

Samedi 14 janvier 2012, 17h, galerie Farideh Cadot, 7 rue Notre Dame de Nazareth, Paris 3e. Parallèlement à l’exposition de la BNF-Richelieu, une belle exposition de Markus Raetz (c’est le dernier jour), gravures, sculptures, mobiles. Un classique de l’artiste, visible à l’envers depuis la cour, une petite sculpture qui, selon deux angles de vue à 90 degrés, se voit comme Yes ou No (mais les autres angles sont intéressants aussi). La personne qui entre est le directeur du Musée national d’art moderne.
La succulente crassula ovata fleurit en hiver

Samedi 14 janvier, 16h30, crassula ovata en fleurs, en passant devant le fleuriste Les Succulents, rue de Turenne, à l’angle de la rue Debeylemme, Paris 3e. Il est rare de voir ces crassulas fleuries, la dernière fois, pour, moi c’était à Roppongi (Tokyo) sous la neige, en février 2011. Elles fleurissent en effet en hiver.
Le jeune chat qui dort à moitié
Littéralisme et contextualisme sont aux Délices d’Asie

Mardi 10 janvier 2012, 16h48, rue Saint-Antoine, métro Saint-Paul, traiteur « Les Délices d’Asie ». « Plats à emporter » fait partie de notre série « éloge du littéral » — voir par exemple « Néon littéral » du 11 juin 2011. Pourtant, c’est le contexte qui renvoie les mots du côté des actes de langage. C’est une désignation mais aussi une réalisation potentielle. Entre la signification linguistique déterminée et le sens que le contexte doit actualiser, c’est un débat qu’il faut soutenir (François Recanati, Le sens littéral, L’Éclat, 2007). À vrai dire, avec une enseigne de néon rouge, l’écart n’est pas si grand. Il fallait le demander à tous les artistes qui ont fait des mots avec du néon : Joseph Kosuth, Bruce Nauman, Mario Merz, Sarkis, Claude Lévêque, Jean-Michel Alberola, etc.
Contribution empirique à la discussion : prendre (emporter) une image est un geste qui appelle d’autres gestes, semble-t-il.
Le démantèlement du Forum des halles


Mardi 10 janvier 2012, 15h30, Paris, rue Rambuteau, Forum des Halles. Il ne reste plus grand-chose des parapluies de Jean Willerval qui avaient marqué l’achèvement, en 1979, du réaménagement des halles en forum par les architectes Claude Vasconi et Georges Pencréac’h, après la destruction, au cours de l’été 1971 et jusqu’en 1973, des 12 pavillons de fonte, de fer et de verre construits sur les plans de Victor Baltard à partir de 1854. Je dois avoir des photos, mais je ne sais pas où elles sont. Le projet retenu pour les remplacer est celui des architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti, avec l’entreprise Vinci : un immense abri, la canopée (terme popularisé par le botaniste Francis Hallé après ses explorations de la couche supérieure de certaines forêts tropicales) rend grâce symboliquement à la protection de la nature mais n’est pas nécessairement adapté pour désigner ce qui se passera en dessous (une espèce de nuit peuplée de serpents, d’araignées et de rats) alors que la rénovation vise la sécurité des transports et des commerces. On n’a pas aimé la démolition des Pavillons, on n’a pas aimé le Forum. La question se pose : aimera-t-on la Canopée ?

C’est écrit dessus, il s’agit non pas d’une destruction, d’une démolition, d’un démontage. Ni même d’une déconstruction (le mot est employé quand il s’agit de faire propre et de récupérer des matériaux). C’est un démantèlement prudent (la vente et la circulation continuent, il y a eu un incident dans le magasin H&M).
La destruction des pavillons Baltard en 1971. Photo ©Jean-Claude Gautrand.
Dossier : Sori Yanagi (1915-2011)

