Accident (et incident)


Mardi 19 janvier 2010, 20h 8mn 59s, Genève, carrefour du boulevard James Fazy et de la rue Chantepoulet (on aperçoit l’École d’art). Accident : il vient de se produire entre une auto et deux motos. Le conducteur de l’une des motos, étendu contre la voiture (il se tient au pare-chocs), va être mis sur la civière d’une ambulance. Il crie à plusieurs reprises : « Aïe ! ». La police n’est pas encore arrivée. Elle arrive. Incident : un gendarme me demande si je suis témoin (la réponse est non) puis me dit « circulez ! Une fois. Deux Fois. Trois fois ! » Il me qualifie de badaud. Il demande à voir mes papiers.


Même endroit à 21h50.

Un film de neige

Dans le billet « Bonjour Monsieur Peirce » du 7 juillet 2009 à Toulouse, le lien entre empreinte et signe a été pointé pour mémoire. La neige légère sur le Parc d’Aix-les-Bains apporte une nouvelle occasion de réfléchir un peu sur la trace et sur la photo. Il faut bien s’y intéresser puisque cet album est fait avec de la photo. Une remarque au moins : si l’empreinte s’exécute « en temps réel » (la trace se fait dans l’instant), l’image résultante n’a rien d’un instantané. C’est un déroulé, un panorama, un film (un objet spatio-temporel dirait Tania R.). Ainsi, le passage d’un merle. Un moment donc, mais aussi plusieurs moments surimprimés : l’oiseau, puis l’homme (ou l’inverse). Plus encore : le temps hors de ces passages d’animaux ne s’inscrit-il pas lui aussi, en blanc, en vide, en non-empreinte ? La fine couche de neige (un film) va trouver la réponse, son temps est compté, elle fond.

oiseau-homme
Samedi 19 décembre 2009, midi, Parc d’Aix-les-Bains.