Penser à la couleur

rose rouge vert noir
Mercredi 30 octobre 2013, 13h50, Genève. Au Volt Bar, rue de l’École-de-Médecine, ce qui se présente est comme un rappel : penser à la Couleur des jours. Faire ce blog avec des visites et des archives ne suffit pas, il faut des notations. Voir : https://jlggb.net/blog3/?p=6432; https://jlggb.net/blog3/?p=5996; https://jlggb.net/blog3/?p=5386; https://jlggb.net/blog3/?p=4650; https://jlggb.net/blog3/?p=3684; https://jlggb.net/blog3/?p=1533.

Soba choko : production

dainichi crue pers
Dimanche 27 octobre 2013. Retour sur les « soba choko » (2). La tasse est ici non peinte et avant cuisson, nettement plus grande qu’elle ne sera après être passée au four : 85 mm, 65 mm, 70 mm (la photo est à la même échelle que celles ci-dessous). C’est peut-être là ce qu’on nomme au Japon forme parfaite, devenue impersonnelle dans sa perfection. Il faudrait engager une production expérimentale, qui laisserait résolument inchangées la forme en tronc de cône, ses proportions et même ses dimensions, mais qui chercherait une façon programmée et automatisée de croiser un vocabulaire de motifs populaires historiques et la sensibilité des lignes au pinceau. L’accent serait mis sur des pièces uniques mais dans le registre d’une variation obtenue par un branchement sur le corps, sur la main, qui renverrait donc ironiquement à celle du « fait main ». C’est ce qui me vient à l’idée à partir de cette ébauche qui m’a été donnée à l’atelier Dainichi le 26 septembre dernier, dont on peut penser qu’elle provient elle-même d’une fabrication par moulage mécanisée.

Soba choko : collection

keizan boutons pers
keizan fleur pers
keizan rayures pers
keizan zigzag pers
dainichi bambou pers
dainichi fleur pers
dainichi mickey pers
dainichi vagues pers
Dimanche 27 octobre 2013. Retour sur les « soba choko » (1). On voit ici un choix de deux séries de quatre de ces tasses, dont on rappelle qu’elles sont en principe destinées à manger les pâtes de soba (sarrasin) en les trempant dans le bouillon qui les accompagne. Les premières sont du four Keizan à Arita (le berceau de la porcelaine japonaise venue de Chine et de Corée, et en particulier de la porcelaine blanche et bleue) : la porcelaine est très blanche, légèrement bleutée et transparente. Les dernières sont du four Dainichi, dans un village proche : la porcelaine est un peu plus épaisse et plus rustique. Les dimensions sont comparables : 75 mm de diamètre en haut, 60 mm de diamètre en bas, 60 mm de hauteur. La décoration est peinte au pinceau à la main avant cuisson, ce qui donne un bleu sous glaçure sur fond blanc. Les motifs de ces deux séries s’apparentent à la tradition populaire (soulignée par le mouvement Mingei), avec une tendance plus marquée à Dainichi. On a vu dans les visites documentées dans des billets précédents que l’atelier Keizan est de taille moyenne alors que l’atelier Dainichi est de trois personnes. La forme en tronc de cône — un gobelet « démocratique » car il permet l’empilement — a historiquement connu, et peut connaître, des variantes. Mais elle donne à toute collection de soba choko une unité étonnante. La variation extrême des motifs dans l’unité de la forme est, de façon certaine, la source d’une vocation à la collection qui est avérée par les ouvrages qui leur sont consacrés (voir : http://jlggb.net/blog/?p=133). Dans les magasins d’ateliers, cette variation est souvent mise en scène et stimule l’acquisition et la collection.

Qu’est-ce qu’un mouchoir ?

lu kroll 2
Vendredi 25 octobre 2013, 15h, Nantes. Au Lieu unique, une exposition à l’initiative de Patrick Bouchain (qui fut l’aménageur de cette ancienne fabrique de biscuits et, parmi nombre de réalisations, du théâtre de Gennevilliers cité précédemment) dédiée aux architectes, urbanistes et paysagistes Simone et Lucien Kroll. Difficile de photographier une exposition faite de documents et d’événements. On s’intéresse à l’envers du décor, comme on l’avait travaillé dans nos expositions Image calculée (1988), Artifices (1992), etc., Jouable (2004) : les châssis, faits de battants — termes professionnels du théâtre — emploient ces triangles de contreplaqué comme renforts de l’équerrage que l’on nomme mouchoirs.

Mobiles

calder snow flurry 1950
calder black and blue 1975
Mercredi 23 octobre 2013, 20:18, 20:27, Grand Palais, inauguration de la FIAC. Alexander Calder, Snow Flurry, 1950, galerie xxx — une pièce identique (?) a été vendue en 2012 chez Christie’s à New York pour 10 000 000 de dollars. Alexander Calder, Black and Blue (c’est le disque à gauche qui est bleu), 1975, galerie Van de Weghe Fine Art. Magnétiques et inusables mobiles. Avec une raison particulière de les regarder de près, dont j’espère avoir l’occasion de parler.

À mes lecteurs

Lundi 21 octobre 2013. Les deux semaines passées au Japon du 17 au 30 septembre auront donné lieu à 36 billets. Il aura fallu tout ce temps pour les construire et les mettre en ligne. Pour les consulter, il convient donc de remonter au 17 septembre 2013. Mais le Japon s’était infiltré avant et semble vouloir insister.

Current Location de Toshiki Okada

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Vendredi 18 octobre 2013, 20h — 22h, théâtre de Gennevilliers. Current Location de Toshiki Okada (Yokohama, 1973) est une pièce de science-fiction relative au Japon du 11 mars 2011 et à ses suites catastrophiques. Sept personnages de femmes, pas d’action mais des gestes, des déplacements obéissant à une chorégraphie discrète et une parole continue, sur l’incertitude, l’anxiété, les tensions, les différences de compréhension de la situation passée, présente et à venir. Les actrices ne sortent jamais de scène : quand elles cessent de parler, elles deviennent spectatrices, sur le plateau lui-même.