Platanes et Art déco shanghaïens



Lundi 19 novembre 2012, 11h, Shanghai, rue Maoming, visite de remémoration. L’ensemble résidentiel Grosvenor date de 1935. Il fait partie, avec l’hôtel Jinjiang, d’un ensemble qui est un haut lieu de la diplomatie et des affaires chinoises. Il se trouve que j’y ai logé au moins deux fois, en 1983 et en 1987. Ici à Shanghai, il est convenu de nommer « arbres français » (faguo wutong) les platanes, dont on dit qu’ils ont été importés par les Français au temps des concessions.

Peinture bleue




Jeudi 4 octobre 2012, 16h30, Abbaye de Saint-Riquier, près d’Abbeville, Somme. Certains éléments de la scénographie pour « leurs lumières » sont peints en bleu vidéo. La bibliothèque, qui va accueillir une œuvre et des documents, est laissée dans son état « XVIIIe ».

Nicolas Schöffer


Mardi 2 octobre 2012, 17h50, Institut hongrois, 92 rue Bonaparte, Paris 6e. À l’occasion de son centenaire, une exposition consacrée à Nicolas Schöffer (1912-1992). Toujours dans le registre des coïncidences, ou d’une attention particulière orientée par les projets, retour de l’artiste-architecte, visionnaire cybernétique, qui ne fut pas suivi et souvent à juste raison critiqué, mais dont les utopies ont aujourd’hui une réalité. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Frank Popper à la fin des années 60 et au début des années 70. J’aimais plutôt ses constructions d’aluminium équipées de moteurs électriques et de lampes. Elles ont une espèce de naïveté anti-esthétique. Centre de loisirs sexuels et Université verticale de 1 km, dessins, (dates ?).

« Un des loisirs les plus importants qu’il s’agit de valoriser esthétiquement et spirituellement, à l’inverse des quartiers réservés habituels. Sa forme de sein et sa couleur rosée le font reconnaître de loin dans le paysage. »
« La circulation d’une unité à l’autre se fait verticalement en quelques minutes et horizontalement par tapis roulants. Un campus d’un kilomètre de long induirait une pollution visuelle, olfactive, sonore et esthétique. L’espace au sol dégagé est réservé à la nature et à la promenade. »

Voir : http://www.olats.org/schoffer/

Résistible



Jeudi 27 septembre 2012, 23h25, Théâtre de la Ville, Paris. Le Berliner Ensemble joue La Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht (pensée par Brecht depuis 1934, écrite en 1941, jouée pour la première fois en 1958, deux ans après sa mort), dans la mise en scène de Heiner Müller (créée le 3 juin 1995, six mois avant sa mort), avec le génial Martin Wuttke. Adaptation non orthodoxe et cependant ultra brechtienne, « accordant une place majeure au théâtre et à la posture théâtrale dans l’ascension de la prise du pouvoir, sur le lien entre politique, crime et divertissement, qui devinrent de plus en plus synonymes » (Michel Bataillon). Le plus fort : le spectaculaire — les voix, le jeu, la présence, les lumières, les musiques, les ruptures — qui pourrait pousser vers l’irrésistible, parvient ici à une conscience du résistible.

La dernière rentrée


Lundi 24 septembre 2012, 17h, Université Paris 8, Saint-Denis. Tout se passe par mail. J’aurai attendu quinze jours pour « rentrer » : une intéressante soutenance sur la typographie chez Godard, un autre, impossible, sur la scénographie des expositions interactives. Les chaises Mullca m’ont toujours intéressé. J’en ai placé dans diverses expositions et installations (Flora, Mémoire de crayonsLa Morale sensitive, Modus Operandi, etc.). Voici ce que j’écrivais récemment à mon collègue Samuel :

Cette chaise scolaire a été connue sous plusieurs noms, parce que fabriquée sous diverses marques, avec pas mal de variantes. C’est Gaston Cavaillon qui est considéré comme le créateur du modèle (en 1950 puis 1964), en réponse à des normes de l’Éducation nationale. Je l’ai connu sous le nom de Mullca 510. Mais l’usine Mullca, qui se trouvait à Noisy-le-Sec et que j’ai visitée dans les années 70, a fermé ses portes (voir : http://www.liberation.fr/metro/0101208494-le-combat-desespere-des-trente-de-mullca-a-noisy-le-sec-des-employes-occupent-depuis-cinq-mois-leur-entreprise-qui-a-ferme). C’est dans les premières années du ministère Jack Lang que cette chaise est sortie en noir, pour valoriser le design français, et pour être vendue chez Habitat et au Bon Marché… On en a acheté 50 pour Artifices en 1994. En 1995, j’ai commandé, à une usine qui se trouvait à Dijon, un modèle pour enfants (pour Globus Oculi). Voir aussi « Les Charmettes » : https://jlggb.net/blog3/?p=1018.



Dessin employé dans plusieurs vues d’installations et d’expositions du livre La Relation comme forme, mamco, Genève, 2004-2009.

Pas pendant la prière


Samedi 8 septembre 2012, 13h, 145 rue Saint-Honoré, Paris 1er, temple protestant (de tendance libérale) de l’Oratoire du Louvre. Ayant un peu de temps avant un rendez-vous près de la rue Jean-Jacques Rousseau, pour la première fois j’entre dans cette église. Construite entre 1621 et 1630 puis de 1740 à 1745, elle s’inspirait, comme Saint-Paul — Saint-Louis (ci-dessous), de l’église du Gésù de Rome. Il y a un mariage. Au moment de prendre la photo, j’entends qu’on me dit « Pas pendant la prière. ». Vingt secondes plus tard, le Notre Père est dit et je peux déclencher.

Les tailleurs de pierre



Vendredi 7 septembre 2012, 13h30, église Saint-Paul — Saint-Louis, rue Saint-Antoine, Paris 4e. Construite de 1627 à 1641, c’est le bel exemple parisien de l’architecture jésuite de la contre-réforme, en cours de restauration. Gros plan sur les pierres neuves, en hommage au tailleur de pierre Auguste Boissier (Le Teil, Ardèche, 1880 – Pierrelatte, Drôme, 1967), qui fut protestant.

Chris Marker dans le graphe du temps



Vendredi 17 août 2012, 11h, rue Courat, Paris 20e. Promenade sur les traces du Rousseau de la « Deuxième promenade », village de Charonne, Saint-Blaise, retour par la rue des Haies. J’aime les films de Chris Marker (pas tous, mais au moins : Lettre de Sibérie, 1958; La Jetée, 1962; Sans Soleil, 1982; vus à leur sortie), je l’ai connu un peu à l’époque de Passages de l’image (Centre Pompidou, tournée aux États-Unis, 1990-1992), de la Revue virtuelle et du CD-Rom Immemory (1990-1997), mais j’ai évité de participer au culte. Il est mort à Paris le dimanche 29 juillet 2012, jour de son 91ème anniversaire.


C’est alors que je publie sur Vimeo une vidéo faite au iPhone le 5 octobre 2010 dans le RER B, en direction de la station Luxembourg. On y voit Chris Marker portant des lunettes noires-caméra, dans cette pratique du portrait « volé » qui a donné la série Passengers. Ce document a un certain succès (graphe jaune des statistiques de la consultation des vidéos, ci-dessous).



Voir aussi, sur jlggbblog1 : http://jlggb.net/blog/?p=2528, http://jlggb.net/blog/?p=3162 et http://jlggb.net/blog/?p=5583