Fauteuil d’écriture


Mardi 3 juillet 2012, 20h. Remarqué ce soir sur la terrasse de la famille Y., avenue Jean Jaurès, Paris 19e, ce fauteuil bridge en frêne de la gamme Bow-Wood édité par Hugues Steiner en 1948 (il s’inspire d’Alvar Aalto). J’apprends qu’il vient de Bourg-la-Reine où il appartenait à Robert Ricatte (1913-1995), professeur de littérature française à l’Université Paris VII, grand spécialiste de Jean Giono (il dirigea l’édition dans la Pléiade des œuvres romanesques) et auteur de Réflexions sur les « Rêveries » (José Corti, 1965).

Esthétique simultanéiste du cru


Mardi 3 juillet 2012, 13h45, restaurant Kim & Kim, rue Chevreul, Paris 11e. Ce petit restaurant familial authentiquement coréen est bon marché et d’une réputation justifiée. Avant de cuire, le bœuf aux légumes — avec du calamar ensuite — offre une jolie image colorée dans son cercle de barbecue. On note que c’est en 1839 que le chimiste Eugène Chevreul publie De la loi du contraste simultané des couleurs et de l’assortiment des objets colorés dont l’influence artistique se prolonge jusque dans cette photo.

Notice Cnrs, ici.
Notice sur deux livres de Chevreul, ici.

Le cercle chromatique de Chevreul. (dr)

Une intense ligne de lumière rose qui respire


Vendredi 29 juin 2012, 21h, musée Mac/Val à Vitry-sur-Seine. Inauguration d’un nouvel accrochage. Nous avions vu dans la grande exposition Sarkis du Mamco de Genève (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=5029) cette série de onze photos de films, onze enfants qui sont le plus souvent les personnages principaux de films de pays et de temps différents, confrontés à la cruauté du monde. Ici, la pièce est dans sa version la plus achevée et la plus impressionnante. Dans Trésors de la mémoire (les onze enfants de l’histoire du cinéma), 2002, un néon, dont la lumière monte et descend, faisant passer l’immense salle du noir au rose le plus intense au rythme de la respiration de l’artiste, relie les photographies les unes aux autres en passant par les yeux des enfants.

28 juin 1712



Jeudi 28 juin 2012, Panthéon, Paris 5e, inauguration de l’exposition Jean-Jacques Rousseau et les Arts pour le 300e anniversaire. L’invitation est au nom du président du Sénat, de la ministre de la Culture, de la présidente du Centre des monuments nationaux, de l’administrateur du Panthéon. Mais il semble qu’il n’y ait pas eu de discours (ni de musique). Du champagne à volonté et pas mal de petits-fours salés, puis sucrés. On cherche en vain une relation à la fête rousseauiste. Une petite foule dans laquelle nous ne connaissons personne et dont, à vrai dire, on se demande qui la compose. Deux volumes autographes pour la Maréchale de Luxembourg de La Nouvelle Héloïse sont exposés, avec leurs dessins originaux par Moreau le Jeune. Rousseau et le dessinateur rivalisent de finesse et d’élégance dans le trait : « monuments » magnifiques. Le buste en terre cuite daté de 1779 par Jean-Antoine Houdon (Musée du Louvre) est d’une présence extraordinaire, on peut le photographier comme un visage vivant. Des cartes à jouer où Rousseau a inscrit des ébauches des Rêveries sont prêtées par Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel. On avait eu l’occasion de les toucher en les reproduisant, en 1999, pour les besoins du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau (Gallimard, 2000) — sans utiliser ces prises de vues, finalement. Au dos de cet as de trèfle :

La honte accompagne (ordinairement, biffé)
l’innocence, le crime ne la connaît plus.

Je dis tout naïvement mes sentiments, mes opinions,
quelque bizarres, quelque paradoxales qu’elles puissent être;
je n’argumente ni ne prouve parce que je ne cherche à persuader personne et
que je n’écris que pour moi.

Voices of aliveness



Samedi 23 juin 2012, 14h-15h30, La Martinière, estuaire de la Loire. Les cyclistes volontaires empruntent un circuit spécialement aménagé. Leur image et leur voix (ils sont invités à crier leur nom codé en morse) sont enregistrées pour constituer le « monument » virtuel conçu par Masaki Fujihata et nommé Voices of aliveness.
Voir : http://www.fujihata.jp/)