Vendredi 18 octobre 2019, 13:11:32, gare de l’Est, Paris. Jour de grève surprise, notre train est annoncé « à l’heure ». Le temps d’acheter un café, « train annulé » s’affiche. Le gobelet tombe, la gare se reflète dans la flaque. Un agent dit : « c’est inopiné ». Un atlas, et donc aussi l’Atlas du gobelet, assemble non seulement des adresses, des lieux, mais aussi des instants, des moments, des mouvements, des forces et donc des événements et des circonstances.

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Dimanche 13 octobre 2019, 10:38:59, Paris 11e et 20e. Ligne 2, depuis Avron, sous le boulevard de Charonne, il a circulé en spirales, comme ils le font plus ou moins tous, avec les virages, les ralentissements et les accélération, deux coups de pied. Bientôt, à l’ouverture des portes au Père Lachaise, il va être sur le quai : Atlas du gobelet.

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Samedi 12 octobre 2019, 14h – 21h, Nanterre-Amandiers, centre dramatique national. RER ligne A jusqu’à Nanterre-Préfecture, le parc André Malraux (là où se trouvait l’un des bidonvilles de Nanterre), puis ce que j’appelle le théâtre des Amandiers. Le Livre d’image est montré sur un écran plan, sans projecteur donc, suspendu sur la scène, les spectateurs étant sur des chaises tournées vers le rideau de fer et entourés de sept enceintes sonores. Dans la grande salle elle-même, Histoire(s) du cinéma est projeté sur un écran translucide suspendu au-dessus des gradins, visible donc des deux côtés. Dans les coulisses, un ensemble de films de Jean-Luc Godard, peu connus ou inconnus, des films d’Anne-Marie Miéville, de Fabrice Aragno. Dans une loge, sur un moniteur déjà ancien, Plus Oh ! clip pour France Gall, 4 minutes, 1996. Sous un escalier, Initiation au cinéma [révolutionnaire], de Jean-Paul Török, rushes 16 mm en vidéo, 24 minutes, 1969.

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Dimanche 6 octobre, midi, Musée d’art et d’histoire d’Albertville, Conflans, Savoie. Le cartel dit : Grande Table, chêne, XVIIIe siècle. Elle présente, sous le plateau, des espaces où ranger des provisions, des restes de repas, du pain. Elle me rappelle la « table à manger » en noyer, chez mon oncle Henri et ma tante Émilie, à Buissonnière, Vinay, Isère, dans les années cinquante.

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Samedi 5 octobre 2019, 11h, Aix-les-Bains. La noix ramassée à Vinay fait partie de mes souvenirs d’enfance les plus nets. Elles viennent de Monoprix, elles sont du Dauphiné. Elles sont très fraîches, difficiles à manger, ce qui contribue à leur attrait. Il en reste seize, avec chacune leur caractère, de quoi composer un carré que je poste sur Instagram, comme un fait d’actualité.

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Mercredi 2 octobre 2019. La rubrique DES ARCHIVES / 50 ANS reçoit un moment des plus décisifs. Frank Popper, connu depuis la Biennale de Paris de 1967 et surtout par le travail sur Cinétisme-Spectacle-Environnement à Grenoble en 1968, organise pour la Biennale de 1969 L’Atelier du spectateur. Un « groupe anonyme » prépare des « propositions » susceptibles d’inciter une véritable participation du public. Avec l’après 68, deux tendances se heurtent dans la préparation : provoquer des thèmes politiques ou fournir des instruments. C’est la deuxième qui est retenue mais, le jour de l’ouverture, le jeudi 2 octobre 1969, au palais Galliera, la participation se traduit en actions violentes, avec bombes de peinture, banderoles, slogans criés et occupation. La salle fermera et Frank Popper sera accusé de complicité dans la détérioration du musée. Le projet de l’un des anonymes figure dans son carnet. C’est Délai sonore, un dispositif produisant un retard de trente secondes entre ce qui est prononcé devant un micro et l’amplification de ces paroles dans un haut-parleur. Les circonstances ont fait que cela n’a jamais eu lieu mais qu’une explication destinée aux étudiants en art de la toute nouvelle université de Vincennes va ouvrir un exercice de plus de quarante ans.

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Mardi 24 septembre 2019, 22h10, arrêt Oberkampf, boulevard Voltaire, Paris 11e. Au sortir de l’atelier de porcelaine, le plastique qui s’accroche se fait remarquer : Atlas du gobelet.

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Jeudi 19 septembre 2019, 10h45, Dessau. La dernière des Maisons de maîtres du Bauhaus de Dessau, un duo d’habitations ateliers agencées selon une géométrie savante par Gropius, celles de Wassily Kandinsky [et Nina] et de Paul Klee [et Lily]. Les façades et terrasses sont résolument blanches, avec un gris sombre, mais le dessous du balcon est d’un jaune citron soutenu. De quoi infléchir discrètement l’incroyable gamme de centaines de couleurs de l’intérieur.

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Jeudi 19 septembre 2019, 9h, Antoinettenstraße, Dessau. Dans ce qui peut être vu comme le centre de Dessau, un immeuble du temps de la République démocratique allemande. On apprend ici un mot, on aurait pu l’entendre dans toute cette RDA — bien qu’il eût ses équivalents dans bien des pays —, c’est : Plattenbau. La reconstruction en dalles de béton préfabriquées, solution technique mais aussi idéologique, faisait face à une irréparable crise du logement, avec une dimension de modernisme et d’animation de surfaces relevant du cinétisme, mais avec aussi une médiocrité se révélant très vite. Après la réunification de 1990, beaucoup de ces immeubles ont été restaurés et ici peints aux couleurs du Bauhaus, tourisme oblige.

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Mercredi 18 septembre 2019, 13h, Bauhaus, Dessau. Plusieurs photographies par Marianne Brandt, autoportraits dans une sphère miroir, dans le bâtiment où nous nous trouvons, sont connues dès qu’on approche l’histoire du Bauhaus. Artiste dans plusieurs directions, peintre, photographe, elle allait, en succédant à László Moholy-Nagy, briller par ses lampes et par ses ustensiles métalliques, édités aujourd’hui encore.

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