Art des datas ?

À Londres, deux expositions : Decode au Victoria & Albert Museum, Losing the Plot à la Kemistry Gallery. Ryoji Hikeda (Japon, France) affiche le diagramme de sa musique de géomètre minimaliste en train de se faire, Nan Na Hvass et Sofie Hannibal (Danemark) font de petites sculptures en bois peint à partir de « random data sources ».


Mercredi 3 février 2010, 16h, Rioji Ikeda, Data Scan, exposition Decode, V&A, Londres.


Mercredi 3 février, 14h, Nan Na Hvass et Sofie Hannibal, Losing the Plot, Kemistry Gallery, 43 Charlotte Road, Londres.

Che fare

Toute petite exposition à la galerie Alain Gutharc, Paris : Che fare (sans point d’interrogation), l’occasion de la publication d’un manifeste, d’une protestation à propos des « dérives de la production d’objets et de la situation du design en général » par Enzo Mari et Gabriele Pezzini.
Enzo Mari : « On me demande souvent de faire un nouveau projet. Mais pour qu’il soit nouveau, comment puis-je le faire ? Pour chaque approche et par rapport à chaque technique, je connais des milliers d’objets préexistants. […] Que font les millions d’autres « designers », des jeunes, pour la plupart, que les écoles ont diplômés (et elles ne cessent de continuer à le faire) selon les mêmes modalités industrielles de production de marchandises ? Tous, même confusément, pensaient choisir un travail non aliéné, mais la majeure partie d’entre eux ne trouve aucun emploi… Certains pensent que l’« art pompier » est l’avant-garde d’une nouvelle culture… D’autres, au contraire, rêvent d’une transformation possible, en travaillant sur une simplicité essentielle, mais tout a déjà été « progettare » et les amateurs de télé-réalité n’aiment pas la simplicité. »

Enzo Mari : « Le mot design est devenu un mot pornographique. » (France culture, 8 janvier 2010)

Gabriele Pezzini : « Le standard, c’est l’utopie de la belle forme. » (France culture, 8 janvier 2010)

Samedi 30 janvier 2010, 14h, galerie Alain Gutharc, 7 rue Saint-Claude, Paris. Deux chaises d’Enzo Mari : Box, 1971 et Sof Sof, 1971.

Sur Enzo Mari, voir les billets de jlggbblog 1 : « Inventaire : 2006.0.3 » du 20 mars 2009, « La matière Enzo Mari » du 30 décembre 2008, « Wunderkammer » du 23 décembre 2008, « Perché è lì ? » du 24 décembre 2008, « Enzo Mari sugi » 22 avril 2008. Son nom — et sa photo en 1968 — apparaissent dans le billet récent consacré à Carlos Cruz-Diez :
https://jlggb.net/blog2/?p=846

Enzo Mari à France culture le 8 janvier 2010. Photo © Aïssatou N’Doye.
À l’occasion de cette exposition : un entretien avec Enzo Mari et Gabriele Pezzini, France culture, Le Rendez-vous, 8 janvier 2010.

Comment s’écrit l’histoire


Jeudi 28 janvier 2010, 17h20, salle d’exposition de l’Université Paris 8, Saint-Denis.

À l’occasion du 40e anniversaire de l’université (voir « L’illumination de Vincennes ») l’ancien hall qui était voué aux affichages sauvages, aux déchets, aux barricades de chaises et aux courants d’air, a été transformé en « salle d’exposition ». On ne dira pas grand chose de l’atonie d’un aménagement ridicule, commandé à une boite spécialisée dans le stand institutionnel et commercial et probablement payé par une subvention politique. On ne commentera pas non plus le destin des affiches des « ateliers populaires » des Beaux-Arts parisiens de mai-juin 68 et du surcroît de supports et de cadres dérisoires qu’elles ne méritaient pas. Mais je peux dire que les affiches en sérigraphie que nous avons produites entre 1970 et 1976 à la faculté expérimentale de Vincennes étaient bien différentes, en opposition au style soixante-huitard. Si cette université était une suite de mai 68, elle était celle d’une époque qui fut nouvelle. Sortir une collection artificiellement constituée par des achats dans les années 90 et se garder de montrer les archives authentiques : c’est l’une des façons d’écrire l’histoire. JLggB.

On y revient : les couleurs des cages d’escalier ont quand même une autre gueule, même dans la mélancolie (voir ci-dessous : « L’œuvre de Samba », 25-28 janvier 2010).



