Fête de la lune

drapeau geidai 23 sept
Lundi 23 septembre 2013, 17h, Tokyo. Au nord-ouest du parc de Ueno, de part et d’autre de la rue, les entrées de l’École des Beaux-Arts et du Conservatoire de musique, deux entités (sœurs et ennemies, dit-on) réunies sous le nom d’Université des arts de Tokyo (東京藝術大学, Tōkyō Geijutsu Daigaku ou Geidai), voient aujourd’hui leur symétrie renforcée par deux paires de drapeaux. Si la Fête de la lune, commune à toute l’Asie, tend à ne plus être marquée, le Japon a fait de l’équinoxe d’automne une fête officielle. Sous nos yeux, les drapeaux « Soleil levant » sont rapidement retirés à 17h10, au coucher du soleil. Ce drapeau national, déjà suspect, participe à la lutte entre le Soleil et la Lune.

L’art de la boîte

boite starbucks
Dimanche 22 septembre 2013, 15h, Yokohama. En chemin vers le studio de la Graduate School of Film and Media des Beaux-Arts de Tokyo, dans un ancien entrepôt juste au bord de l’eau, on traverse Yokohama World Porters, un grand centre commercial plein de monde, à craquer. Mais, chez Starbucks, le service est très organisé et rapide. J’achète un café mocha et une petite part de cheese cake, à emporter. La boîte est fermée par une pastille adhésive qui dit de mettre la chose au frigo et de la consommer avant un jour.

Out of Doubt

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green journey
six universities
ligne
Dimanche 22 septembre, 11h-12h, Mori Art Museum, Roppongi, Tokyo. Le musée a 10 ans, l’exposition Out of Doubt est la 4e d’un cycle intitulé Roppongi Crossing. L’une des significations du titre semble être « sortir du doute », « ce que produit le doute ». Les commissaires déclarent que les 29 artistes et groupes, jeunes pour la plupart, ont été retenus pour la conscience dont ils témoignent de la conscience sociale, et probablement le doute, renforcés par Fukushima.
Sachiko Kazama est une artiste née en 1972, qui vit à Tokyo. Nonhuman Crossing, 2013, est une gravure sur bois sur papier japonais en exemplaire unique. Se référant au carrefour de Shibuya à Tokyo, « le lieu le plus visité du Japon », elle traite de la situation des citoyens sans défense face à la surveillance, au contrôle, et à la « magie noire » d’Internet, dans un contexte de guerre ou de préparation de la guerre. Il est intéressant de retrouver la forme, exclusive chez elle, de la gravure sur bois, qui a été associée, au début du XXe siècle, à l’expression d’une critique et d’une révolte politiques.
Chihiro Mori est une artiste née en 1978, qui vit à Tokyo. Elle dispose dans sa salle des objets polymorphes qui ont en commun d’emprunter au vocabulaire des signes et des images des institutions, de la ville, de la publicité, des mass-médias, pour tenter de les brouiller et de les renverser : Green Journey (Someone in my Room), 2013; Cimeteries of Six Famous Universities, 2013; Sans titre, 2013.

Fanzine : Sanchocu

sanchocu
tokyo art book fair sanchocu
tokyo art book fair
Samedi 21 septembre 2013, 17h — 18h, Tokyo. La Tokyo Art Book Fair se tient au campus Gaien de la Tohoku University of Art and Design, filiale de la Kyoto University of Art and Design. Les trois jeunes graphistes (probablement encore élèves) que l’on voit dans le coin de la salle (l’une des douze salles de l’exposition), stand 129, signent sous le nom collectif de Sanchocu (Fresh Zine Label). Leurs fanzines sont très plaisants, légers (12 pages, 100 yens), d’un dessin simple et efficace, sur un papier magazine très fin. Si la production est d’apparence plus sage, l’ambiance est plus festive et plus positive que dans l’équivalent parisien.

Ligne d’accompagnement

harajuku rampe
Samedi 21 septembre 2013, 16h, Tokyo, station de métro Harajuku. C’est le moment de se servir de cette référence à Paul Klee, que l’on traîne depuis toujours : son cours du Bauhaus (1921-1922) s’ouvre sur la proposition d’un « linéaire actif » (Linear aktiv), déclinée en « ligne libre » et « ligne d’accompagnement ». Ici l’accompagnement (de la ligne des marches par la ligne de la rampe) se veut utile : les portions horizontales sont pour s’appuyer quand on descend, les portions obliques pour se hisser quand on monte. On n’a pas l’occasion de vérifier car les interminables escaliers sont redoublés par des escalators. Photo trompeuse, en outre, car il y a cet après-midi des milliers de jeunes filles, toutes plus ou moins costumées, qui se pressent vers le concert du groupe (de cinq garçons) Arashi.