
Dimanche 13 mai 2012, 16h. Dans l’orangerie du château de Chamarande (Expositions « Salons »), un immense (5m x 3,75 m) portrait photographique par le duo d’artistes anglais Heather Ackroyd et Dan Harvey. Photographique mais par un semis de gazon fixé sur une toile argileuse verticale, la chlorophylle réagissant à la lumière à laquelle elle a été exposée pendant des jours. Mystérieux, étonnant, mais l’expérience est présentée comme écologique, on se demande pourquoi.
Catégorie : Arts
Une installation sonore à caractère politique


Samedi 12 mai 2012, 18h. Au centre d’art Les Salaisons à Romainville, dans l’exposition BAN, l’installation Rétention d’Anne Z. et David B. restitue puissamment et de façon spatialisée l’espace sonore du centre de rétention administrative pour sans-papiers du Mesnil-Amelot (le plus grand de France), en bordure de l’aéroport de Roissy et de ses pistes, le vacarme incessant des avions au décollage ou à l’atterrissage (350 par jour). Une radio « Air Band » capte en direct des conversations entre pilotes et tour de contrôle.
Rue de la Nouvelle Héloïse

Vendredi 4 mai 2012, 16h, à l’angle de la rue de la Nouvelle Héloïse et de la rue du Contrat social à Genève. Dans le quartier Saint-Jean, où neuf rues sont nommées en référence à Rousseau et à ses œuvres, un dispositif sur iPad permet de détecter la présence de ses livres dont les plaques de rues sont comme les couvertures (Rue des Confessions; Rue du Contrat social; Rue du Vicaire savoyard, Sentier du promeneur solitaire; Avenue du Devin du village; Rue d’Ermenonville; Avenue de Warens; Rond-point Jean-Jacques; Rue de la Nouvelle-Héloïse). L’image et la voix de la lectrice ou du lecteur sont retransmises à un deuxième iPad à quelque distance. Les performeuses et performeurs sont des élèves du collège Rousseau. Le projet est organisé par la Haute école d’art et de design. Pendant trois jours, il est basé à la galerie LiveInYourHead, dans le quartier « Rousseau ».
À ce moment là, le texte lu est :
Parmi les rochers de cette côte, j’ai trouvé, dans un abri solitaire, une petite esplanade d’où l’on découvre à plein la ville heureuse où vous habitez. Jugez avec quelle avidité mes yeux se portèrent vers ce séjour chéri. Le premier jour je fis mille efforts pour y discerner votre demeure ; mais l’extrême éloignement les rendit vains, et je m’aperçus que mon imagination donnait le change à mes yeux fatigués. Je courus chez le curé emprunter un télescope, avec lequel je vis ou crus voir votre maison ; et depuis ce temps je passe les jours entiers dans cet asile à contempler ces murs fortunés qui renferment la source de ma vie.
La Nouvelle Héloïse, Première partie, Lettre XXVI à Julie
More than meets the eye

Jeudi 3 mai 2012, 16h, galerie LiveInYourHead, 4 rue du Beulet, Genève. Maurizio Nannucci, More than meets the eye, néon, 55 x 1000 cm, 2012. Maurizio Nannucci (Florence, 1939) est l’un des premiers artistes à avoir produit des textes en néon (1967), souvent à la demande d’architectes. Ses travaux concernent les relations entre diverses formes du langage dans les performances, les techniques d’impression, le son et la musique électronique, la vidéo et le livre d’artiste.
Cette pièce est exposée dans La Radio Siamo Noi, « un événement qui propose une plate-forme d’échange sur les médias auto-organisés, sur l’activisme dans les médias, sur la « magie radiophonique » et sur les pratiques artistiques qui leur sont attachées autour des années 70 en Italie, ainsi qu’une réflexion sur l’impact et les conséquences de cet ensemble de concepts innovants aujourd’hui. » Voir : http://www.laptopradio.org/LTRblog/
Ai Weiwei, Ai Qing, monuments


