Godard




Lundi 5 juillet 2010, 20h-22h, cinéma Le Panthéon, Paris 5e. Deuxième vision de Film Socialisme, cette fois avec un commentaire très « ciné-club » par Jean Douchet. Flash back de 45 ans, et, en supplément, cette remarque : « complexe, pas compliqué ». Photos faites depuis le 3e rang.

Les bandes-annonces sur Vimeo : http://vimeo.com/4645303

Soirée Médiapart au Cinéma des cinéastes, avec Jean-Luc Godard : http://www.mediapart.fr/content/rencontre-publique-avec-jean-luc-godard

Sur Godard, dans ce blog, voir : « Vivre sa vie », https://jlggb.net/blog2/?p=1483 et « 20 ans », https://jlggb.net/blog2/?p=1020 et https://jlggb.net/blog2/?p=6783

Des archives : Dimanche au bord du Rhin, 1970


Mardi 30 mars 2010, 23h30. 40 ans après le tournage du film Dimanche au bord du Rhin, « film didactique N°23 », des documents sont sortis et reproduits. Une photo de repérage datant de l’automne 1969, avec Jean-Louis Boucher scénographe et acteur dans ce film, la brochure de « Notes théoriques » contenant un dessin original du dispositif qui apparaît dans les séquences des « discours ».  Produit pour la première promotion du GREC, Groupe de recherches et d’essais cinématographiques, avec le parrainage de Jean Rouch, Jean-Louis Comolli, Anatole Dauman, le film a été tourné les 28, 29 et 30 mars 1970 à Strasbourg, avec cinq acteurs, et monté avant l’été 1970. Le film existe toujours sous forme de copie de travail, mais on ne sait pas dans quel état. Il n’a pas été projeté depuis 1971.

(Archives JLggB)
EXTRAIT DES NOTES JLB

Fd 23 Dimanche au bord du Rhin

Film 16 mm en couleurs, Eastmancolor, sonore, 40 mn

Propos général du film

Produire une analyse d’un environnement donné, le parc du Rhin

Être l’instrument d’une action critique réelle

Produire un enregistrement de cette action

Fournir des moyens d’analyse de cette action enregistrée

Produire lui-même une critique.

Vivre sa vie

Extrait de Jean-Luc Godard, Vivre sa vie, 1962. Photographie : Raoul Coutard. Chanson de Jean Ferrat. Anna Karina, Jean-Paul Savignac, Jean Ferrat.

Jean-Luc Godard est né le 3 décembre 1930. Jean Ferrat est né le 26 décembre 1930. « Cela commence tôt, dès sa rupture avec une famille de la grande bourgeoisie protestante. […] Jean-Luc Godard se rêve tantôt juif, tantôt palestinien » (Jacques Mandelbaum, Le Monde, 11 mars 2010, à propos du livre Godard, Biographie d’Antoine de Baecque, Grasset, 944 p., 2010). « Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, perd son père à 11 ans, lorsque ce juif émigré de Russie est déporté à Auschwitz » (Libération, 13 mars 2010).

Godard veut qu’elle soit Louise Brooks. Anna Karina, au moment du film Vivre sa vie, a 22 ans. Elle connaît une crise dépressive, elle fait une tentative de suicide, le tournage s’arrête une semaine. C’est ce que je suis en train de lire, dans la biographie de Godard achetée hier, quand s’affiche sur mon iPhone le message « Dernière minute. Le chanteur Jean Ferrat est mort »

Samedi 13 mars 2010, vers 16h. Écran du iPhone.


Antoine de Baecque, dans Godard, Biographie, page 207, souligne que Brecht devient, à l’occasion de Vivre sa vie, une référence majeure pour Godard, ce dont témoigne son emploi de la chanson de Jean Ferrat, Ma môme, 1960.

Jean Ferrat. Disque 45 tours Decca, 1960.

Des archives : Film didactique N°7

[flv:https://jlggb.net/blog2/wp-flv/FD7-1969.flv 480 380]©JLggB-1969. D’après super 8 kodachrome, 6mn 36s, muet.
Première publication d’archives de travaux. Numérisé aujourd’hui (samedi 20 février 2010), le film super 8 intitulé FD7 – Deux manières de prendre des notes, fait partie d’une série de « films didactiques » réalisés en 1969. Le principe du « didactique » est emprunté à Brecht. On en retient :  théâtralisation et distanciation, interprétation laissée au spectateur, rigueur formelle. Ici, le modèle de la leçon entre dans le film et rencontre la structure en diptyque que se fixent les premiers films didactiques. Les deux séquences s’appuient d’une part sur un fait d’observation, un homme handicapé dans un café, et d’autre part, en contrepoint, sur une conférence (en langue allemande) ayant trait au théâtre épique. Les rôles des deux personnages successifs à la table sont tenus par Gaston Jung, professeur à l’école du Théâtre national de Strasbourg, metteur en scène et directeur du théâtre d’essai Les Drapiers. Le tournage a lieu au TNS au printemps 1969.

La sortie des usines


Jeudi 4 février 2010, vers 20h, centre d’art contemporain Raven Row, 56 Artillery Lane, Londres. Exposition Against What ? Against Whom ? de Harun Farocki (toutes les pièces d’un vieil immeuble occupées par des projections de films), installation Arbeiter verlassen die Fabrik in elf Jahrzehnten / Workers Leaving the Factory in Eleven Decades, 2006 : 12 moniteurs avec 12 boucles d’extraits de films, dont La sortie des usines Lumière, 1895; Le Désert rouge, 1966; La reprise du travail aux usines Wonder, 1968. Un plan fascinant du film de Slatan Dudow, Destins de femmes (Frauenschicksale), 1951.

