Décor intéressant (Hôtel)

Il y a dans la rue Bichat (Paris, Xe), dans son extrémité haute, presque à l’angle de la rue du faubourg du Temple, un long immeuble (22 fenêtres) de deux étages seulement, probablement (et heureusement) voué à une destruction prochaine. Le traitement de la façade, les textures, les couleurs, l’enseigne en contreplaqué découpé, en font une manière de décor de cinéma. Qui plus est, typiquement parisien populaire. Les lettres, proches du Vendôme, un caractère encore très présent dans les enseignes, pourraient dater les choses des années cinquante, mais il n’est pas dit que ce ne soit pas plus récent — le côté décor, précisément.

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Lundi 9 mars 2009, 15h28.

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Le caractère Vendôme, un grand classique de la typographie française
Dessin : François Ganeau, 1951–1953. Fondeur : Olive.

Voir :  Un autre hôtel en Vendôme

Un sifflet parmi d’autres


Pour la manifestation des universités du jeudi 19 février 2009 (Place d’Italie – Sèvre-Babylone), un dispositif: les sifflets, de très nombreux sifflets. Ici, réactivé pour l’occasion, celui rapporté de Shanghai en juin 1973 (inscription: ?? ??, Zhong Guo Shanghai, Chine Shanghai), une bonne copie du modèle anglais de sifflet à roulette, d’arbitre, mais aussi de policier, de chef de gare, etc. inventé par Joseph Hudson & Co à Birmingham en 1884: The Acme Thunderer.

Pour écouter le son officiel du sifflet Acme Thunderer, cliquer ci-dessous:

[audio:http://jlggb.net/blog/wp-mp3/sifflet.mp3]

Attraction et méfiance


Hegelplatz, Dorotheen Strasse, Berlin, 30 janvier 2009, 17h15.

Berlin 30 janvier. À cinq heures, il fait déjà nuit. En marchant rapidement (la galerie de destination ferme à 6 heures), c’est le mot HEGEL qui accroche l’esprit. C’est peut-être le gel : la réflexion chemine moins vite que les NewBalance, il faut revenir longuement sur ses pas pour chercher une vue possible. Circuler des jours entiers dans Berlin fabrique un carte de points, d’images-objets, de zones et de frontières, un enchevêtrement obsédant de cartes où les souvenirs-fétiches personnels cherchent à se caler sur ce qu’on connait de l’histoire, si l’on peut désigner ainsi un monde d’une complexité étourdissante.

On n’avait pas eu à penser à lui depuis quelque temps. Il existe donc encore quelque part, ici derrière l’université Humboldt, dans une imitation Beaux-Arts. Enregistrer son image est une façon de conjurer un malaise. Ne s’est-on pas réclamé de sa dialectique, sans en savoir bien plus. Pour éclaircir ça, il fallait retrouver, par exemple, cette citation de François Châtelet, dans Une histoire de la raison, Entretiens avec Emile Noël ( Points Seuil, 1992, p.169) : « […] il faut se méfier de l’hégelianisme, car, dans la mesure où il assigne un cours nécessaire au destin de l’humanité, il peut — et il a, hélas ! servi à — justifier des régimes de terreur comme étant des étapes nécessaires sur le chemin de la réussite. »


François Châtelet, Une histoire de la raison, Entretiens avec Emile Noël , Points Seuil, 1992
Photo : L.V.

Occupation (19. Représentation permanente)



Mardi 27 janvier 2009, vers 23h, ces quatre buveurs de bière parlent anglais entre eux. Au dessus d’eux, une photographie de quatre hommes attablés, au centre, Willy Brandt (photo l’appareil posé sur le haut d’un verre). Toujours pleine de monde et très animée, la brasserie StäV (Ständige Vertretung), Schiffbauerdamm 8 à Berlin (à deux pas du Berliner Ensemble), doit son nom aux « représentations permanentes » qui faisaient office d’ambassades entre Berlin (RDA) et Bonn (RFA). En 2009, 20 ans après la chute du mur, on peut lire une part de l’histoire de l’Allemagne dans les photos qui ont suivi le rapatriement de l’établissement de Bonn à Berlin. La bière est unique ici à Berlin. C’est la bière de Cologne Gaffel Kölsch qui est servie dans un verre cylindrique étroit (photo en posant l’appareil sur le verre).

Vue : bureaux très tôt le matin

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Lundi 26 janvier 2009, 8h, Berlin. Latitude : 52.524088257. Longitude : 13.384226818. Vue depuis le dernier étage d’un hôtel bâti en courbe dans un espace étroit, tout près du grand bunker de la Reinhardtstrasse, à l’angle de la Schumannstrasse. Les bureaux ont commencé à s’éclairer avant 7h. En bas à gauche on voit un enfant accompagné à l’école en suivant un chemin public qui traverse une zone de bâtiments anciens appartenant à la Charité, hôpital universitaire de l’université Humboldt.

Graffiti palpable



Vendredi 19 décembre 2008, 14h, métro Bir Hakeim, Paris, 15e. Les adjectifs et substantifs formés avec le suffixe –able (capable, praticable, jouable, etc.) sont intéressants et utiles. D’ailleurs, le Grand Robert dit :
-able
Élément, du lat. -abilis, qui s’ajoute aux bases des verbes transitifs en –er (chanter, chantable) et en –ir (variante –issable : périr, périssable) pour former des adjectifs avec la valeur passive de «qui peut être…», ou à une base nominale avec la valeur active de «qui donne», «enclin à» (ex. : charitable, pitoyable). > -ible. La formation de tels adjectifs est libre, notamment en combinaison avec le préfixe négatif in- (in-, im-, ir-).
Dans sa matière colorée, son support à la texture ultra sensible, dans la trace manuelle et kinestésique de son geste, le graffiti (in)palpable est concrètement une démonstration du palpable (ou de l’impalpable), compris comme haptique.