Enfin, la rue de Montreuil en travaux


Lundi 5 mars 2012, 16h. Parce que, depuis le néolithique, la rue de Montreuil, Paris 11e, est restée un axe de circulation pour entrer dans Paris, on ne l’a pas touchée et l’on a laissé s’y installer une circulation rapide. Les trottoirs y sont souvent dangereusement étroits et inconfortables. Il semble que les choses sont en train de changer : élargissement du trottoir nord sur plusieurs longueurs, piste cyclable protégée au sud. Les travaux ne sont pas révolutionnaires, mais on apprécie cet acte raisonnable qui s’est fait tellement attendre.

Robert Doisneau : La queue de l’Hôtel de ville


Samedi 3 mars 2012, 13h30, rue de Rivoli, Paris, 4e, Hôtel de ville. Devant l’entrée de l’exposition (gratuite) des photos de Robert Doisneau sur les Halles de Paris (pas vue), une queue de 250 mètres. On dit qu’aujourd’hui on ne peut plus photographier les gens dans la rue. Ce n’est pas si sûr, encore faut-il essayer. D’une certaine façon, si les personnes trouvent normal ici qu’on les photographie, c’est qu’elles s’inscrivent dans le groupe et le lieu normal des visiteurs de l’exposition. On peut alors dire qu’elles sont « mises en scène » par Doisneau lui-même, selon son habitude. Doisneau ne « chasse » pas ses sujets, il attend, il fait en sorte que les personnages entrent dans son cadre, dans son décor. J’ai souvent remarqué que, contrairement aux apparences et aux idées reçues, Doisneau est le photographe des lieux avant d’être celui des personnes.


Robert Doisneau, Le Baiser de l’Hôtel de ville, 1950. La plus célèbre de ses photos, qui fut l’occasion de comprendre qu’il n’était pas le photographe de l’instantané volé qu’on disait. [dr]

Shed photovoltaïque


Dimanche 19 février 2012, 14h50, rue Pajol, Paris 18e. Passant devant des entrepôts au toit en shed remarquable, que nous avons connus comme squats plus ou moins culturels, nous constatons qu’ils sont en cours de transformation. La mairie du 18e écrit :

Avec les 3 500m² de panneaux solaires photovoltaïques installés sur son toit, la Halle Pajol deviendra la plus grande centrale solaire photovoltaïque de centre-ville en France ! Avec la rénovation de sa structure métallique, elle aura des allures d’ombrelle posée sur un jardin luxuriant et surplombant une auberge de jeunesse de 330 lits, une bibliothèque de 30 000 ouvrages, une salle de spectacles et des locaux d’activités.

Journée portes ouvertes






Mercredi 18 janvier 2012, 14h-18h, Genève. Journée portes ouvertes à l’école d’art. J’en profite pour sortir et faire un grand tour. Après Plainpalais et le BAC pour l’exposition des photographies « volées » dans le métro parisien de Chris Marker, Passengers, je vais aux Eaux vives où je vois le jet d’eau, pour la première fois du plus près possible. Je prends le bateau navette La Mouette jusqu’aux Paquis, puis de nouveau jusqu’à la place Mollard. Pour voir l’exposition de Damien Hist, The Complete Spot Paintings, je sonne au 19 place de Longemalle pour accéder au premier étage, à la galerie Gagosian (l’affichette est en Cooper Black). Ayant traversé les magasins Globus et Coop, je passe le pont de la Machine, je remonte jusqu’au magasin Manor. La mention « RR » est énigmatique. Il faut avoir connu, il y a dix ans au moins, le panneau lumineux « Rez Rousseau » pour le décrypter. À Genève on dit couramment rez pour rez-de-chaussée et celui-ci est au niveau de la rue Jean-Jacques Rousseau; l’autre, le « RC », est au niveau de la rue de Coutance. Dans le bâtiment James Fazy de l’école, je visite l’atelier de fabrication numérique et je tombe sur le masque mortuaire de Rousseau, reproduit à la prototypeuse à poudre, à la demande d’une exposition de la Ville. L’exemplaire qui est là a connu quelques défaillances, il lui manque quelques couches. Objet intéressant.