Voir le site de Harun Farocki : http://www.farocki-film.de/
Voir sur jlggbblog vol. 1 : « Le démon de l’analogie », 7 avril 2009.
Sur jlggbblog2 : Serious Game, https://jlggb.net/blog2/?p=5263

Affiche de Raven Row. Design : John Morgan studio

Note : On voit à Londres un artiste berlinois et, deux jours plus tard, un artiste londonien à Berlin (Tom Phillips).

20 ans


Juliet Berto dans Le Gai Savoir de Jean-Luc Godard, 1968 (d’après l’Émile de Jean-Jacques Rousseau. Film interdit par la censure). Photo depuis la salle, centre Pompidou, 6 avril 2008, 21h.


Juliet Berto lors d’un débat public du Festival d’Avignon au Verger d’Urbain V, le 5 août 1967, deux jours après la première du film La Chinoise, de Jean-Luc Godard, dans la cour d’honneur du Palais des papes. ©Photo JLggB.

Juliet Berto (16 janvier 1947 à Grenoble – 10 janvier 1990 à Paris). Sur la photo, elle a 20 ans. Elle a disparu il y a 20 ans. Elle a voulu se soigner à l’homéopathie. À Grenoble, on s’amusait avec elle d’un jeu de mots : « Oméo pa’ti, pôv’ Juliette ! »

EXTRAIT

[flv width= »400″ height= »320″]https://jlggb.net/blog2/wp-flv/ecole.flv[/flv]Extrait de Jean-Luc Godard, Le Gai Savoir, 1968 (dr).

Un film primitif


Photographié depuis un siège de la salle du Reflet Médicis, un plan de Nocturnes pour le roi de Rome, film de Jean-Charles Fitoussi, 2006, distribué par Point-ligne-plan.

Une opinion spontanée, constamment contredite, est que l’arrivée et l’emploi de nouveaux médias dans les arts seraient synonymes d’une perte de l’investissement sensible et personnel. Les machines numériques ont certes de telles capacités d’automatisme qu’elles semblent devoir démultiplier les productions standard du décervelage de masse. La distance historique est pourtant là pour démontrer la validité et la nouveauté créatrice des arts fondés sur les dispositifs automatiques que sont la photographie et le cinéma, la radio, l’enregistrement sonore, etc. La nouveauté des technologies et des instruments, qui est d’abord celle de la culture qui les porte, n’a-t-elle pas aussi cette primitivité par laquelle les arts se trouvent stimulés ? Alors, si ce film est primitif, c’est au sens, comme en mathématiques, de l’intégration des fonctions qui n’en seraient que les dérivées, propriétés et variations à quoi on reconnaît d’habitude le cinéma .

Lorsque Jean-Charles Fitoussi découvre, en 2005, la caméra fort particulière qu’est le téléphone, il y voit peut-être la caméra-stylo où le cinéma-œil dont a rêvé le cinéma, mais aussi, de façon pratique, le moyen de noter des sons et des images lors de repérages. Lui qui a été dix années durant l’assistant de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, va transgresser ses choix et ses propres contraintes stylistiques. Séjournant à Rome, le hasard le conduit à faire, avec ce téléphone-caméra, un long plan de 26 minutes du « ballet » des serveurs dans une réception à la Villa Médicis, une séquence qu’aucune autre technique n’aurait pu saisir. Il constate que ce plan « tient sa durée » et qu’il ouvre la perspective d’un film à part entière. En outre, la projection sur grand écran de cette vidéo à la résolution dérisoire est une révélation : les « défauts » y sont « transmués en merveilles ».

Ainsi, faire un film sera cette fois pour lui une entreprise à la table de travail (devant l’ordinateur), un travail au jour le jour d’agencement d’images-matériaux, de construction littéraire et musicale. La composition peut en être sans cesse reprise et modifiée. L’échéance d’une sortie nationale (la première a eu lieu mercredi 6 janvier 2010 au cinéma Reflet Médicis à Paris) a probablement fixé les 67 minutes de ce film de fiction : Nocturnes pour le roi de Rome. C’est un film d’une beauté inconnue.

À lire : Un texte sur le film par le philosophe Clément Rosset.

Lanterne magique


Dimanche 27 décembre 2009, 17h. Dans l’exposition « Lanterne magique et film peint » de la Cinémathèque, une installation de Anthony McCall, Solid Light Films : elle donne à éprouver la traversée de la pyramide de lumière de la projection. Beaucoup de choses intéressantes, des dessins incroyablement libres — une diablesse — (du XVIIIe), des animations à mécanisme qui font l’inventaire de ce qui s’anime simplement sans conduire nulle part (le scieur, le bucheron, le pêcheur, le baiser, la fessée, la corde à sauter, etc.), de merveilleux petits films dessinés à partir de prises de vues et imprimés en chromolithographie sur pellicule 35 mm,  qui ne sont malheureusement pas au catalogue. Et qu’on ne peut pas photographier pour les retenir et les montrer.


Film 35 mm chromolithographique pour jouet.
France, début du XXe siècle. © Cinémathèque française.