Ambiance de travail, bis

bureau-bouteille1
Le Nice-Savoie, Aix-les-bains, lundi 15 juin 2009, 14h00. Comme il fait chaud, on ferme les rideaux. Une petite bouteille ancienne en verre vert, trouvée sur le terrain de Chindrieux il y a trois ans, a été élue récemment comme vase symétrique de la porcelaine « Form 2000 » de Rosenthal et Raymond Loewy (voir « Ambiance de travail » du 26 mars 2009). Les deux tiges ont été cueillies dans la cour il y a trois jours, en boutons. Ce matin, en l’espace de quelques dizaines de minutes, deux fleurs se sont ouvertes. C’est la qualité de cette fleur, l’hémérocalle, d’être ainsi la « beauté d’un jour », du grec hemera, jour et kallos, beauté, daylily en anglais, ou encore Hemerocallis fulva, du latin fulva, jaune-orangé, famille des liliaceae.

Belvédère

tour-jardin
tour
Aix-les-Bains, Tour de Saint-Simond, dimanche 14 juin 2009, 10h30.

Le site du patrimoine d’Aix-les-Bains donne ces indications historiques :
La tour fut probablement construite au début du XIXe siècle. Elle servait de belvédère, sa hauteur permettant d’apercevoir le lac. Dès 1830, elle est mentionnée dans les guides touristiques sous l’appellation de Tour de Monsieur Eustache. Il était possible de la visiter et de monter à son sommet. Cependant, en 1872, le docteur Forestier signale qu’elle n’est plus accessible. Lors du démembrement de la propriété, en 1893, la tour fut vendue avec la maison de maître et son jardin. Elle devint villa de villégiature au XXe siècle. En 1940, l’architecte aixois, Pierre Guilland, ajouta un pavillon.

Il est à noter que l’emplacement de la tour est particulièrement bon pour saisir le site d’Aix-les-bains dans son ensemble : c’est une partie élevée et centrale d’où l’on voit la vallée d’Aix vers le nord et vers le sud, vers l’ouest le lac et la montagne de la Dent du Chat, vers l’est le Mont Revard mais aussi le paysage vallonné qui est en dessous.

Remarque historique : la rotonde de la Tour de Monsieur Eustache est très proche, par sa structure et par sa technique de construction, des kiosques qui lui sont contemporains, mais aussi des panoramas de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Il faut rappeler l’engouement de cette époque pour les panoramas de toiles peintes et le grand nombre des constructions qui l’on accompagné, aujourd’hui disparues pour la plupart. On a ici un belvédère-panorama.

Remarque littéraire : les cerisiers proches ne sont peut-être pas là par hasard. Y aurait-il une relation entre belvédère et cerises ? Oui, chez Rousseau. L’Idylle des cerises consiste à trouver un observatoire surplombant. D’accord, Rousseau n’aime pas les vues d’ensemble, il est myope. Il n’empêche : le duo de cerises jeté est (entre autres) une figure du regard lancé. Voir : « 14.06.2002 : L’idylle de Thônes (une histoire d’échelle et de cerises) », billet du « Blog d’avant le blog » en date du 14 juin 2002, il y a très exactement 7 ans.

rousseau-cerises

Camille Roqueplan, Rousseau cueillant des cerises, 1836,
aquarelle, Musée-Château d’Annecy, détail.

La couleur des cerises

cerises-vermillon
cerises-noires
Aix-les-Bains, dimanche 14 juin 2009, 10h.

Les deux cerisiers sont voisins de la Tour de Saint-Simond (dans son ancien verger ?). Les cerises noires sont très mûres, très bonnes, l’arbre en est plein, on dirait que personne n’en a cueilli. Idem pour les griottes vermillon translucides, sauf qu’elles sont plus difficiles à manger. 2009 est une année à cerises.

Remarque sur les couleurs : on range sans difficulté le « vermillon » et le « noir » sous le mot rouge, « la couleur des cerises ».

sampling
Échantillons des deux photographies ci-dessus.

Remarque sur cerises et belvédère : voir le billet « Belvédère » du même jour.

plus minus zero minuteur

plusminuszero

Le nom de Naoto Fukasawa revient régulièrement dans ce blog : magasin Plus Minus Zero à Aoyama, Tokyo, lampestoaster, porte-manteau, « super-normal », etc. Parfois son nom ne devrait pas apparaître, Muji oblige. Cette fois c’est au contraire « sa marque » : http://www.plusminuszero.jp/. Les petits objets de la série « 2.5R », Plus Minus Zero 5e édition, 2008, sont vendus à 3 ou 4 endroits à Paris. Minimalisme aristocratique. Ce que la photo ne rend pas : une texture au grain soyeux. Bel objet.

2e280a25r

« 2.5R » is the name given to a series of products of dimensions 58.5mm x 58.5mm x 29.3mm – a square of a size that fits comfortably in the hand – and which have different functions. The name comes from the fact that the corners of these boxes all have an R of 2.5mm. A long time ago, the corners of wooden furniture and fixtures were not rounded; the corners were planed off, and this « chamfering » relaxed any excessive sharpness. Since the size of this chamfering translated into an R of 2.5mm, 2.5R is a roundness of the corners that feels comfortable to the touch. These gentle boxes, like building blocks, are a platform to bind together different products. Joining the 2.5R series line-up this time is an analog alarm clock, a thermometer/hygrometer, an LCD alarm clock and a digital timer.

minuteur-plusminuszero
Vendredi 12 juin 2009, 16h. Plus Minus Zero, Japon, digital timer, 2008.