300e anniversaire : l’île Rousseau de Genève est rénovée


Lundi 16 janvier 2012 (jour de mon 67e anniversaire — Rousseau a vécu 66 ans), 13h (juste avant la séance avec les élèves du collège Rousseau pour le projet « Rousseau retrouvé »). Il en était question, maintenant c’est fait, l’île Rousseau de Genève est rénovée (à l’occasion du 300e anniversaire). L’espace a été éclairci, nettoyé, mais aussi aménagé, et ce n’est pas très heureux : il y a une espèce de toit cylindrique pour des panneaux et des vidéos. Mais il s’agit probablement d’une scénographie liée à l’événement, provisoire. Les grands platanes sont là, mais pas les peupliers promis, ou alors ils sont encore petits (car l’île, inaugurée en 1835, se réfère à l’île des peupliers d’Ermenonville). Ce qui ressemble à une bonne initiative : la statue (James Pradier, 1830) a été tournée vers les promeneurs qui arrivent par les passerelles. On dit qu’elle était tournée ainsi à l’origine. Pourtant, à partir de la façon dont Rousseau préfère la fête au théâtre (Lettre à d’Alembert sur les spectacles), on pourrait formuler la remarque suivante : avant, la statue faisait face au lac, certes barré par le pont du Mont Blanc, une véritable autoroute. Mais avant, on pensait à ce qui se présentait à Rousseau (« Il me fallait cependant un lac » dit-il à propos de l’écriture de La Nouvelle Héloïse dans Les Confessions, Livre neuvième), Rousseau et nous regardions ensemble le lac. Maintenant, le lac sert de décor à une statue, à un Rousseau qu’on donne en spectacle, car on pense aux « gens », aux touristes. C’est peut-être ça le rousseauisme du XXIe siècle.

L’enceinte de Philippe-Auguste et des élèves du lycée Charlemagne


Vendredi 6 janvier 2012, 13h47, devant le lycée Charlemagne, 14 rue Charlemagne, Paris 4e, du côté de l’enceinte de Philippe-Auguste — qui ressort particulièrement dans la lumière aujourd’hui. Pour une fois, la photo n’est pas un décor vide.
Autre chose : comme avec les arbres du Luxembourg d’il y a quelques jours, on teste un « faux Rolleiflex », une manière de faire des photos carrées par l’addition (logiciel Double Take) de deux photos format 4 x 3 prises avec le GR IV. Une façon de retrouver le grand style de l’époque où la photographie cherchait à inscrire véritablement le réel de façon auto-ordonnée (pour faire court : Doisneau plutôt que Cartier-Bresson). Je m’explique : ce qui est intéressant dans une image comme ça, c’est qu’on puisse voir, dans une même perspective, aussi bien les bâtiments se détacher sur le ciel que la façon dont de jeunes personnes font fonctionner leurs choix de chaussures dans leur milieu. Il faut donc le haut ET le bas.

Les Bords du lac, immeubles de Jean-Louis Chanéac

Vendredi 23 décembre 2011, 11h-12h30, observation des immeubles construits par Jean-Louis Chanéac (voir sa maison d’Aix-les-Bains, 1976) entre 1972 et 1980 : 1, 3, 5, rue des Goélands à Aix-les-Bains. La suite de trois bâtiments séparés par de larges trouées est comme une montagne coupée de gorges. On peut voir cette « chaîne », dont les faces sont parallèles au plateau du Revard à l’est et à la ligne de crête de la Dent du Chat à l’ouest, comme leurs répliques à la fois concrètes et symboliques. La variation des volumes, comme la diversité des aménagements, sont remarquables. On remarque que des pièces situées à l’est, du côté de la ville et du Revard, ont malgré tout une loggia tournée vers le lac et la Dent du Chat. La première photographie montre la vue depuis « Les Bords du lac ».

Une rue de la Paix


Jeudi 22 décembre 2011, 13h30, Aix-les-Bains. Une plaque intéressante. Mais pourquoi donc cette petite rue (100 mètres à peine, entre l’avenue de Marlioz et le boulevard de Russie), « insignifiante », se nomme « de la Paix » ? A-t-elle été ouverte à une date significative pour la paix ? La rue parallèle la plus proche se nomme « rue de l’Avenir ». Il y a aussi, plus loin, une (longue) avenue de la Liberté. On pourrait s’amuser à chercher les « rues de la Paix » partout, et à en faire l’atlas.

Note du même jour à 23h20 : Le site du Patrimoine d’Aix-les-Bains indique : Cet ancien chemin est élargi pour devenir une rue au début du XXe siècle. Le conseil municipal lui donne le nom de rue de la Paix par délibération du 8 mars 1913.