
Dimanche 29 avril 2012, 16h06, Palais omnisports de Paris-Bercy, meeting de François Hollande pour les élections présidentielles. Toutes les places sont occupées, jusqu’aux dernières, très haut, juste sous le plafond. On a droit à une démonstration de toute la panoplie des effets de lumières mouvantes et colorées prévue pour les concerts.
Catégorie : Couleurs
Pavot des Alpes

Vendredi 27 avril 2012, 15h30, Jardin des plantes, Paris 5e. Après « Purification des plates-bandes » et « Plates-bandes, suite », voici les pavots (Pavot des Alpes. Papaver alpinum L. subsp. alpinum. Série Wonderland. Horticole. Papaveraceae) fleuris — et qui commencent à passer. Il semble qu’il y ait ces mêmes fleurs partout dans le jardin en ce moment. Cette photo est la première faite avec le nouvel appareil Ricoh GR IV.
Polychromie classique


Mardi 3 avril 2012, 17h50, café A Jean Nicot, 173 rue Saint Honoré, Paris 1er. Je me souviens de ce café au milieu des années 80. Un décor volontairement laissé dans son jus années 50-60, avec quelques rajouts factices. Le plafond avec ses arabesques de stuc et de néons se reflétant dans les murs-miroirs et le sol en cassons de grès cérame font authentiques. La polychromie est un classique que nous repérons régulièrement : le vert et le rouge qui donnent l’ocre-orange, assortis de brun et de gris. Voir, par exemple, « Polychromie vernaculaire » : http://jlggb.net/blog/?p=239 et le mur de Pompéi conservé au Louvre : http://jlggb.net/blog2/?p=3090
Note : Rousseau a habité dans le coin, y compris quand il intervenait dans le débat musical. Si l’on résume sa position en disant qu’il préfère la mélodie à l’harmonie, la ligne à la couleur, on peut trouver ce café plutôt rousseauiste : la polychromie y est gouvernée par les lignes.
Le monde post-manettes


Samedi 10 mars 2012, 20h, Yverdon, Maison d’Ailleurs, inauguration de l’exposition Play Time sur les jeux vidéo. Parmi les œuvres et les documents, une collection de manettes depuis 1982. La dernière case est vide car elle renvoie à la Kinect, une caméra qui capte les gestes du joueur. « Dans le monde post-manettes, la relation avec votre avatar peut devenir si fluide que sourire avec votre visage et sourire à l’écran constitueront virtuellement la même action » écrit le catalogue. En attendant, Laura, étudiante en design des nouveaux média à Genève, vérifie les vertus ludiques et relationnelles du déguisement.
Puissance décorative de la couleur géométrique


Samedi 10 mars 2012, 16h, musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds. À travers une grande rétrospective, on découvre Claude Loewer (1917-2006), artiste né à la Chaux-de-Fonds. Son abstraction, très géométrique, très colorée, peut le rattacher à l’art concret suisse et à Max Bill. Mais il va positivement vers le décoratif. Ainsi, ses tapisseries, ses céramiques : Prométhée, tapisserie d’Aubusson, 1968; table de céramique, 1971-1972.
Le Café du marché à Plainpalais

Jeudi 8 mars 2012, 18h, 16 avenue Henri Dunant, Genève. Le Café du marché a été fondé en 1902*. L’architecture de son immeuble, une manière de chalet en béton armé, est étonnante et devrait faire l’objet d’un billet. Tellement stamm qu’on peut même y venir seul. Boiseries, table et chaises vernies dans des tons de jaune et de rouge, s’accordent à la lumière bleue de la plaine de Plainpalais par des vitres très hautes. Et ce pan de mur habillé de bois, juste contre la porte au centre de la vitrine, qui organise, sans en avoir l’air, à la fois l’espace et la clientèle.
* En 2002, pour son centenaire, j’y suis venu le jour où les prix étaient divisés par cent !
Trop de néons
Jeudi 16 février 2012, 19h-20h. Vernissage de l’exposition Néon,Who’s afraid of red, yellow and blue ? à La Maison rouge, boulevard de la Bastille, Paris. Attractif. Et d’ailleurs, il y a un monde fou. Maintenant on ne fait plus attention aux risques de chocs électriques ou de bris de verre que font courir ces œuvres aux visiteurs. En 1983, nous avions dû fermer Electra, au Musée d’art moderne, le temps de mettre une barrière autour d’une œuvre de Dan Flavin faite de tubes fluorescents. Or, le néon demande des tensions bien supérieures. Mais ne nous plaignons pas de la proximité retrouvée avec ces œuvres. Il y a quelques jours, ayant à imaginer un projet d’exposition qui croiserait lumière et écriture, il m’est venu à l’esprit de réunir des œuvres en néon. Mais j’ai immédiatement rejeté cette idée simpliste, considérant que les pièces se tueraient littéralement entre elles. L’exposition de ce soir confirme ça, mais pas entièrement. Les pièces, certaines d’entre elles, sont suffisamment singulières et signées, rattachées à des projets d’artistes. Il reste que l’effet magasin était inévitable. D’autant que la plupart des néons d’artistes citent ouvertement les enseignes, quand ce ne sont pas de pseudo readymades. Voir : https://jlggb.net/blog3/?p=836.

