

Jeudi 30 juin 2011, 15h30. Pour trouver une entrée à Hiroshima, j’avais prévu d’y voir le magasin Muji. Mais c’était oublier que Muji c’est 無印良品 (Mujirushi Ryohin, produits de qualité sans marque) et qu’au Japon, Muji n’est pas une enseigne. Je la cherchais, j’ai fini par la trouver, la couleur, sur cette affiche. Hiroshima, peut-être, mais c’est un Muji, et les Muji se ressemblent tous (vérification faite à Londres, Paris, Tokyo, Turin, Berlin, Séoul, Pékin, Istanbul, etc.). Sauf quand ils ont des fenêtre. De nouveau, vue d’Hiroshima.
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Bonus : l’escalier qui mène aux deux étages Muji.
Suite en mars 2025 : https://jlggb.net/blog9/2025/03/01/protocole-dhiroshima/
Catégorie : Coïncidence
Où est Ai Weiwei ?


Samedi 18 juin 2011, 15h32, des centaines de papillons ont été lancés à l’intérieur de la sculpture d’Anish Kapoor au Grand Palais, pleine de monde. Sur l’œuvre, voir : https://jlggb.net/blog2/?p=5332
Le gouvernement français, comme l’Union européenne, comme la plupart des directeurs des grands musées internationaux, ont dénoncé l’arrestation arbitraire de Ai Weiwei le 4 avril 2011. Anish Kapoor lui a dédié Leviatan son œuvre monumentale au Grand Palais, demandant une protestation radicale : http://next.liberation.fr/culture/01012336615-il-faut-une-greve-des-musees-pour-ai-weiwei. Cependant, on ne trouve aucune mention de cette dédicace au Grand Palais. Si l’on pose la question aux médiateurs, ils disent : « On a déjà eu des annulations de Chinois… » et « Le Ministre n’a pas souhaité… ». On est en droit de poser la question, au sein même de l’œuvre de Anish Kapoor : 艾未未在哪里?Où est Ai Weiwei ? Où est-il retenu ? Où est son nom au Grand Palais ?
Actualité : Le 14 juin, Anish Kapoor a annoncé sa décision d’annuler une exposition de ses œuvres programmée en 2012 au Musée national de Chine à Pékin, pour protester contre la détention de l’artiste Ai Weiwei par les autorités chinoises. Le 17 juin, Daniel Buren a annulé à son tour une exposition personnelle « par solidarité » avec Ai Weiwei. Il devait exposer à l’UCCA (Ullens Center for Contemporary Art) de Pékin à partir du 15 juillet.

Ai Weiwei, Study in Perspective (Place Tiananmen), 1995-2003. (dr)
Géographie

Mercredi 15 juin 2010, 16h, passage du Rhône, vu du train TER de Genève vers Aix-les-Bains. Les glaciers ont bien fait les choses, pour l’étendue du paysage et pour que le Rhône ne fasse qu’approcher le Lac du Bourget et ses marécages. La Chautagne, — dont on devrait reparler — dans le fond, y devient rhodanienne par sa proximité avec un fleuve tourné vers le midi et la Méditerranée. Il paraît que le glacier d’Aix-les-Bains descendait par la « vallée de l’Isère », Grenoble, Vinay, jusqu’à Loriol, là où coule aujourd’hui un Rhône Nord-Sud. Une façon de dire que la Chautagne — et le Genevois — sont l’amont de chez moi.
Reflets sur reflets
Des archives : la photo d’un graveur sur bois

En octobre 1980, pour les besoins de l’exposition 50 ans de gravures sur bois chinoises 1930-1980 et de son catalogue, nous avions demandé à Ma Gang (?? 1956-), alors étudiant de la section de gravure de l’Institut central des Beaux-Arts de Pékin, de nous faire une démonstration des diverses étapes de la taille et de l’impression d’une gravure sur bois. (Photo JLggB, 1980)
En octobre 2009, visitant cette même école, désormais loin du centre de Pékin et nommée China Central Academy of Fine Arts, nous avons rencontré M.G. à la tête du Digital Media Lab. Ici comme souvent dans les écoles d’art, le département numérique est issu du département de gravure : du fait du rapport aux techniques de création-reproduction, de la recherche d’un art apte à une large diffusion, de la proximité avec le design graphique, etc. Ma Gang a étudié à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris, de 1991 à 1993.

