
Mardi 5 juin 2012, 13h30, Genève, depuis le pont de la Bâtie, la Jonction — entre le Rhône et l’Arve. Nouvelle vue, où le contraste est particulièrement fort (voir : https://jlggb.net/blog3/?p=1777)
Auteur/autrice : jlggb
Jour de fête
Marseille vue de Tourcoing

Vendredi 1er juin 2012, 22h, Le Fresnoy, Tourcoing, inauguration de l’exposition Panorama 14, « Élasticités », des travaux des étudiants et professeurs. Trois heures de car pour y aller, autant pour le retour. La pièce la plus intéressante : Horizons des événements, 2012, de Maya Da-Rin (1979, Rio de Janeiro). Nous sommes à Marseille. La projection montre l’artiste qui s’éloigne dans le paysage, on entend ce qu’elle entend. Puis on la perd de vue lorsqu’elle s’enfonce dans le dédale de la ville, mais on écoute toujours au plus près d’elle-même, ses pas, les conversations et remarques des passants, les bruits de la rue. La caméra restera en son point élevé, mais elle va bouger, d’un mouvement mécanique, informatique, par petites corrections successives car elle reçoit par radio les coordonnées de la promeneuse et se recale constamment dans sa direction. Ces coordonnées terrestres s’affichent sur le sol, entre le grand écran et nous. On voit que l’altitude diminue : elle descend jusqu’à la mer. La vidéo surveillance est condamnée à la fixité — et à l’opacité — comme le sont généralement les panoramas. Le son — l’écoute — est fondamentalement mobile. Notre esprit, notre attention — et notre faculté d’imaginer — s’accrochent à lui.
Objet médusant

Jeudi 31 mai 2012, 21h, Paris. Dans les vitrines des Galeries Lafayette Maison, Dutch Paradox, une exposition de design néerlandais conçue par Mosign (Luca Marchetti, Emanuele Quinz). Pappamama Lamp, un prototype de lampe pour chambre d’enfant (?), par l’Atelier Van Lieshout (Rotterdam).
Passage obligé

Jeudi 31 mai 2012, 13h, Nantes. Passage obligé dans ce court séjour, le passage Pommeraye (1841-1943). On l’avait visité au milieu des années 70 parce qu’on l’avait vu dans Lola, le film de Jacques Demy (1961, opérateur : Raoul Coutard). On avait donc vérifié ses qualités cinématographiques. Il n’était pas encore classé monument historique et avait une patine intéressante, en bon état mais plutôt désert.
Masaki Fujihata au Stereolux de Nantes

Mercredi 30 mai 2012, 23h, Nantes, Stereolux « espace de création et de diffusion » des « musiques actuelles » et des « arts numériques ». Éric Boistard le dirige, avec qui j’ai travaillé au projet de la Gaîté Lyrique de 2002 à 2005. Dans la petite salle nommée Micro, Masaki Fujihata présente en avant-première son projet Voices of Aliveness « un espace pour crier — une collection de voix », en projection stéréoscopique, comme il se doit ici. Il a collaboré, pour cette proposition, avec le musicien Yasuaki Shimizu. On aura probablement l’occasion d’en reparler, c’est très réussi. Voici le lieu, dans cet ensemble qui marque la vie culturelle de Nantes, avec La Fabrique, l’Éléphant, la Machine, etc. sur le site des anciens chantiers navals du port de Nantes, fermés en 1987. C’est toujours troublant de voir ces lieux industriels prestigieux (et immenses) transformés en « lieux d’art ».
Elle s’y met elle aussi ?
Une aire de jeu signée Buren


Dimanche 27 mai 2012, 13h30, Grand Palais, Paris. Le Monumenta de Buren n’est pas monumental. Excentrique(s), Travail in situ offre une aire de jeu d’aspect démocratique, qui sait éviter le grandiose et le luxe. Dans un journal gratuit du métro, le 9 mai, jour de l’inauguration, je lisais :
« Comment imaginez-vous la réaction du public ?
— Je n’en ai aucune idée. Monumenta, c’est comme un don, sans fonction ni raison. Je sais ce que j’essaie de réaliser, c’est tout. En revanche, je fais en sorte de donner au public toutes les clés pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent. Plus c’est aléatoire, moins il y a de liberté. Plus c’est contrôlé, plus la liberté peut s’exprimer. C’est pour cela que j’aime les œuvres publiques, parce que ce sont elles qui posent le plus de contraintes. »
On peut être d’accord avec ça. Mais alors, il faudrait que l’exécution soit impeccable (les poteaux verticaux sont souvent de travers) et que la poussière soit constamment enlevée sur les disques colorés des « toits » et sur les miroirs circulaires au sol.
Des archives : vu du train

Mardi 22 mai 2012, 18h52, TGV de Genève vers Paris — et Paris, samedi 26 mai, 18h. Je suis passé ici des centaines de fois. Cette fois je me décide à prendre quelques clichés des vignobles. Dardagny est la dernière commune avant la frontière française. Les vignes de Dardagny sont associées pour moi depuis « toujours » au nom de Jean Hutin, qui fut un proche camarade du Théâtre des Drapiers de Strasbourg et du Théâtre populaire romand de La Chaux de Fonds, à la fin de l’année 1968 et en 1969. Je pourrais retrouver de nombreuses photos de lui : j’ai photographié des pièces où il jouait, L’Importance d’être d’accord, de Brecht, Quinze Rouleaux d’argent de Günther Weisenborn (d’après une pièce classique chinoise); il a été acteur dans le film 16mm pour F3 et dans deux de mes films en super 8 « expérimentaux », Deux manières de passer le temps, en février 1969 à la Chaux-de-Fonds (sur la chanson Eloise de Barry Ryan et avec le livre jaune Garnier de La Nouvelle Héloïse dans la poche — photogramme), Nécessité de quelques transitions en juillet 1969 à Cannes. Car, après le théâtre, revenant à la propriété familiale, il s’associa à son frère Pierre pour produire des vins de qualité, contribuant à porter les vins de Genève parmi les meilleurs de Suisse. Le Domaine des Hutins est dirigé maintenant par sa fille Émilienne. Je ne l’ai pas revu depuis quarante ans, sauf sur Internet : ici, ou là et là, etc.
En descendant du bus, une scène pittoresque

Vendredi 25 mai, 19h, rue du Faubourg Saint-Antoine, à l’angle de la rue des Immeubles industriels, Paris 11e. Descendant, comme souvent, du bus 86, nous trouvons le carrefour très animé par la présence des pompiers et de nombreux curieux. Ce qui fume abondamment sur le toit est une gaine d’aération. Comme on voit les cuisiniers du café l’Extra Old dans la rue, on peut se dire que c’est leur cuisine qui a pris feu. Rien de grave.