Contrepoint : deux photographies originales de l’Université Paris 8-Vincennes, centre universitaire expérimental, au début des années 1970. Photos © JLggB.

Couleurs actives

Carlos Cruz-Diez, Transchromie mécanique A, 1965-2009.

Carlos Cruz-Diez, Couleur additive, 2008.

Samedi 23 janvier 2010, 16h30, galerie Lavignes, Paris 11e, exposition de Carlos Cruz-Diez (son site : http://www.cruz-diez.com/). En 1968, j’avais employé une composition de lui pour l’affiche et le catalogue de Cinétisme, spectacle, environnement, l’exposition de Frank Popper à la Maison de la culture de Grenoble (ci-dessous). On peut noter la coïncidence des couleurs de Buren (billet précédent) et de celles — historiques — de Cruz-Diez; sans parler des rayures… Il y a en outre dans le travail ancien de Cruz-Diez, à l’exemple des cabines colorées installées à Noël 1969 sur la place du métro Odéon (à laquelle j’ai un peu contribué comme assistant de Frank Popper, commissaire de la manifestation) qui trouveront un écho dans les plexiglas colorés du Buren des années récentes.

Carlos Cruz-Diez, environnement, déc. 1969, bld St-Germain, métro Odéon, Paris. (dr)

Cinétisme, spectacle, environnement, Catalogue, Grenoble, 1968. (JLggB)

Pique-nique à l’Ile verte, Grenoble, le 11 mai 1968, pour l’ouverture de l’exposition Cinétisme, spectacle, environnement à la Maison de la culture. On reconnaît notamment : à gauche, avec lunettes, Carlos Cruz-Diez, au centre, Aline Dallier, à droite, avec cravate, Enzo Mari. (Photo JLggB © 1968)
Voir une autre photo du même moment : https://jlggb.net/blog2/?p=2440

Lanterne magique


Dimanche 27 décembre 2009, 17h. Dans l’exposition « Lanterne magique et film peint » de la Cinémathèque, une installation de Anthony McCall, Solid Light Films : elle donne à éprouver la traversée de la pyramide de lumière de la projection. Beaucoup de choses intéressantes, des dessins incroyablement libres — une diablesse — (du XVIIIe), des animations à mécanisme qui font l’inventaire de ce qui s’anime simplement sans conduire nulle part (le scieur, le bucheron, le pêcheur, le baiser, la fessée, la corde à sauter, etc.), de merveilleux petits films dessinés à partir de prises de vues et imprimés en chromolithographie sur pellicule 35 mm,  qui ne sont malheureusement pas au catalogue. Et qu’on ne peut pas photographier pour les retenir et les montrer.


Film 35 mm chromolithographique pour jouet.
France, début du XXe siècle. © Cinémathèque française.

Le lit clos des frères B.


Vendredi 25 décembre 2009, 17h, Centre Pompidou. Dans l’exposition des 30 ans de VIA on choisit un classique : le Lit clos de Ronan Bouroullec et Erwan Bouroullec, 2000. Contreplaqué de bouleau peint, acier, aluminium, altuglas, 200 x 240 x 140 cm, base de 70 ou 180 cm, galerie Kreo, Paris. On pense aux dessins qu’on fait, enfant, d’un lit-cocon idéal. On remarque l’emprunt au Japon : plancher surélevé, matelas sur deux tatamis, cloison-porte coulissante et translucide, dimensions intimes.

Locus Solus (et test de vidéo)


Samedi 5 décembre 2009, vers 17h, galerie Yvon Lambert, 108 rue Vieille-du-Temple, Paris 3e. Locus Solus, 2009, programme numérique de Charles Sandison (né en Écosse en 1969, vit en Finlande, http://www.sandison.fi/), inspiré, comme la plupart des pièces de l’exposition, par le roman de Raymond Roussel (1877-1933) Locus Solus.
Ci-dessous, vidéo de 16 s. par JLGGB (avec l’autorisation de la galerie). Pour expérimenter la vidéo du nouvel appareil (Ricoh GR III) acheté la veille chez Monsieur Marcel Sfez, boulevard Beaumarchais — avec lequel la photo est également prise — et la version FLV qui peut en être faite pour les sites.
[flv:https://jlggb.net/blog2/wp-flv/locus-solus-640.flv 400 320]Test de vidéo : séquence prise avec le même appareil (Ricoh GR III). Vidéo d’origine  en 640 x 480 pixels. Réduite ici à 400 x 300 en format flv de relativement haute densité.

Voir une autre pièce de Charles Sandison à la Frieze Art Fair de Londres en 2008.