2 rue de la Liberté

Ce bâtiment a été construit au cours de l’été 1980 pour recevoir l’Université Paris 8 déplacée du Bois de Vincennes (voir : 28 janvier 2008, « L’illumination de Vincennes »). La fréquentation prolongée de ces lieux a empêché de les voir vraiment. Si tant est qu’on puisse jamais voir vraiment quoi que ce soit. C’est peut-être le début d’une série de photographies. Car l’idée de photographier n’était pas venue jusqu’à ce jour, ou presque (voir : « 18 juin 2008, salle A-072 »).

fac-hall-ciel
fac-hall-sol
Mardi 9 juin 2009, 11h50, hall de l’Université Paris 8, 2 rue de la Liberté, Saint-Denis.

Cousable

lalya-workshop
Workshop à la galerie Ars Longa, Paris, vendredi 5 juin 2009, 18h15.

lalya-portrait
Lalya G., Paris, samedi 6 juin 2009, 15h.

Lalya G. est artiste et ingénieur, chercheuse et enseignante, malienne et suédoise (elle travaille à Göteborg). Elle parle le français comme à Genève où elle est née. Le 5 juin 2009, elle propose à la galerie Ars Longa, Paris, un workshop sur la captation sonore obtenue par des techno wear, des vêtements contenant de l’électronique et de l’informatique. Les micro-contrôleurs que l’on peut coudre (cousables) se nomment Arduino Lilypad.

lilypad

Micro-contrôleur Lilypad.

Le lien par anticipation

plagiat-bayard
Pierre Bayard, Le Plagiat par anticipation, Minuit, 2009.

Dans les billets du 9 janvier 2009 : « Appel à reconnaissance de forme », puis du 1er février 2009 : « Le mot Haken », se formait l’histoire de la recherche d’identification d’un objet (un porte-manteau) qui allait de Nice à Berlin en passant par Paris. Or voilà qu’avec « Le blog d’avant le blog », petit coup de théâtre, ce même objet apparaît, photographié dans les toilettes du Kunstmuseum de Bâle, le 13 juillet 2005. On pourrait prendre cela pour une prémonition, pour un intérêt inabouti ou pour une interprétation rétrospective. Compte tenu du succès de l’enquête (le porte-manteau a été identifié comme produit de Lubeck Beschläge, Mommsenstraße 4, 42289 Wuppertal) il faut parler de « découverte par anticipation », à la manière de Pierre Bayard qui a démontré la nécessité de la notion de « plagiat par anticipation ». Certes, la première apparition du porte-manteau à Bâle, avant Nice, ne devait pas conduire à une investigation particulière, mais elle n’en constituait pas moins une élection qui ne devait prendre tout son sens que trois ans et demi après et mériter alors le qualificatif  d’anticipation. Le manque qui s’est exprimé en janvier ne disposait-il pas, sans éveiller le moins du monde la conscience, d’une satisfaction potentielle dans son lieu même, ce blog ?

Les trois photographies ci-dessous, qui attendaient, attestent incontestablement une destination, doublement méritée aujourd’hui, qui leur épargne le classement en « blog d’avant le blog ». Une question se pose alors : faut-il, dans un blog basé sur la chronologie et les liens rétrospectifs, placer des « liens par anticipation » ? Autrement dit, lier les billets « Appel à reconnaissance de forme » et « Le mot Haken » à celui-ci.

bale-urinoirs
bale-wc
bale-patere
Perfection de la laque grise. Toilettes du Kunstmuseum de Bâle, 13 juillet 2005 à 12h30.

hook_alu
haken
Pour mémoire, les exemplaires de Nice et de Berlin.
Les différences sont des variantes de tailles du même modèle.

Le premier Macintosh

macintosh-1984
Saint-Denis, jeudi 4 juin 2009, 18h.

Cet ordinateur Macintosh a été acheté en mai 1984, il y a donc maintenant 25 ans. Il fonctionne très bien. Ce premier modèle, lancé en janvier 1984, a 128 Ko de mémoire, un écran 9 pouces monochrome (1 bit) de 512 x 342 pixels, un lecteur de disquettes 400 Ko 3,5 pouces. Comme il n’y a qu’un lecteur de disquettes (pas de disque dur), on commence par charger le système puis la disquette s’éjecte, on charge ensuite le logiciel de travail, etc. MacPaint, MacWrite et MacDraw, étaient les trois logiciels disponibles, contenus, comme le système d’exploitation, sur une disquette. Ce nouvel ordinateur d’Apple représenta une révolution dans les ordinateurs personnels et au delà. Le design est de Hartmut Esslinger, Frogdesign. Il y eu ensuite, avec une forme semblable, le Macintosh 512K, le Mac Plus, le Mac SE, le Mac SE/30, le Mac Classic.

mo110f
La plaque à l’arrière de ce même ordinateur.