

Lundi 9 juillet 2012, 19h, Nantes, salle Stéréolux. Pierre-Jean Galdin, directeur de l’École supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole et Masaki Fujihata prennent la parole pour inaugurer la pièce Voices of aliveness (voir : 23 juin 2012), sous le regard de Miki, chercheuse en arts et sémiologie, venue spécialement de Paris.
Catégorie : Personnes
Fauteuil d’écriture

Mardi 3 juillet 2012, 20h. Remarqué ce soir sur la terrasse de la famille Y., avenue Jean Jaurès, Paris 19e, ce fauteuil bridge en frêne de la gamme Bow-Wood édité par Hugues Steiner en 1948 (il s’inspire d’Alvar Aalto). J’apprends qu’il vient de Bourg-la-Reine où il appartenait à Robert Ricatte (1913-1995), professeur de littérature française à l’Université Paris VII, grand spécialiste de Jean Giono (il dirigea l’édition dans la Pléiade des œuvres romanesques) et auteur de Réflexions sur les « Rêveries » (José Corti, 1965).
28 juin 1712


Jeudi 28 juin 2012, Panthéon, Paris 5e, inauguration de l’exposition Jean-Jacques Rousseau et les Arts pour le 300e anniversaire. L’invitation est au nom du président du Sénat, de la ministre de la Culture, de la présidente du Centre des monuments nationaux, de l’administrateur du Panthéon. Mais il semble qu’il n’y ait pas eu de discours (ni de musique). Du champagne à volonté et pas mal de petits-fours salés, puis sucrés. On cherche en vain une relation à la fête rousseauiste. Une petite foule dans laquelle nous ne connaissons personne et dont, à vrai dire, on se demande qui la compose. Deux volumes autographes pour la Maréchale de Luxembourg de La Nouvelle Héloïse sont exposés, avec leurs dessins originaux par Moreau le Jeune. Rousseau et le dessinateur rivalisent de finesse et d’élégance dans le trait : « monuments » magnifiques. Le buste en terre cuite daté de 1779 par Jean-Antoine Houdon (Musée du Louvre) est d’une présence extraordinaire, on peut le photographier comme un visage vivant. Des cartes à jouer où Rousseau a inscrit des ébauches des Rêveries sont prêtées par Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel. On avait eu l’occasion de les toucher en les reproduisant, en 1999, pour les besoins du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau (Gallimard, 2000) — sans utiliser ces prises de vues, finalement. Au dos de cet as de trèfle :
La honte accompagne (ordinairement, biffé)
l’innocence, le crime ne la connaît plus.Je dis tout naïvement mes sentiments, mes opinions,
quelque bizarres, quelque paradoxales qu’elles puissent être;
je n’argumente ni ne prouve parce que je ne cherche à persuader personne et
que je n’écris que pour moi.
Voices of aliveness


Samedi 23 juin 2012, 14h-15h30, La Martinière, estuaire de la Loire. Les cyclistes volontaires empruntent un circuit spécialement aménagé. Leur image et leur voix (ils sont invités à crier leur nom codé en morse) sont enregistrées pour constituer le « monument » virtuel conçu par Masaki Fujihata et nommé Voices of aliveness.
Voir : http://www.fujihata.jp/)
Sortie de secours

Mardi 19 juin 2012, 20h, Gaîté lyrique, Paris, 3e. Vingt ans après être allé chez eux à Santa Fe (février 1992) et après avoir exposé leur installation Théâtre des automates hybrides dans Artifices 2 à Saint-Denis (novembre 1992) — de grands moments —, je suis venu revoir Steina (musicienne classique islandaise) et Woody Vasulka (ingénieur et cinéaste tchèque), les inventeurs de l’art électronique. Mais il a fallu entendre d’abord la propagande pour la série des festivals français « du domaine », sectarisme et mièvrerie, contre-vérités historiques : à fuir.
Woody Vasulka, The Theater of Hybrid Automata (Artifices 2, Saint-Denis, 1992) consists of and operates in two dialectically engaged spaces: the actual and the virtual. At the core of this space-exploring machine is a RPT (rotate, pan, tilt) robotic head capable of moving a video camera through an unlimited orbital range of all three axes. A pair of opposite-facing infrared transmitters are in position to calibrate and synchronize the motion control motor drives with a related visual representation of the abstracted space, stored and retrieved from laser disk. Vasulka Archive: http://www.vasulka.org/
Où la musique rivalise avec l’optique

