
Vendredi 27 janvier 2012, 15h, rue des Fossés Saint-Jacques (place de l’Estrapade) Paris 5e. Si les « R » de « cordonnerie » ont comme des jambes qui marchent avec des chaussures, alors on peut parler de dénotation augmentée. Sans compter que les lettres découpées et clouées connotent le travail de la semelle.
Catégorie : Langage
Graffitis révolutionnaires rue Champollion

Mercredi 25 janvier 2012, 20h20, rue Champollion, Paris 5e — près de la Sorbonne et du cinéma Le Champo. « Tandis que monte notre colère / tandis que grandit notre colère ! » : ces graffitis ne sont pas des hiéroglyphes, mais ils entrent en résonance avec l’Égypte. Aujourd’hui, premier anniversaire de la place Tahrir, seraient-ils là sans la place Tahrir ? Le mur est blanc, la couleur orange est celle de l’éclairage public.
Entendu : Pierre Bergounioux sur Rousseau
« Nous n’avons que quatre philosophes […] Or ils présentent tous cette particularité de parler à proximité immédiate de la vie. »
Vendredi 20 janvier 2012, 18h30, Chambéry, salle du Manège, ouverture de l’année Rousseau avec plusieurs discours. Pierre Bergounioux, écrivain, fait, sans notes, une belle intervention en forme de leçon dont on peut écouter l’enregistrement ci-dessous :
300e anniversaire de Rousseau : http://circonstances.net/

Lundi 16 janvier 2012, 18h30, librairie Alexandre et Raymond Illi, 20 Grand-Rue à Genève (non loin de la maison natale de Rousseau). Une édition des œuvres complètes de Rousseau, la scène de l’« Idylle de Thônes » (qui nous a inspiré le projet Moments, voir ici) dans l’une de ses multiples représentations (ici Rousseau est gaucher, du fait de la copie). C’est l’occasion de lancer le site : http://circonstances.net/ où sont réunis des projets anciens et nouveaux : les installations et le CD-ROM Moments de Jean-Jacques Rousseau, 2000; l’exposition documentaire Les Jours de Jean-Jacques Rousseau, 2001; le projet « Rousseau retrouvé », 2012.
–
Plats à emporter, un projet anthropologique et linguistique

Samedi 14 janvier 2012, 20h, rue de Montreuil, Paris 11e. La pancarte lumineuse « Plats à emporter » (ce n’est pas à proprement parler une enseigne, plutôt une bannière, une injonction performative), étant l’objet d’un véritable travail de terrain, il faudrait lui trouver l’ancrage scientifique qu’il mérite, en faire un projet anthropologique et linguistique. Dans ces cas, il faut commencer par collectionner. À suivre ?
Littéralisme et contextualisme sont aux Délices d’Asie

Mardi 10 janvier 2012, 16h48, rue Saint-Antoine, métro Saint-Paul, traiteur « Les Délices d’Asie ». « Plats à emporter » fait partie de notre série « éloge du littéral » — voir par exemple « Néon littéral » du 11 juin 2011. Pourtant, c’est le contexte qui renvoie les mots du côté des actes de langage. C’est une désignation mais aussi une réalisation potentielle. Entre la signification linguistique déterminée et le sens que le contexte doit actualiser, c’est un débat qu’il faut soutenir (François Recanati, Le sens littéral, L’Éclat, 2007). À vrai dire, avec une enseigne de néon rouge, l’écart n’est pas si grand. Il fallait le demander à tous les artistes qui ont fait des mots avec du néon : Joseph Kosuth, Bruce Nauman, Mario Merz, Sarkis, Claude Lévêque, Jean-Michel Alberola, etc.
Contribution empirique à la discussion : prendre (emporter) une image est un geste qui appelle d’autres gestes, semble-t-il.
Le geste pour saisir le signal d’alarme

Vendredi 6 janvier 2012, 14h30, visite de l’exposition du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris : Walter Benjamin. Archives (belle scénographie).
Reproduction : Walter Benjamin, « écrits et fiches, 2.10 », du livre Walter Benjamin. Archives, Klincksieck, 2011. Transcription : « Marx sagt, die Revolutionen sind die Lokomotiven der Weltgeschichte. Aber vielleicht ist dem gänzlich anders. Vielleicht sind die Revolutionen der Griff des in diesem Zuge reisenden Menschengeschlechts nach der Notbremse. » Traduction : « Marx dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire. Mais peut-être en va-t-il tout autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme. » Walter Benjamin, vers 1940 (belle écriture).
Deux façons de tenir un blog

Mardi 3 janvier 2012, 17h, escalier ouest du sous-sol du Bazar de l’Hôtel de Ville. Pour rentrer de Saint-Denis, rien n’empêche, entre deux métros, de faire passer l’itinéraire par cet escalier. Si on veut tenir le blog avec, en moyenne, un billet par jour — ce qui est probablement trop —, on peut, premièrement s’en remettre au quotidien aléatoire, c’est efficace, avec le risque du narcissique, deuxièmement puiser dans le professionnel légitime, avec le risque du narcissique aussi. Le blog, c’est ça ET ça. Pour mémoire : mes petits films super 8 des années 1968-1970 étaient titrés : Deux façons de passer le temps, Deux façons de prendre des notes, etc.
Une rue de la Paix

Jeudi 22 décembre 2011, 13h30, Aix-les-Bains. Une plaque intéressante. Mais pourquoi donc cette petite rue (100 mètres à peine, entre l’avenue de Marlioz et le boulevard de Russie), « insignifiante », se nomme « de la Paix » ? A-t-elle été ouverte à une date significative pour la paix ? La rue parallèle la plus proche se nomme « rue de l’Avenir ». Il y a aussi, plus loin, une (longue) avenue de la Liberté. On pourrait s’amuser à chercher les « rues de la Paix » partout, et à en faire l’atlas.
Note du même jour à 23h20 : Le site du Patrimoine d’Aix-les-Bains indique : Cet ancien chemin est élargi pour devenir une rue au début du XXe siècle. Le conseil municipal lui donne le nom de rue de la Paix par délibération du 8 mars 1913.
Le tour du monde avec un moteur de recherche

Samedi 17 décembre, 17h-18h30, Paris, Musée du quai Branly, bibliothèque (salon de lecture). Gwenola W. fait ici une nouvelle présentation, sous forme de performance-conférence, de son Globodrome, un tour du monde dans le monde du Web (Google Earth, Street View, YouTube, etc.), qui est aussi un film bientôt publié, inspiré du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne. Voir : http://globodrome.com/.