Voir : http://jlggb.net/blog/?p=5927.
Vérification par le retour

Lundi 28 mars 2011, 11h40, ligne de chemin de fer TGV à la hauteur du hameau de La Roche, à Sologny. En direction de Paris, dans le TGV parti à 10h04 d’Aix-les-Bains, mais ayant pris une dizaine de minutes de retard après Chambéry, se vérifie l’heure du passage en ce point enregistré le vendredi 25 comme étant celui du croisement avec le TGV parti de Paris à 9h50 (voir : « Arithmétique du croisement » https://jlggb.net/blog2/?p=4615). Sauf que, cherchant à ne pas manquer la photo, j’oublie de regarder de l’autre côté. Compte tenu du retard, le croisement ne peut pas avoir eu lieu car les lignes se rejoignent peu avant, vers Mâcon. Photo intéressante finalement. Ça se vérifie le plus souvent, Il faut ce type de contraintes pour obtenir des photos « réussies ».
Arithmétique du croisement
Sachant que le TGV JL part de Paris à 9h50 pour arriver à Aix-les-Bains à 12h50 et que le TGV LA part d’Aix-les-Bains à 10h04 pour arriver à Paris à 13h20, calculez l’heure à laquelle JL et LA se croisent. La réponse proposée est : approximativement, 12h30. Vérification expérimentale : la photographie ci dessous a été prise à 11h 27mn 35s. Le TGV JL, où se trouve le preneur de vues JL, se réfléchit dans le TGV LA, où se trouve la passagère LA. La vitesse relative entre JL et LA est comprise entre 500 et 600 km/h.
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Vendredi 25 mars 2011, 11h27, ligne de chemin de fer TGV à la hauteur du hameau de La Roche, à Sologny (département de Saône-et-Loire), à une dizaine de km au sud de Cluny.
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Identification du lieu du croisement sur les vues Google Maps et Google Street View (La route E62-N79 longe ici la voie TGV).
Les cerisiers sont en fleurs (les délices et l’effroi)

Dimanche 20 mars 2011, à 17h, le jour du printemps, les cerisiers sont en fleurs rue de l’Ave Maria, Paris 4e. Sakura est le signe optimiste de la beauté éphémère.
Dans l’article de Jean-Pierre Dupuy « Une catastrophe monstre » (Le Monde, 20-21 mars 2011) :
[…] Tandis que les destructions humaines et matérielles s’accroissent chaque jour, une grande partie du drame actuel se joue sur la scène des symboles et de l’imaginaire. Parmi les régions qui furent les premières à être évacuées figurent les îles Mariannes. Le nom de l’une d’entre elles, Tinian, évoque pour ceux qui se souviennent le lieu d’où décollèrent, au petit matin du 6 août 1945, les B29 qui allaient pulvériser Hiroshima en cendres radioactives suivis, trois jours plus tard, par la flottille qui allait faire de même à Nagasaki. Comme si la vague géante venait se venger de ces minuscules territoires qui avaient eu le tort d’abriter le feu sacré.
La tragédie japonaise a ceci de fascinant qu’elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l’analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale. Ou encore le tsunami, Tchernobyl et Hiroshima. […]
[…] il faut remonter au premier grand tsunami de l’histoire de la philosophie occidentale, celui qui suivit le tremblement de terre de Lisbonne, le jour de la Toussaint de l’an 1755.Des interprétations rivales qui tentèrent de donner sens à un événement qui frappa le monde de stupeur, celle qui devait l’emporter fut celle de Rousseau dans sa réponse à Voltaire. Non, ce n’est pas Dieu qui punit les hommes pour leurs péchés, oui, on peut trouver une explication humaine, quasi scientifique, en termes d’enchaînement de causes et d’effets. C’est dans L’Emile, en 1762, que Rousseau allait tirer la leçon du désastre : « Homme ne cherche plus l’auteur du mal : cet auteur c’est toi-même. Il n’existe point d’autre mal que celui que tu fais ou que tu souffres, et l’un et l’autre te vient de toi. »
Que Rousseau ait gagné est évident dans la manière dont le monde a réagi à deux des plus grandes catastrophes naturelles de ces dernières années : le cyclone Katrina et le tsunami asiatique de Noël 2004. C’est leur statut de catastrophe naturelle qui a été mis en doute. « A man-made disaster » (une catastrophe due à l’homme) titrait le New York Times à propos du premier ; la même chose avait été dite à propos du second avec de bonnes raisons. Si les récifs de corail et les mangroves côtières de Thaïlande n’avaient pas été impitoyablement détruits par l’urbanisation, le tourisme, l’aquaculture et le réchauffement climatique, ils auraient pu freiner l’avancée de la vague meurtrière et réduire significativement l’ampleur du désastre.
Quant à La Nouvelle-Orléans, on apprit que les jetées qui la protégeaient n’avaient pas été entretenues depuis de nombreuses années et que les gardes nationaux de Louisiane étaient absents parce qu’ils avaient été réquisitionnés en Irak. Et d’abord, qui avait eu l’idée saugrenue de construire cette ville dans un endroit aussi exposé ? On entend déjà dire que jamais le Japon n’aurait dû développer le nucléaire civil, puisque sa géographie le condamnait à le faire dans des zones sismiques exposées aux tsunamis. Bref, c’est l’homme, seulement l’homme, qui est responsable, sinon coupable, des malheurs qui l’accablent.
Entre les catastrophes morales et les catastrophes naturelles se trouvent les catastrophes technologiques et industrielles. Contrairement aux secondes, les hommes en sont de toute évidence responsables mais, contrairement aux premières, c’est parce qu’ils veulent faire le bien qu’ils produisent le mal.
À partir de l’île de Tinian, il faudrait ajouter une branche au récit démonstratif. Curieusement, elle appartient de nouveau à Rousseau. Saint Preux écrit à Claire d’Orbe :
J’ai surgi dans une seconde île déserte (c’est Tinian), plus inconnue, plus charmante encore que la première et où le plus cruel accident faillit à nous confiner pour jamais. Je fus le seul peut-être qu’un exil si doux n’épouvanta point. Ne suis-je pas désormais partout en exil ? J’ai vu dans ce lieu de délices et d’effroi ce que peut tenter l’industrie humaine pour tirer l’homme civilisé d’une solitude où rien ne lui manque et le replonger dans un gouffre de nouveaux besoins.
(Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, IVe partie, lettre III)
L’île de Tinian sera le modèle mythique de cette « île » qu’est le Jardin de Julie (voir : http://jlggb.net/blog/?p=7085). Ce pourrait être le théâtre de l’échange entre Voltaire et Rousseau :
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices :
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
[…]
Il le faut avouer, le mal est sur la terre :
Son principe secret ne nous est point connu.
[…]
Un jour tout sera bien. Voilà notre espérance.
Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion.
(Voltaire, Poème sur le désastre de Lisbonne, 1756)
La plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage.
(Jean-Jacques Rousseau, Lettre à Voltaire sur la Providence, 18 aou?t 1756)