Vendredi 8 juin 2012, 19h, rue du Pas de la Mule, Paris, 4e. Pendant que M. René Ohana, opticien diplômé, remplace un verre de mes lunettes au sous-sol, je prends cette photo qui témoigne de sa passion pour la musique classique orientale et arabo-andalouse. Son ordinateur diffuse toujours des enregistrements ou des films qui semblent plus rares les uns que les autres, souvent réalisés par lui-même. Il joue du oud. À écouter ici.
Des archives : vu du train

Mardi 22 mai 2012, 18h52, TGV de Genève vers Paris — et Paris, samedi 26 mai, 18h. Je suis passé ici des centaines de fois. Cette fois je me décide à prendre quelques clichés des vignobles. Dardagny est la dernière commune avant la frontière française. Les vignes de Dardagny sont associées pour moi depuis « toujours » au nom de Jean Hutin, qui fut un proche camarade du Théâtre des Drapiers de Strasbourg et du Théâtre populaire romand de La Chaux de Fonds, à la fin de l’année 1968 et en 1969. Je pourrais retrouver de nombreuses photos de lui : j’ai photographié des pièces où il jouait, L’Importance d’être d’accord, de Brecht, Quinze Rouleaux d’argent de Günther Weisenborn (d’après une pièce classique chinoise); il a été acteur dans le film 16mm pour F3 et dans deux de mes films en super 8 « expérimentaux », Deux manières de passer le temps, en février 1969 à la Chaux-de-Fonds (sur la chanson Eloise de Barry Ryan et avec le livre jaune Garnier de La Nouvelle Héloïse dans la poche — photogramme), Nécessité de quelques transitions en juillet 1969 à Cannes. Car, après le théâtre, revenant à la propriété familiale, il s’associa à son frère Pierre pour produire des vins de qualité, contribuant à porter les vins de Genève parmi les meilleurs de Suisse. Le Domaine des Hutins est dirigé maintenant par sa fille Émilienne. Je ne l’ai pas revu depuis quarante ans, sauf sur Internet : ici, ou là et là, etc.
Profil de l’exposante
Rue de la Nouvelle Héloïse

Vendredi 4 mai 2012, 16h, à l’angle de la rue de la Nouvelle Héloïse et de la rue du Contrat social à Genève. Dans le quartier Saint-Jean, où neuf rues sont nommées en référence à Rousseau et à ses œuvres, un dispositif sur iPad permet de détecter la présence de ses livres dont les plaques de rues sont comme les couvertures (Rue des Confessions; Rue du Contrat social; Rue du Vicaire savoyard, Sentier du promeneur solitaire; Avenue du Devin du village; Rue d’Ermenonville; Avenue de Warens; Rond-point Jean-Jacques; Rue de la Nouvelle-Héloïse). L’image et la voix de la lectrice ou du lecteur sont retransmises à un deuxième iPad à quelque distance. Les performeuses et performeurs sont des élèves du collège Rousseau. Le projet est organisé par la Haute école d’art et de design. Pendant trois jours, il est basé à la galerie LiveInYourHead, dans le quartier « Rousseau ».
À ce moment là, le texte lu est :
Parmi les rochers de cette côte, j’ai trouvé, dans un abri solitaire, une petite esplanade d’où l’on découvre à plein la ville heureuse où vous habitez. Jugez avec quelle avidité mes yeux se portèrent vers ce séjour chéri. Le premier jour je fis mille efforts pour y discerner votre demeure ; mais l’extrême éloignement les rendit vains, et je m’aperçus que mon imagination donnait le change à mes yeux fatigués. Je courus chez le curé emprunter un télescope, avec lequel je vis ou crus voir votre maison ; et depuis ce temps je passe les jours entiers dans cet asile à contempler ces murs fortunés qui renferment la source de ma vie.
La Nouvelle Héloïse, Première partie, Lettre XXVI à Julie
Le regard du maître

Samedi 28 avril 2012, 16h, station de métro Hôtel de ville, Paris. L’exposition Robert Doisneau sur le thème des halles a été l’occasion d’une nouvelle « décoration » des quais. Pas très heureux, pas très bien faits, inutilement vulgarisateurs, ces panneaux semblent renforcer les stéréotypes attachés à l’œuvre de Robert Doisneau. Toujours est-il que, depuis le wagon, je me trouve exactement face au Rolleiflex — modèle « Standard » des années trente — et au regard du maître. En vérité, ce regard nous atteint, mais pas tout à fait, car Doisneau, il me semble, se photographiant dans un miroir, ne regarde pas l’objectif de son appareil mais se regarde lui-même dans les yeux.
Voir :
https://jlggb.net/blog3/?p=1912
https://jlggb.net/blog3/?p=1546



