Aubervilliers, où es-tu ?


Mercredi 25 juillet 2012, 16h. En revenant de Saint-Denis en voiture, une visite de curiosité à ce centre commercial, récemment ouvert Porte d’Aubervilliers « au bord de l’eau » (une branche du canal de Saint-Denis), dans la nouvelle zone d’activité du Millénaire (« 300 entreprises et 12 000 salariés en moins de 10 ans »). Architecture de hangars, rien de nouveau, sauf peut-être dans le parking : une voix de synthèse (Alphaville) prononce automatiquement trois fois le numéro de votre emplacement.


Gentils enfants d’Aubervilliers, extrait du film d’Eli Lotar (1905-1969), 1946, avec un commentaire et trois chansons, mises en musique par Joseph Kosma, de Jacques Prévert.

La façade du 15 rue Malebranche


Lundi 23 juillet 2012, 16h30. En plein cœur du Quartier latin, au numéro 15 de la rue Malebranche, Paris 5e  (non loin de la Sorbonne où Malebranche étudia la théologie : « L’homme n’est pas à lui-même sa propre lumière. »), la façade est brûlée (parce qu’il y a en dessous un emplacement où l’on gare les scooters et que l’on met le feu à ces scooters). C’est aussi le siège de CNRS Éditions.

De la bibliothèque : Ein Maler aus Deutschland. Gerhard Richter. Das Drama einer Familie


Dimanche 22 juillet 2012, 18h. Il fait beau, on aurait pu sortir ou regarder l’arrivée du Tour de France à la télévision. Mais j’ai achevé la lecture d’un livre terrifiant et fascinant : Richter, peintre d’Allemagne – Le drame d’une famille, de Jürgen Schreiber, aux Presses du réel, traduit par Mariette Althaus, 2012, publié en allemand en 2005,  Ein Maler aus Deutschland. Gerhard Richter. Das Drama einer Familie, Munich, Pendo-Verlag. Cette enquête obstinée, aux enchevêtrements historiques et personnels inconcevables, tourne autour du tableau de Gerhard Richter, Tante Marianne, 1965. Disons simplement qu’on y apprend, comme le peintre lui-même tardivement, comment la tante du peintre, que l’on voit à l’âge de 14 ans tenant son neveu de quelques mois, en 1932, a été diagnostiquée « 14 » par la médecine nazie, comment elle a été stérilisée, puis euthanasiée en 1945, par le chirurgien et gynécologue, haut gradé SS, qui deviendra le beau-père de Richter (le nu qui descend un escalier est sa fille, la jolie petite Betty est sa petite-fille). Au sortir de ce livre, on ne peut plus suivre ceux qui prétendent ignorer la biographie pour comprendre l’œuvre. Richter dit : « Mes tableaux sont plus intelligents que moi. » (p. 228).
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Gerhard Richter, Aunt Marianne, 1965, huile sur toile, photographiée le dimanche 8 juillet dans l’exposition Gerhard Richter, Panorama au Centre Pompidou.

Rapprochement


Gerhard Richter, Verkündigung nach Tizian (Annonciation d’après Titien), 1973, huile sur toile de lin, Hirshorn Museum, Washington D.C., photographiée le dimanche 8 juillet 2012 dans l’exposition Gerhard Richter, Panorama au Centre Pompidou. La notice dit, qu’avec cette œuvre, « l’une des rares confrontations avec l’art religieux », « l’artiste reconnaît humblement l’impossibilité de peindre aujourd’hui à la manière de Titien. » Je pense qu’il faut replacer ce tableau, du fait même de sa singularité, dans la peinture, à la fois d’histoire et familiale, de Richter.
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Alfred Manessier, L’Otage, 1987, huile sur toile, collection particulière, photographiée (sans autorisation) au Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Saint-Riquier, le jeudi 19 juillet 2012. Dans un texte hommage du catalogue Alfred Manessier. Le tragique et la lumière, Joëlle Brunerie-Kauffmann rapporte comment son père, Pierre Brunerie, a connu Manessier en architecture aux Beaux-Arts de Paris, comment il lui commanda en 1957-1958 des vitraux pour la chapelle Notre-Dame de la Paix au Pouldu, et comment son mari, Jean-Paul Kauffmann, fut soutenu, lors de sa longue détention au Liban, de 1985 à 1988 — voir Ina —, par le peintre et à travers son tableau : L’Otage.
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JLB, Les Perspecteurs, installation vidéo interactive, 2004-2010, ici à l’École supérieure d’art du Havre (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=1418). Si la bande-son — que le spectateur peut retrouver en agissant, par le truchement du personnage de Marie qui écoute un iPod — contient des phrases de Daniel Arasse sur la perspective des Annonciations en peinture, elle cite également Joëlle Brunerie sur la lutte pour la contraception. Ce choix est aussi un hommage à ma propre mère, à son attitude morale et militante en faveur du planning familial dès les années soixante.

Six secondes à l’altitude zéro




Jeudi 19 juillet 2012, plage de Cayeux, département de la Somme. clichés à : 12h 38mn 13s; 12h 38mn 16s; 12h 38mn 19s. Passés ici juste avant le rendez-vous où il sera question du projet d’exposition « Leurs lumières » au Centre culturel de rencontres de l’Abbaye de Saint-Riquier — Baie de Somme. Le vent est fort, les vagues sont hautes, la lumière change très vite.

La Justice


Dimanche 15 juillet 2012, 18h30. L’une des deux colonnes de l’enceinte des Fermiers Généraux, place de la Nation. Celle-ci, au nord-ouest, présente une allégorie de la Justice. On peut rappeler, puisque nous sommes au 14 juillet, que les colonnes admirables de Claude-Nicolas Ledoux, construites en 1797, furent des cibles de la Révolution. Elles furent dénaturées sous Louis-Philippe, en 1843, par l’adjonction de cannelures, des deux statues de rois, et de divers trophées. Il reste qu’elles ont été très bien restaurées (pratiquement reconstruites) récemment et qu’elles sont des repères de notre paysage.


La Barrière de Vincennes par Palaiseau, 1819, dessin, gallica.bnf.fr


Les colonnes en travaux le 4 janvier 2010.

Un chantier urbain




Dimanche 15 juillet 2012, 18h. Le chantier du tramway — une double gare de part et d’autre du cours de Vincennes, Paris 20e et 12e — est libre d’accès le dimanche. « Constructivisme » attractif sous une belle lumière. On dit que le granit taillé — qui décidément s’installe un peu partout dans Paris, conséquence d’une politique écologique ? — vient de Chine. À quel prix financier ? À quel prix humain ? Le pont du chemin de fer de la Petite Ceinture a été soigneusement restauré et repeint. Il faut savoir que ce type de reportage est un effet collatéral des marches de santé (une heure par jour, au minimum, c’est la recommandation).

Cinquante ans de tourisme



Vendredi 13 juillet 2012, 18h30, la rue Soufflot (architecte du Panthéon) et le Panthéon, Paris 5e. Ayant retrouvé et numérisé une diapositive que j’avais prise en juillet 1962 (autour du 14 juillet, d’après les drapeaux), j’ai fait un voyage spécialement vers ce lieu (qui m’est devenu très familier) pour y prendre, sous la pluie, une photo comparable. Il y a un peu plus de voitures et plus de piétons. Quels progrès avons nous connus ? Peut-être celui-ci : ne plus croire au progrès général.