Puissance décorative de la couleur géométrique



Samedi 10 mars 2012, 16h, musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds. À travers une grande rétrospective, on découvre Claude Loewer (1917-2006), artiste né à la Chaux-de-Fonds. Son abstraction, très géométrique, très colorée, peut le rattacher à l’art concret suisse et à Max Bill. Mais il va positivement vers le décoratif. Ainsi, ses tapisseries, ses céramiques : Prométhée, tapisserie d’Aubusson, 1968; table de céramique, 1971-1972.

Félix Vallotton au musée de la Chaux-de-Fonds



Félix Vallotton, 1865-1925, Nu à l’écharpe verte, 1914, huile sur toile.


Samedi 10 mars 2012, 16h, musée des Beaux-Arts de la Chaux-de-Fonds, la salle où se trouvent les deux Vallotton. Voir les originaux, les regarder de près, et éventuellement les photographier.



Félix Vallotton, 1865-1925, Paysage de la Creuse, 1925, huile sur toile.

Je suis toujours trop jeune et trop vieux




Dimanche 19 février 2012, 16h-17h20, théâtre des Bouffes du Nord, 37bis boulevard de la Chapelle, Paris 10e. C’est la dernière de la reprise du « concert scénique » de Heiner Goebbels, Max Black (créé en 1998), avec le génial André Wilms qui dit un agencement de textes de Paul Valéry, de Georg Christoph Lichtenberg, de Ludwig Wittgenstein (professeur de Max Black à Cambridge) et de Max Black lui-même, philosophe et mathématicien (1909-1988). Chaque geste, chaque déplacement, est un événement sonore et, le plus souvent, lumineux : ampoules, projecteurs, flammes, feux d’artifice (pyrotechnie par Pierre-Alain Hubert). Ça parle de logique et de jeux de langage. C’est extrêmement réjouissant. On n’a pas le droit de photographier et de filmer pendant le spectacle. Je note cette phrase, dite par l’interrupteur de la lampe de bureau : « Je suis toujours trop jeune et trop vieux ». Je me souviens avoir été, dans ma jeunesse, photographe de théâtre (photo du milieu). Au début, André Wilms est sur scène alors que le public s’installe (ce sera plein, on verra bientôt, au 4e rang du parterre, l’ancien maître du lieu, Peter Brook, chemise turquoise et pull sombre sur les épaules, photo du haut) et, à la fin, le public reste, fasciné par la lumière et par les machines-instruments (photo du bas).

À lire :
« André Wilms n’aime pas les fleuves tranquilles », par Fabienne Darge
Article du Monde, 17 février 2012 Continuer la lecture de Je suis toujours trop jeune et trop vieux

Des archives : F3, 1969


Samedi 18 février 2012, 13h30. J’avais fait fabriquer cette enseigne en néon (de couleur verte) pour le « spectacle-environnement » F3 ou une leçon d’observation, « un ensemble programmé de propositions plastiques constituant l’image d’un appartement que les spectateurs sont invités à visiter par groupes de 15 sous la conduite d’un comédien-démonstrateur », monté au théâtre (expérimental) Les Drapiers à Strasbourg (le premier étage d’une brasserie) du 3 au 24 mai 1969, avec Jean-Louis Boucher et Michel Séméniako. Ce document pour se placer dans l’effet de rétrospective du « néon d’art » auquel on assiste (mais qui est aussi une clôture, car le néon est aujourd’hui techniquement et écologiquement condamné).

Néon néon


Vendredi 17 février 2012, 15h51. L’offensive néon ne pouvait pas rester sans réplique. J’avais repéré depuis longtemps, chez Zaoui, Électricité générale, 29 rue de Cotte, Paris 12e, le mot néon écrit en néon, ou plus exactement un néon formant le mot néon et, qui plus est, faisant enseigne pour dire : ici on fait des enseignes en néons. En matière de tautologie conceptuelle, je ne voulais pas faire concurrence à Joseph Kosuth. Mais, l’ayant croisé hier soir et n’ayant rien remarqué chez lui qu’une tête à être né en 1945, je sors mon néon sur le mode readymade. Ce qui devrait compter car on sait que le readymade initial (Fountain) n’a même pas eu besoin d’exister autrement qu’en photo. Certes dans un catalogue, mais le blog fait l’affaire. Il faut reconnaître que le néon NEON de Kosuth date de 1965.