L’île de Tinian. George Anson, Henri-Albert Gosse et Compagnie, Genève, 1750. Cliché BNF.


L’île de Tinian, d’abord tenue par le Japon, lors de l’attaque des États-Unis en juillet 1944. L’île devenue base américaine.

L’île de Tinian est aujourd’hui une destination touristique. Emplacement du silo de la bombe lancée sur Hiroshima le 6 août 1945. Photo : CT Snow/Flickr.
Captures

Mardi 15 mars 2011, 16h. Galerie La Tapisserie, 14 rue Petion, Paris 11e. Montage de l’installation C’est elle ! C’est bien elle ! pour l’exposition Captures (vernissage jeudi 17 mars). Étagère métallique Muji, ordinateur MacMini, écran Apple Cinema 23 pouces. Programme KeyNote, 3mn, copies d’écrans Google Street View, de billets du blog jlggbblog. Cette proposition est directement dérivée de deux billets de ce blog. Qu’est-ce qui me pousse à « retourner sur le lieu » du premier billet ? Comment de multiples références éparses trouvent alors un agencement.
« Signalétique », 5 décembre 2009 : https://jlggb.net/blog2/?p=51
« Signalétique : une suite qui fait peur », 6 décembre 2009 : https://jlggb.net/blog2/?p=101
L’épilogue fait référence à l’article : http://jlggb.net/blog/?p=316
Transcription du texte qui s’affiche dans le KeyNote :
C’est elle ! C’est bien elle !
Ceci est l’histoire d’une coïncidence troublante.
Premier jour
LE VOLTIGEUR
Samedi 5 décembre 2009, vers 17h.
Au bar Le Voltigeur, 45 rue Francs Bourgeois, Paris, 4e.
Parce qu’elle est en caractère Vendôme, son enseigne m’intéresse depuis longtemps.
Cette enseigne intérieure aussi, m’intéresse.
Ce café se trouve face au Centre culturel Suisse.
Endroit marqué, fin 2004, par l’intervention subversive de Thomas Hirschhorn (Swiss Swiss Democracy) avec un environnement de ruban adhésif brun que l’on nomme depuis « du hirschhorn ».
C’est ce que je note dans glggbblog2 le jour-même.
Mais surtout, peut-être, je me souviens avoir vu là,
à la terrasse, il y a des années, l’actrice Dominique Laffin, peu de temps avant sa mort.
Deuxième jour
RETOUR SUR LE LIEU
Dimanche 6 décembre 2009.
Pour compléter le billet d’hier, retour sur Street View avec cette fois l’adresse du Centre culturel suisse,
32 rue des Francs-Bourgeois, Paris, 3e.
Une vue du Centre sera utile pour démontrer le caractère « stratégique » du carrefour rue des Francs-Bourgeois – rue des Hospitalières Saint-Gervais.
On trouve à ce carrefour la silhouette d’un homme en noir qui, précisément, semble photographier l’entrée du Centre culturel (à moins qu’il téléphone).
Mais, venant vers lui, c’est une figure familière qui me saute aux yeux : voici donc ce qui m’a poussé à revenir sur ce lieu.
« C’est elle. C’est bien elle ! »
« Oui ! C’est L., c’est bien L. ! »
Le « photographe » et une autre personne à deux pas ont regardé l’étrange caméra multi-objectifs perchée sur la voiture Google, mais pas L.
Le plus surprenant : toute cette histoire était déjà dans la photographie Street View publiée la veille.
Épilogue
IDENTIFICATION DU JOUR
Voyant les chaussures que porte L., je me souviens de ce jour où elle était sortie en gardant ses chaussures d’intérieur.
C’était le samedi 24 mai 2008 vers midi. Il faisait chaud.
Elle allait vers Beaubourg où G., S. et moi avions une table ronde au Web Flash Festival, sur le « jouable ».

Reproduction du diaporama, cliquer ici : ELLE-CAPTURES puis cliquer sur l’image pour avancer.


