Du vivant à venir


Mercredi 26 septembre 2018, 20h, rue Charles V, Paris 4e. Flambant neuf, le laboratoire du CRI, Centre de recherches interdisciplinaires — sciences du vivant, recherches en éducation et humanités numériques. Il va recevoir ses microscopes, ses ordinateurs, etc., ses chercheurs en biologie cellulaires et ses drosophiles expertes en sénescence. Ici on compte sur les approches inversées, sur l’intelligence collective, sur l’apprentissage par projets, sur le learning by doing, sur l’art de poser des questions sans se soucier des disciplines.

Fat Lava degré zéro



Samedi 15 septembre 2018, 11h, 93bis. Colis express en provenance de la boutique en ligne Retro Fat Lava, aux Pays-Bas, vendeur de chez Etsy. Le vase de 10 cm de haut, en terre brune émaillée de rouge soutenu, a été fabriqué à la Gräflich Ortenburgsche Steingutmanufaktur (usine de grès), château Tambach de Coburg en Bavière. Son design est probablement de Ursula Beyrau. Ce genre de céramique allemande des années 50 à 70, dénommé après coup Fat Lava, est caractérisé par une application de couleurs violentes. Il comporte notamment la forme rectangulaire Kubus.

Peinture faite maintenant


Samedi 8 septembre 2018, 17h, galerie Florence Loewy, Paris. Charlie Hamish Jeffery, Yellow Fluo Painting, 2018, acrylique sur toile, 80 x 80 cm, pièce unique. L’exposition est titrée « Paintings for light fittings », peintures pour luminaires, qui s’adapte à l’éclairement. Le titre est objectif, évident, trop évident. La couleur vibrante l’emporte, mais elle n’est pas seule. Les traces s’affirment comme manuelles, comme faites, juste maintenant. Le cadre qui les interrompt y gagne le statut de forme nette et stable. Ayant à l’esprit la façon dont Godard cite Denis de Rougemont, « la vraie condition de l’homme, c’est de penser avec ses mains », il me vient que cette peinture est une pensée fabriquée, qui donne à penser.

Universale


Vendredi 31 août 2018, 18h30, Lausanne. La chaise Universale de Joe Colombo, produite par Kartell de 1967 à 1975, est un classique qui se trouve dans les musées. On peut avoir en tête sa singularité, sa forme radicalement empilable, sa matière, sa couleur et la repérer tout de suite dans un grand magasin de baskets dont elle contribue à assurer le lifestyle.

La façade de la grange



Mercredi 25 juillet 2018, 11h30, Jarsy, massif des Bauges, Savoie. Remarquée, cette façade accomplie, avec ce signe surprenant et évident d’une inventivité qu’on nommerait aujourd’hui trop vite « design » : inscrite symétriquement sur deux planches, l’ouverture demi-circulaire qui supporte la lampe et son abat-jour, d’abord pour l’extérieur mais aussi pour l’intérieur, qui fait écho à la chatière.
Voir : http://jlggb.net/blog6/2018/03/23/dabord-du-bois/

Faire école (Vie des objets. Ch. 70)


24 juillet 2018, 12h, massif des Bauges, Savoie. Le prie-Dieu est avec quelques autres semblables, tous anciens, marqués pour se distinguer, rapportés comme pour un petit musée dans la chapelle de la Lézine, récemment reconstruite par des bénévoles, au-dessus du village d’École. Il témoigne en lui-même d’un savoir-faire d’ébénisterie et de restauration. De transformation aussi puisque son casier fermé peut contenir des livres, pas seulement le missel, des choses. De là s’offre un panorama commenté, avec des notes de géologie, de géographie, de géographie humaine, d’histoire. L’habitat est ici regroupé au milieu de champs plats — une plaine de moraines —, le plan en croix du village a été en partie préservé lors de la reconstruction. Car École a été incendié en juillet 1944, alors que la Gestapo et des Français habillés en soldats allemands tuaient des otages, des résistants, des réfugiés juifs d’Alsace.
N° 70 du blog La Vie des objets : http://jlggb.net/objets/?p=226

Désordre rangé


Vendredi 20 juillet 2018, 12h01, rue Caroline, Genève. Le renfoncement des entrées d’un immeuble des années septante présente des carreaux où l’on reconnaît des pierres. Ce ne sont pas de fausses pierres mais bien des cailloux, des galets, sciés et polis comme sait le faire le granito. La diversité, l’aléatoire, la singularité s’arrêtent aux bords du carré, mais trouvent à se répéter.

Modèle de pot



Lundi 9 juillet 2018, 16h. Au magasin Muji des Halles, des pots à couvercle sont placés sous l’enseigne Found Muji, celle des objets « trouvés », répondant aux critères d’originalité et de simplicité tels qu’ils sont formulés notamment par le designer Naoto Fukasawa. De deux tailles, portant des inscriptions au pochoir, fabriqués en Allemagne, ils évoquent le Bauhaus, sans précision. Une heure plus tard, à la librairie L’Écume des Pages, à Saint Germain, le livre L’Esprit du Bauhaus [exposition du Musée des arts décoratifs, 2016-2017] s’ouvre tout seul sur une double page de récipients de faïence de Theodor Bogler, 1923, destinés à la maison modèle du Bauhaus. Cette production correspond au moment où la céramique du Bauhaus de Weimar s’oriente vers une fabrication industrielle.
Note : le pot est doublement signé HB, en creux et en noir au pinceau. Il s’agit de la fabrique HB-Werkstätten für Keramik, du nom de Hedwig Bollhagen (1907 – 2001), céramiste héritière pour une part du Bauhaus, une longue histoire intéressante.