Vérification du readymade sous Google Street View. Il faut savoir que le néon clignote au rythme de la demie seconde environ, ce qui complique la prise de vue.

Trop de néons

Jeudi 16 février 2012, 19h-20h. Vernissage de l’exposition Néon,Who’s afraid of red, yellow and blue ? à La Maison rouge, boulevard de la Bastille, Paris. Attractif. Et d’ailleurs, il y a un monde fou. Maintenant on ne fait plus attention aux risques de chocs électriques ou de bris de verre que font courir ces œuvres aux visiteurs. En 1983, nous avions dû fermer Electra, au Musée d’art moderne, le temps de mettre une barrière autour d’une œuvre de Dan Flavin faite de tubes fluorescents. Or, le néon demande des tensions bien supérieures. Mais ne nous plaignons pas de la proximité retrouvée avec ces œuvres. Il y a quelques jours, ayant à imaginer un projet d’exposition qui croiserait lumière et écriture, il m’est venu à l’esprit de réunir des œuvres en néon. Mais j’ai immédiatement rejeté cette idée simpliste, considérant que les pièces se tueraient littéralement entre elles. L’exposition de ce soir confirme ça, mais pas entièrement. Les pièces, certaines d’entre elles, sont suffisamment singulières et signées, rattachées à des projets d’artistes. Il reste que l’effet magasin était inévitable. D’autant que la plupart des néons d’artistes citent ouvertement les enseignes, quand ce ne sont pas de pseudo readymades. Voir : https://jlggb.net/blog3/?p=836.


Jean-Michel Alberola, Die Armut, 2006, collection Antoine de Galbert.


John Armleder, Voltes V, 2004, collection Frank Cohen.


Tracey Emin, Just Love Me, 1986, collection Goetz.


Laurent Grasso, Éclipse, 2007, collection Krzentowski, Paris.


Joseph Kosuth, Neon, 1965, galerie Almine Rech.


Joseph Kosuth, Words are Deeds, 1991, galerie 1900:2000, Paris.


Piotr Kowalski, Pour qui ?, 1967, collection Andrea Kowalski, Paris.


Claude Lévêque, Rêvez !, galerie Kammel Mennour, Paris.


François Morrellet, Enchaînement n°8, 2011, galerie Aline Vidal, Paris.


Melik Ohanian, (G)host, 2006, galerie Chantal Crousel, Paris.

Pour toutes ces photographies : © Les artistes.

Journée portes ouvertes






Mercredi 18 janvier 2012, 14h-18h, Genève. Journée portes ouvertes à l’école d’art. J’en profite pour sortir et faire un grand tour. Après Plainpalais et le BAC pour l’exposition des photographies « volées » dans le métro parisien de Chris Marker, Passengers, je vais aux Eaux vives où je vois le jet d’eau, pour la première fois du plus près possible. Je prends le bateau navette La Mouette jusqu’aux Paquis, puis de nouveau jusqu’à la place Mollard. Pour voir l’exposition de Damien Hist, The Complete Spot Paintings, je sonne au 19 place de Longemalle pour accéder au premier étage, à la galerie Gagosian (l’affichette est en Cooper Black). Ayant traversé les magasins Globus et Coop, je passe le pont de la Machine, je remonte jusqu’au magasin Manor. La mention « RR » est énigmatique. Il faut avoir connu, il y a dix ans au moins, le panneau lumineux « Rez Rousseau » pour le décrypter. À Genève on dit couramment rez pour rez-de-chaussée et celui-ci est au niveau de la rue Jean-Jacques Rousseau; l’autre, le « RC », est au niveau de la rue de Coutance. Dans le bâtiment James Fazy de l’école, je visite l’atelier de fabrication numérique et je tombe sur le masque mortuaire de Rousseau, reproduit à la prototypeuse à poudre, à la demande d’une exposition de la Ville. L’exemplaire qui est là a connu quelques défaillances, il lui manque quelques couches. Objet intéressant.