Jean-Michel Alberola, Die Armut, 2006, collection Antoine de Galbert.
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John Armleder, Voltes V, 2004, collection Frank Cohen.
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Tracey Emin, Just Love Me, 1986, collection Goetz.
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Laurent Grasso, Éclipse, 2007, collection Krzentowski, Paris.
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Joseph Kosuth, Neon, 1965, galerie Almine Rech.
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Joseph Kosuth, Words are Deeds, 1991, galerie 1900:2000, Paris.
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Piotr Kowalski, Pour qui ?, 1967, collection Andrea Kowalski, Paris.
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Claude Lévêque, Rêvez !, galerie Kammel Mennour, Paris.
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François Morrellet, Enchaînement n°8, 2011, galerie Aline Vidal, Paris.
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Melik Ohanian, (G)host, 2006, galerie Chantal Crousel, Paris.
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Pour toutes ces photographies : © Les artistes.
Scène épique du bout de la rue

Mercredi 15 février, 13h30, place de la Nation, Paris, dans l’axe du boulevard Voltaire. Des pompiers se rassemblent pour partir en manifestation par le boulevard Diderot. Assemblage de deux photographies. On qualifie l’opération d’allongement épique : une certaine distance et la démultiplication des perspectives.
Des archives : exercice de composition colorée

Jeudi 19 janvier 2012, 20h, Aix-les-Bains. D’une boîte qui contient pas mal de mes cahiers d’écolier, j’extrais celui-ci, du cours moyen première année, en 1952; un cahier d’exercices avec du calcul, de la grammaire, des conjugaisons, du vocabulaire, des dictées et aussi quelques compositions colorées utilisant du papier gommé. Mon instituteur se nommait Monsieur Bruno. Je ne sais pas s’il connaissait Josef Albers (qui fut instituteur de 1909 à 1916) et le Bauhaus.
Salle des Reflets Infinis (emplie de l’Éclat de la Vie), 2011

Vendredi 30 décembre 2011, 20h55, Centre Pompidou, galeries contemporaines : Yayoi Kusama, Infinity mirror Room (filled With the Brillance of Life) — Salle des Reflets Infinis (emplie de l’Éclat de la Vie) — 2011, environnement, miroirs, métal, Plexiglas, lampes bulbes électriques, bois, placoplâtre, plastique, eau, 300 x 617,5 x 645,5 cm, collection de l’artiste. L’exposition ferme dans 5 minutes, les gardiens disent : « photos interdites », mais tout le monde photographie. Voir : le dossier de presse, le site de l’artiste et les photos de l’exposition, le billet jlggbblog du 26 juin 2009, http://jlggb.net/blog/?p=4134.
Note : Coïncidence, au même emplacement dans le Centre Pompidou, j’ai vu, en 1981, lors de l’exposition de Piotr Kowalski, exposée à côté de la Time Machine II, la sculpture Le Miroir. Dans son très bon livre consacré à Piotr Kowalski (Hazan, 1988), Jean-Christophe Bailly confronte cette pièce à la Time Machine dont le projet est de renverser le temps. Deux miroirs à double face et en angle droit, tournant rapidement sur leur axe d’intersection vertical, donnent du regardeur une image non inversée. Mais, dans sa description et dans son commentaire, il fait une grave erreur : « Ce double inconnu qui nous contemple crée un vertige. Jamais encore nous ne l’avions rencontré, jamais encore nous ne nous étions vus comme un autre nous voit. Qu’on ralentisse la rotation du plateau et l’immobilise, et l’image redevient normale, c’est-à-dire inversée. » (p. 85) Faire tourner l’ensemble élargit uniformément le champ à 360 degrés et donne au reflet un aspect fantomatique et volumique, qualités importantes de cette œuvre. Mais, chacun l’a sans doute vérifié lui-même, par exemple dans le décor d’un café : deux miroirs formant un angle droit produisent deux symétries qui s’ajoutent et qui annulent donc l’inversion, indépendamment de toute rotation. C’est pour cela que, où que l’on soit, on se voit toujours coupé par l’angle — comme le photographe dans l’environnement de Yayoi Kusama.

Piotr Kowalski, Le Miroir, 1979, Ronald Feldman Gallery, 31 Mercer Street, New York (dr).