Vestiges de 68 (2)


Mardi 1er février 2011, 13h. Ce fauteuil Herman Miller dessiné par les Eames (modèle DAX.) avec coque en polyester armé de fibre de verre et assise en skaï, comme les chaises de même style, sont de rares vestiges de l’Université de Vincennes, construite au cours de l’été et de l’automne 1968. Ces exemplaires sont conservés, pour quelque temps encore, dans un laboratoire d’art de l’Université Paris 8. Le Centre universitaire expérimental de Vincennes fut moins pauvre, à son ouverture, qu’on pourrait l’imaginer. Les bâtiments étaient équipés du meilleur mobilier pour collectivités : Herman Miller, Knoll International, Mullca, etc. et bénéficiaient ainsi d’une ambiance moderne qui ne fut pas pour rien, en dépit d’idéologies qui semblaient négliger cet aspect des choses, dans l’esprit d’initiative et d’innovation qui animait la collectivité. Pour aller dans le même sens, il faut rappeler que l’inspiration pédagogique portée par l’un des fondateurs, Pierre Domergue, professeur d’anglo-américain, venait des États Unis. Voir : « Un rêve, deux facs » http://jlggb.net/blog/?p=351 et la vidéo récente de Yolande Robveille, Roman Noir pour Université Rouge : http://www.archives-video.univ-paris8.fr/video.php?recordID=124.

I Wish I Knew



Vendredi 21 janvier 2011, 16h45 – 18h45, cinéma Hautefeuille, Paris 6e. I Wish I Knew, Histoires de Shanghai, de Jia Zhang-ke, 2010, 1h 58mn, image de Yu Likwai. Wei Wei (韋偉), l’actrice principale du « film phare » du cinéma chinois Printemps dans une petite ville (小城之春) de Fei Mu (费穆), 1948 (dans l’entre-deux de la fin de la guerre anti-japonaise et de la fondation de la République populaire) est l’une des 18 personnes, dont l’histoire a trait à Shanghai (souvent pour en partir), rencontrées pour I Wish I Knew. Parmi les précédents films de Jia Zhang-ke (né en 1970) : Platform (2000); The World (2004); Still Life (2006). De grands films.

À voir dans « Le blog d’avant le blog », Shanghai, 14 avril 2006 : http://jlggb.net/blog/?p=7049

La tablette de l’écolier Papnoution


Vendredi 13 août 2010, 21h. Tablette de l’écolier Papnoution, IVe siècle après J.-C., Antinoé, Égypte, bois, cire. Don Gayet, 1902. Musée du Louvre, Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. La tablette antique et le iPad ont sensiblement les mêmes proportions : rapport 1,3; et une bordure d’environ 1/10 de leur hauteur.
Site du Musée du Louvre : http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=24560&langue=fr. Photo de la tablette : RMN/Hervé Lewandowski.

Lamelles couvre-objets


Vendredi 6 août 2010, 20h, à la faveur d’un rangement en profondeur, réapparaît cette boîte de très fines lamelles de verre « couvre-objets » — que l’on dispose sur la goutte placée sur la lame porte-objets sous l’objectif d’un microscope. Il en reste une quinzaine. Elles ont été achetées en 1958 chez un opticien qui se trouvait Place de la République à Valence (Drôme), au rez de chaussée du grand immeuble de l’hôtel de la Croix d’Or. Le microscope, acheté quant à lui la même année lors d’un premier voyage à Paris, est de la marque Optico, l’une des plus anciennes fabriques françaises d’instruments d’optique. Il existe encore et pourra être documenté ici un jour peut-être, de la même façon que le livre d’Henri Coupin, Ce qu’on peut voir avec un petit microscope. Des diatomées, des cellules végétales, des paramécies, des vorticelles et des spermatozoïdes furent ainsi observés. Mon goût, et une confiance un peu aveugle en l’observation, s’exerçait ainsi. Ce blog en est d’une certaine façon le prolongement.

La réparation (Vie des objets. Ch. 12)


Mercredi 28 juillet 2010, 23h30. Sur le bureau depuis plus de quatre ans, il vient de la boutique d’antiquités de la Petite Pagode de l’Oie sauvage de Xi’an (en Chine). Un pot de porcelaine ainsi cassé et réparé, avec ses agrafes de fer et ses cicatrices bien visibles, c’est ce qu’il fallait pour permettre de croire, non pas tant à une authenticité forcément opaque, mais tout simplement à une longue vie intéressante.

Enfants Trouvés


Mardi 27 juillet 2010, 13h30. Le square Trousseau est à la place des Enfants Trouvés. « En 1674, l’Hôpital-Général acquit les terrains situés entre les rues du Faubourg-Saint-Antoine, de Cotte, de Charenton et Traversière pour y édifier un hospice destinés aux enfants trouvés : on en abandonnait alors environ un millier chaque année à Paris. » (Plaque actuellement disposée à l’entrée du square). Cette photo est un repérage pour une éventuelle séquence de la série « Les Vigilambules » qui serait appuyée sur un texte où Rousseau parle de l’abandon de ses enfants.

La Fourche


Lundi 12 juillet 2010, 11h45. À la faveur d’une erreur (pour la première fois depuis 30 ans, j’ai pris le train pour Asnières au lieu de celui pour Saint-Denis, au delà de La Fourche), je me trouve sur ce quai de la station La Fourche en direction de Saint-Denis ou bien d’Asnières. Sur l’autre quai, vers Saint-Lazare, ne passent que les trains venant d’Asnières. Cette station très spéciale, où se joue une bifurcation, comporte donc aussi, en dessous, un quai unique vers Saint-Lazare, pour les trains venant de Saint-Denis. La station La Fourche était « carrossée » depuis les années 60. Sa rénovation lui redonne son style historique de « Ligne Nord-Sud » (dans la frise ocre, le monogramme NS), de 1911-1912, avec des carreaux faisant enseigne provenant de la Faïencerie de Gien. Il faut dire que cette station a un beau nom, qu’elle donne à expérimenter le concept précieux de bifurcation — avec le plaisir d’entendre : « Attention. Ce train est en direction de Saint-Denis ».

Documents : http://www.martingautron.com/blog/2009/02/liste-stations-ligne-13/
Sur la ligne 13, voir « L’art de la mémoire » du 28 janvier 2010 : https://jlggb.net/blog2/?p=902.

Restauration à la Nation


Jeudi 1er juillet, 14h52, métro Nation, Paris, grande chaleur, juste avant de monter dans le train. Depuis quelques mois le labyrinthe des lignes de métro sous la place de la Nation a connu une restauration, plus ou moins à l’identique — ou plutôt tendant à faire disparaître la rénovation optimiste des années 70. Ici, la ligne N°6 vue depuis la ligne N°1. Les carreaux blancs de Boulenger (voir : http://www.boulenger.fr/?#/historique/) ont regagné le terrain pris par les carreaux oranges (Il aurait fallu les photographier, il faudrait chercher s’il en reste une trace).


Suite. Mercredi 7 juillet 2010, 13h 20, de nouveau, juste avant de monter dans le train pour la gare de Lyon (et Aix) : débouchant sur le quai de la ligne 1 à Nation, un couloir et un escalier qui sont encore en orange. On note que ces carreaux oranges sont biseautés, de forme identique aux Boulenger blancs (bien que posés verticalement). Le vrai style 70 est incarné dans un grand carreau plat (à suivre donc si on veut le montrer).