Occupation (29. Le jeune dormeur)


Mardi 30 novembre 2010, 11h. Taipei, centre commercial de la gare routière de l’hôtel de ville, café Mister Donut. Le mot occupé, qui désigne le protocole de ce type de photo depuis celle de la fin 2007 chez Itoya à Tokyo, prend ici une résonance historique avec les deux enseignes de magasins japonais : Taiwan a « appartenu » au Japon de 1895 à 1945.

Donut consommé (crème au thé vert).

Le pin et la souris


Lundi 29 novembre 2010, vers 10h. Taipei Fine Arts Museum, exposition « Time Unfrozen, From Liu Kuo-Sung to New Media Art ». Vidéo par Wu Chi-Tsung (Taiwan), 01-Pine, 2008. L’œuvre cherche à introduire le temps effectif dans la peinture classique. Probablement un contresens. Le gardien vient me dire que je ne dois pas photographier. Mais je m’intéresse au curseur Apple qui traine en haut à droite.

Les Goudronneurs


Jeudi 25 novembre 2010, 14h20, angle de la rue Roubo et de la rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris 11e. « Eh ! Monsieur. Il faut demander la permission pour tirer des photos. Nous demander la permission à nous ! » Je voulais faire référence à :


Gustave Courbet, Les Casseurs de pierres, 1850. Tableau détruit à Dresde au cours de la deuxième guerre mondiale.

Et aussi à :

Eugène Atget, Paris, Les bitumiers, 1899, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

La ligne de plus grande pente


Samedi 11 septembre 2010, 15h30, rue de Montreuil, Paris 11e. Ici, devant le magasin Franprix, le trottoir est large. Comment l’eau (et le plus souvent l’urine) trace son chemin sur une pente : c’est une figure intéressante et qui attire toujours mon attention.  Ce qui est en jeu : la quantité du liquide, son débit, sa viscosité, son pouvoir mouillant; la surface, son inclinaison en chaque point, sa texture, la présence d’obstacles ou de rainures, etc. J’ai depuis longtemps considéré que c’était l’objet idéal de la photographie, pour ce qu’elle sait faire le mieux : reproduire les dessins et les peintures, à plus forte raison s’ils sont éphémères. La ligne de plus grande pente est littéralement ce qui informe, ce qui rend objectivement visible, avec un aléatoire qui peut être pris aussi comme un pur déterminisme.


Un exemple de ma collection des années 80 : 8 février 1986, Nikon, Kodachrome et flash.

Lamelles couvre-objets


Vendredi 6 août 2010, 20h, à la faveur d’un rangement en profondeur, réapparaît cette boîte de très fines lamelles de verre « couvre-objets » — que l’on dispose sur la goutte placée sur la lame porte-objets sous l’objectif d’un microscope. Il en reste une quinzaine. Elles ont été achetées en 1958 chez un opticien qui se trouvait Place de la République à Valence (Drôme), au rez de chaussée du grand immeuble de l’hôtel de la Croix d’Or. Le microscope, acheté quant à lui la même année lors d’un premier voyage à Paris, est de la marque Optico, l’une des plus anciennes fabriques françaises d’instruments d’optique. Il existe encore et pourra être documenté ici un jour peut-être, de la même façon que le livre d’Henri Coupin, Ce qu’on peut voir avec un petit microscope. Des diatomées, des cellules végétales, des paramécies, des vorticelles et des spermatozoïdes furent ainsi observés. Mon goût, et une confiance un peu aveugle en l’observation, s’exerçait ainsi. Ce blog en est d’une certaine façon le prolongement.

Restauration à la Nation


Jeudi 1er juillet, 14h52, métro Nation, Paris, grande chaleur, juste avant de monter dans le train. Depuis quelques mois le labyrinthe des lignes de métro sous la place de la Nation a connu une restauration, plus ou moins à l’identique — ou plutôt tendant à faire disparaître la rénovation optimiste des années 70. Ici, la ligne N°6 vue depuis la ligne N°1. Les carreaux blancs de Boulenger (voir : http://www.boulenger.fr/?#/historique/) ont regagné le terrain pris par les carreaux oranges (Il aurait fallu les photographier, il faudrait chercher s’il en reste une trace).


Suite. Mercredi 7 juillet 2010, 13h 20, de nouveau, juste avant de monter dans le train pour la gare de Lyon (et Aix) : débouchant sur le quai de la ligne 1 à Nation, un couloir et un escalier qui sont encore en orange. On note que ces carreaux oranges sont biseautés, de forme identique aux Boulenger blancs (bien que posés verticalement). Le vrai style 70 est incarné dans un grand carreau plat (à suivre donc si on veut le montrer).

Occupation (27. Midinettes)


Samedi 3 juillet 2010, 13h, 6 rue Sainte-Anne, Paris 1er. Ouvert il y a quelques mois, K-Mart, un petit supermarché nippo-coréen où l’on peut manger sur place (pas cher). On note sur cette image la capacité du dispositif « occupé » (l’appareil simplement posé sur une table, dans un espace comportant d’autres tables et des sièges) à décrire une situation relationnelle. La caméra est discrète, elle est à une place « naturellement » significative, et, restant immobile, elle enregistre des clichés qui peuvent se combiner aisément : ici, l’image emprunte à trois clichés successifs.