Musée de la main



Mercredi 19 septembre 2012, 16h30, Fondation Claude Verdan – Musée de la main, dans le Centre hospitalier universitaire de Lausanne. L’exposition Touch. Pas mal de démonstrations intéressantes, et aussi dans la deuxième partie au Mudac. En principe pas de photos. Trois souris, c’est anodin, mais c’est historique, celle du centre me fut familière. J’ai connu l’existence de ce musée dans les années 90 par celui qui en devenait le directeur et que je voyais pour un projet au Musée de l’homme à Paris, Ninian Hubert van Blyenburgh.

Cadeau



Jeudi 13 septembre 2012, 19h30, galerie 22,48 m², 30 rue des Envierges, Paris 20e. L’exposition Engrammes rassemble quatre artistes (commissaire Simone Frangi). Il y est question de la mémoire inscrite dans la matière des objets. Ji-Youn Lee (qui a étudié à l’école d’arts de Paris Cergy) fait des « cadeaux » avec des chutes de tissus. Certains sont disposés dans les rues avoisinantes (Belleville).

Un morceau de charbon


Mercredi 11 septembre 2012, 1h. Hajime était hier à Paris dans un périple depuis Kyoto, passant par Linz, Kassel, Dortmund et Karlsruhe. Il me rapporte des documents sur l’exposition Phono/Graph à laquelle il participe au centre d’art Dortmunder U avec son groupe Softpad et l’artiste sonore Yukio Fujimoto. Ce dernier a produit une œuvre en forme de grand cercle de charbon. Je pose le morceau qui m’est donné sur le volumineux Vocabulaire européen des philosophies (sous la direction de Barbara Cassin, Seuil-Le Robert, 2004) qui se trouve sur ma table pour la consultation du mot lumière.

Il voit des haïkus partout



Mardi 28 août 2012, 13h45, restaurant Sanukiya, rue d’Argenteuil, Paris, 1er. Parce qu’il vient de réécouter le cours de Roland Barthes du 12 janvier 1979, de relire les notes de Barthes pour ses cours sur le haïku dans La Préparation du roman, Seuil-Imec, 2003, pp. 53-141, il trouve des haïkus partout. Mais c’est peut-être l’ambiance souriante et réglementée de sa nouvelle cantine japonaise. Un premier indice, sur le ticket, 13:41:36, à la seconde, si ce n’est pas l’inscription d’un instant ! Le haïku refuse la métaphore. Il pratique la pure notation. Elle porte sur : l’éclat jaune dans la bière ; les bulles qui montent ; la mousse qui reste accrochée au verre ; la dentelure de l’encre du mot sérigraphié « Kirin » ; la courbure du papier ; son léger pli autour de la pince (la topologie nomme ça catastrophe) ; la lueur orange de la bâche qui englobe tout. On dira qu’il s’agit ici de photographie. Mais ne partage-t-elle pas avec le haïku, la capacité de se faire passer pour « La chose elle-même » ?

D’autres citations de La Préparation du roman :
« Le haïku = désir immédiat (sans médiation). » (p. 65)
« Le haïku est bref, mais non pas fini, fermé. » (p. 67)
« Le haïku va vers une individuation intense, sans compromission avec la généralité. » (p. 74)
« Le haïku n’est pas destiné à retrouver le Temps (perdu), ensuite, après coup, par l’action souveraine de la mémoire involontaire, mais au contraire : trouver (et non retrouver) le Temps tout de suite, sur-le-champ ; le Temps est sauvé tout de suite = concomitance de la note (de l’écriture) et de l’incitation : fruition immédiate du sensible et de l’écriture, l’un jouissant par l’autre grâce à la forme haïku » ⟶ Donc une écriture (une philosophie) de l’instant. » (p. 85)
« Le « référent » du haïku (ce qu’il décrit) est toujours du particulier. Aucun haïku ne prend en charge une généralité. » (p. 87)
« La contingence est le fondement du haïku. » (p. 88)
« Le haïku n’est pas fictionnel, il n’invente pas, il dispose en lui, par une chimie spécifique de la forme brève, la certitude que ça a eu lieu. » (p. 89)

Voir : https://jlggb.net/objets/attendre-la-vie-des-objets-ch-128/

Espionnage


Vendredi 24 août 2012, 16h23, Palais de Tokyo, Paris 16e. Ayant à préparer une exposition artistique avec deux projections de films en vidéos, je regarde de près le matériel, hauteur et système de fixation du projecteur, distance et dimensions de l’écran, couleurs des murs, etc.

Un gâteau au chocolat très cher


Vendredi 24 août 2012, 15h, Palais de Tokyo, Paris 16e. Avant de revoir certaines chose de la Triennale intitulée « Intense Proximité », on goûte au gâteau au chocolat du restaurant Tokyo Eat. Quand on dit « Ils sont chers », on nous dit « C’est que vous ne savez pas ce qu’il y a dedans. » Vérification par la dégustation, mais avant, pour le même prix, une photo pour mettre un peu d’or dans ce blog.

Observation participante



Jeudi 16 août 2012, 19h. Une photo prise à Kassel, l’autre à Paris. Dans la Ständehaus (Palais des États), bâtiment du XIXe siècle de style Renaissance (reconstruit en 1953 sur les plans d’Arnold Bode, fondateur de la Documenta — voir : « Portrait d’Arnold Bode par Gerhard Richter »), le bureau de presse de la Documenta était remarquable par son agencement et son ameublement, avec plusieurs standards du design contemporain. Mais, cette salle de réunion, vue par une porte vitrée, m’intéressait à cause de ses chaises vertes. Les deux verres sur la table n’attiraient pas l’attention. Mais, en ayant trouvé un pour boire de l’eau à la fontaine automatique, j’ai vu la signature, moulée dans le verre (avec la marque Absolut) : « Design by Konstantin Grcic ». On rappelle que Konstantin Grcic est l’un des grands designers contemporains, allemand, mais formé comme assistant de Jasper Morrison — Voir, dans jlggbblog2 : « Des tables comme des voitures de course ». Ce verre a été créé en 2007 pour Absolut Vodka (propriété de Pernod-Ricard). De qualité courante, en forme de gobelet (une forme en tronc de cône qu’on aime bien, c’est par exemple celle des tasses à soba japonaises et http://jlggb.net/blog2/?s=soba), il est gravé de deux traits pour 2cl et 4cl. De la sorte, une dose d’alcool ne dépasse pas la base épaisse du verre. En quoi peut consister l’« observation participante » en matière d’objets du design ? À les emporter pour les observer et en user à loisir. C’est ce qu’ont fait la plupart des ethnologues.

Documenta (13) : l’autoportrait de Shinro Ohtake




Mardi 14 août 2012, 17h30, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, installation de Shinro Ohtake (1955 Tokyo), Mon Cheri, A Self-Portrait as a Scrapbook Shed, 2012. Le texte du Guidebook dit « L’installation reflète les conditions de l’humanité au 21e siècle, rendant visible les dérives et l’insécurité qui façonnent notre monde matériel et la constante négociation entre nos espoirs pour le futur et les compromis qu’exige la réalité. » (p. 284). On note la famille venue avec de belles bicyclettes et de beaux vêtements, le père équipé d’un iPad pour prendre des notes visuelles, la mère lisant le catalogue, le fils attentif dans son T-shirt « Gute Kondition », la fille soucieuse de son body.