La presse française n’a pas mentionné, me semble-t-il, la mort de Sori Yanagi (柳宗理) le 25 décembre dernier. Je l’apprends en écoutant l’émission d’architecture de François Chaslin sur France culture, ce dimanche 8 janvier 2012. Au milieu des années 90, L. avait fait acheter pour le département d’arts plastiques de Paris 8, des tabourets Elephant (1954) — encore fabriqués en résine de polyester armée de fibre de verre. Je connaissais son nom et certains de ses objets (le tabouret Butterfly, une célèbre théière, etc.) quand, en octobre 2000, ayant donné un entretien pour la télévision NHK, j’ai reçu en cadeau un écrin de 10 couverts Yanagi « de luxe » — avec manches en bois. Je remarquais alors des objets de lui un peu partout au Japon (une bouilloire, des ustensiles, des couverts, des tasses). J’ai vu, en 2001, au grand magasin Parco d’Osaka, une tasse de porcelaine fine bone china (1990) de taille moyenne, fabriquée par Nikko à Kanazawa. C’était La Tasse par excellence. J’en ai acheté une pour le 88e anniversaire de mon père. En 2002, j’ai acheté des couverts pour tous les jours. En novembre 2003, à Tokyo, L. et moi avons acheté d’autres tasses blanches, et des petites aussi. En février 2011, visitant le Mingei Kan (musée d’art populaire à Tokyo) fondé par le philosophe Soetsu Yanagi, le père de Sori Yanagi, j’ai choisi de rapporter une assiette en céramique noire et verte qui est un classique des emprunts de Sori Yanagi aux arts traditionnels populaires.
Voici donc le dossier de jlggbblog propose en hommage à ce grand designer.
Extrait de l’émission Métropolitains de François Chaslin consacré à Sori Yanagi le 8 janvier 2012, cliquer ici : Yanagi-Chaslin-2012
« Une assiette à deux couleurs d’émaux juxtaposées de Sori Yanagi »
Vidéo du 19 janvier 2007, mise en ligne à l’occasion de l’exposition Sori Yanagi au Musée national d’art moderne de Tokyo.Sur les sites Domus, ou Designboom, on trouve ce témoignage de Jasper Morrison :
Jasper Morrison has sent us a tribute to sori yanagi, a key figure in the reconciliation among craft and industry who died on dec. 25, 2011. Over the course of a career that spanned more than 60 years, Yanagi created a vast array of industrial objects for a quotidian use with an emphasis on simplicity, practicality and natural beauty.
Sori Yanagi, the japanese designer famous for his butterfly stool, made from two identical plywood mouldings, has died in Tokyo aged 96. His career spanned a period which saw the birth of post war japan’s industrialisation and it’s relatively recent surrender to Korea and China as factory floors for the world’s electronic goods.
Yanagi was born in Tokyo in 1915 and grew up in the Japanese equivalent of an arts and crafts house across the street from the Mingei Kan (japanese crafts museum) which his father Soetsu established together with the ceramicists Shoji Hamada and Kanjiro Kawai. Their understanding of korean and japanese folk art was based on an intuitive appreciation of the beauty of things made unselfconsciously, and the discussions which their discoveries provoked, led to a cultural awakening in pre-war japan which had long been absent.
The inadequacy of industrial production and the importance and superiority of objects made by hand for unpretencious everyday purposes was a constant theme of his father’s essays and looking at the hundreds of everyday objects which resulted from yanagi’s six decade design career, from manhole covers to tea cups and drinking water fountains, it seems the message was well received, each one of them having about it all the spirit an object needs to overcome the orphan-like disadvantages of an industrial birth.
His students days were marked by the teaching of Charlotte Perriand, the french designer responsible for most of the furniture attributed to Le Corbusier, who travelled to japan in the 1940’s on a government grant with a mission to inspire young Japanese designers. In 1957 he travelled to Milan, then in its hey day as the design capital of the world, for the 11th Milan triennale where he exhibited his butterfly stool. Back in Tokyo his design office finally settled in the studio where he was to continue working for the last 4 decades of his career.
I was lucky enough to visit Sori Yanagi’s studio, a half submerged day-lit cube in a modernist building of the 1970’s. The room was no bigger than 40 square metres, and manouvreability limited to narrow passages between islands of models, books and industrial samples. at the time, assistants were busy modelling saucepan handles, while I took in the atmosphere. It was evident that for sori yanagi a design needed to be modelled, in the original sense of the word, before it could be drawn up for production.
In recent years his kitchenware designs have attracted something of a cult following, appreciated for there usefulness as much as their beauty. It seems probable that sori yanagi spent his life trying to invent a future for his father’s appreciation of things, reconciling the two worlds of craft and industry by adapting the benefits of the handmade with the advantages of industrial production, with a mind and an eye trained from an early age to know how to do it.
His recent decline in health combined with a certain lack of attention from Europe’s design media and institutions, denied the west the retrospective exhibition and magazine coverage he deserved. Though he rarely made public appearances in later years, in 2006 he attended an exhibition curated by Naoto Fukasawa and myself called Super Normal, which featured a number of his pieces.
Wandering among the exhibits he stopped to appreciate some of them, finally settling on a salad bowl with combined strainer that he had designed several years earlier « it’s beautiful, who did it? » he asked with a slight smile and twinkling eyes.
Un tiramisu pour deux (bis)