Samedi 21 avril 2012, 16h, Jeu de Paume, Paris. Entrelacs, exposition des photographies de Ai Weiwei. Un peu trop référencée aux diverses approches de la photographie contemporaine pour être intéressante artistiquement. À prendre comme affirmation d’un parcours biographique libre, courageux, contestataire, utile.
De la bibliothèque : Ai Qing (艾青), Poèmes, Éditions en langues étrangères, Beijing, 1980. Avec l’autographe : « Ai Qing, le 21 juin 1980, Paris ». Le père de Ai Weiwei, poète révolutionnaire, né en 1910, étudiant en France de 1929 à 1932, compagnon de Mao à Yan’an, déporté dans le Nord-Est puis dans le Xinjiang avec sa famille de 1958 à 1978. Nous l’avons rencontré à Paris en 1980. Il est mort en 1996. On entend monument comme au temps de Rousseau : documents.
Voir, à propos de Ai Weiwei, sur ce blog :
http://jlggb.net/blog2/?p=7439
http://jlggb.net/blog2/?p=5921
http://jlggb.net/blog2/?p=4770
http://jlggb.net/blog2/?p=2470
http://jlggb.net/blog/?p=6081
http://jlggb.net/blog/?p=5998
http://jlggb.net/blog/?p=491
De petites flammes de gaz


Samedi 14 avril 2012, 17h30, galerie Yvon Lambert : 108, rue Vieille du Temple, Paris, 3e. Ariel Schlesinger (1980, Jérusalem), Braunshweig Door, 2012, installation, porte vitrée avec bec de gaz (le gaz circule dans le double vitrage); Candle, 2011, multiple signé avec Jonathan Monk (30 exemplaires numérotés et signés, sous coffret, 450 €).
Pour le plaisir de la découpe
Nixon in China


Jeudi 12 avril 2012, 20h-23h, Théâtre du Châtelet, Paris. Opéra en trois actes de John Adams, Nixon in China (projet amorcé en 1982, créé en 1987). Le livret d’Alice Goodman, un long poème changeant, subtil, agençant fragments de documents authentiques, citations, paroles ordinaires et oniriques, apparaît comme l’élément central capable d’articuler la musique — apparentée au minimalisme, mais elle aussi riche en références historiques et en effets dramaturgiques très efficaces — et la mise en scène des chanteurs et des danseurs. Très beau travail des lumières, des couleurs et des costumes avec l’intervention tranchée de Shilpa Gupta, une jeune artiste indienne que nous avions déjà remarquée. Que la mise en scène et la chorégraphie soient de Chen Shi-Zheng, formé en Chine à l’opéra chinois, amplifie sans doute encore la complexité multicouches d’un propos à la fois sérieusement historique et ouvertement satirique. Il évite la pure parodie pour donner à voir une dialectique et une distanciation fondées sur une gestuelle que l’on sait provenir de l’opéra chinois, y compris révolutionnaire. Ce télescopage est des plus troublants pour nous qui avons connu non seulement l’événement Nixon en Chine mais aussi fréquenté simultanément deux mondes étrangers : la scène minimaliste américaine (Philip Glass, Steve Reich, Terry Riley, Bob Wilson, Lucinda Childs, Peter Sellars) et la Chine de ces années-là (1973, 1974, 1976, 1978, 1979, 1980, 1981, 1983, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989).
Retransmission de la représentation du 18 avril 2012 sur Arte Web (jusqu’au 15 juillet 2012)Sur le site de John Adams : Nixon in China.
Portrait-Robot


Samedi 7 avril 2012, 17h30, Cité universitaire internationale, exposition « Au-delà des clichés » à la Maison du Japon. Voici en quoi consiste la proposition de Hanako Murakami :
Je présente la série « Portraits imaginaires ». C’est une collaboration avec un ancien policier japonais qui s’occupe de dessiner des portraits-robots. Je fais un entretien pour vous demander « comment était le visage de votre ex-amoureux ? », je l’envoie au policier et on obtient le portrait. Dans l’exposition, je présente les portraits et les textes sur lesquels ils sont basés.
Le site de l’exposition : http://maisondujapon.org/expo2012/index.htm
Le lien pdf vers une première série de portraits : http://hanakomurakami.sakura.ne.jp/mt/hanakomurakami/hp/ImaginaryPortraits.pdf
Le monde post-manettes


Samedi 10 mars 2012, 20h, Yverdon, Maison d’Ailleurs, inauguration de l’exposition Play Time sur les jeux vidéo. Parmi les œuvres et les documents, une collection de manettes depuis 1982. La dernière case est vide car elle renvoie à la Kinect, une caméra qui capte les gestes du joueur. « Dans le monde post-manettes, la relation avec votre avatar peut devenir si fluide que sourire avec votre visage et sourire à l’écran constitueront virtuellement la même action » écrit le catalogue. En attendant, Laura, étudiante en design des nouveaux média à Genève, vérifie les vertus ludiques et relationnelles du déguisement.