Vendredi 6 janvier 2012, 19h, café Pause café, rue de Charonne, 11e. Déjà, le jeudi 22 septembre 2011, au restaurant Pasta e Fagioli di Lucca, rue Claude Bernard, Paris 5e, le tiramisu pour deux s’imposait comme cliché. Un cliché, ça se répète et — ça tombe bien — l’envie d’un dessert, ça se répète aussi. Ce tiramisu a obtenu la note 14. L’autre n’avait que 13.
Celui de septembre 2011. On appréciera la concordance des couleurs ! — Sans artifice.
Le réchauffement de la planète

Vendredi 6 janvier 2012, 16h, café Le Flore en l’Île, Île Saint-Louis, Paris, 4e. Si on s’arrête ici, en faisant abstraction de l’accordéon parisien et du prix de l’expresso — pour justifier ce prix, on nous sert des truffes au chocolat hors limite et deux verres d’eau du robinet —, c’est pour les rayons de soleil. Le réchauffement de la planète y est vu par le petit bout de la lorgnette : cet hiver, on n’a pas d’hiver.
Le geste pour saisir le signal d’alarme

Vendredi 6 janvier 2012, 14h30, visite de l’exposition du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris : Walter Benjamin. Archives (belle scénographie).
Reproduction : Walter Benjamin, « écrits et fiches, 2.10 », du livre Walter Benjamin. Archives, Klincksieck, 2011. Transcription : « Marx sagt, die Revolutionen sind die Lokomotiven der Weltgeschichte. Aber vielleicht ist dem gänzlich anders. Vielleicht sind die Revolutionen der Griff des in diesem Zuge reisenden Menschengeschlechts nach der Notbremse. » Traduction : « Marx dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire. Mais peut-être en va-t-il tout autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme. » Walter Benjamin, vers 1940 (belle écriture).
L’enceinte de Philippe-Auguste et des élèves du lycée Charlemagne

Vendredi 6 janvier 2012, 13h47, devant le lycée Charlemagne, 14 rue Charlemagne, Paris 4e, du côté de l’enceinte de Philippe-Auguste — qui ressort particulièrement dans la lumière aujourd’hui. Pour une fois, la photo n’est pas un décor vide.
Autre chose : comme avec les arbres du Luxembourg d’il y a quelques jours, on teste un « faux Rolleiflex », une manière de faire des photos carrées par l’addition (logiciel Double Take) de deux photos format 4 x 3 prises avec le GR IV. Une façon de retrouver le grand style de l’époque où la photographie cherchait à inscrire véritablement le réel de façon auto-ordonnée (pour faire court : Doisneau plutôt que Cartier-Bresson). Je m’explique : ce qui est intéressant dans une image comme ça, c’est qu’on puisse voir, dans une même perspective, aussi bien les bâtiments se détacher sur le ciel que la façon dont de jeunes personnes font fonctionner leurs choix de chaussures dans leur milieu. Il faut donc le haut ET le bas.









