



Lundi 13 août 2012, 17h30, Kassel, Documenta (13), Fridericianum. L’essentiel du rez-de-chaussée, deux très grandes salles, trois autres plus petites, sont vides, traversées par un fort courant d’air, conçu par Ryan Gander (1976 Chester) que l’on ne ressent vraiment qu’au passage des portes (deux grands cubes blancs dissimulent une puissante aspiration). Dans une salle cependant a été reconstituée la console supportant trois sculptures (dont Homme gothique, 1937) de Julio González (1876 Barcelone – 1942 Arcueil), qui se trouvait là lors de la Documenta II en 1959 (une photographie en témoigne).
Auteur/autrice : jlggb
Frankfurt-am-Main HBF

Lundi 13 août 2012, 13h18. La gare centrale de Francfort (construite en 1888, restaurée après la guerre puis de 2002 à 2006), est l’une des plus impressionnantes constructions métalliques que l’on connaisse. On ne l’aperçoit aujourd’hui que très rapidement car, dans le trajet de Paris à Kassel, on n’a que quelques minutes pour passer du TGV à l’ICE.
De la bibliothèque : Atlas de Gerhard Richter


Dimanche 12 août 2012, 16h. Peut-être le plus beau livre de la bibliothèque : Gerhard Richter, Atlas der Fotos, Collagen und Skizzen, Lenbachhaus, München, Oktagon Verlag, Köln, 1997, d’après l’exposition de la Städtischen Galerie im Lenbachhaus, Münich, du 8 avril au 21 juin 1998, 240 x 335 mm, 390 pages. Cette édition « rarissime » se termine avec la planche 633. La version en ligne, sur le site de Gerhard Richter, finit avec la planche 783. La version livre actuelle, Thames & Hudson, London, 2006, comporte 864 pages. Il était dans la logique de la démarche de Richter que de mettre en ligne son Atlas. Si le livre est une œuvre à part entière, le site lui-même constitue une œuvre sans équivalent. Il y a aussi, dans la bibliothèque, la version précédente, de 1989, 234 pages. Le lutrin en métal laqué noir est d’Achille Castiglioni (1918-2002), édité par Zanotta (1975).
À voir absolument, le site « officiel » de Gerhard Richter : http://www.gerhard-richter.com
Aldo Rossi



Vendredi 10 août 2012, 12h30-13h30, Centre Pompidou, exposition La Tendenza, Architectures italiennes 1965-1985. Télescopage de l’architecture des Lumières et des avant-gardes du début du XXe siècle. On retient ici Aldo Rossi, pour avoir croisé plusieurs fois ses bâtiments, à Paris, à Berlin, etc. (Voir « Série colorée à Berlin », 5-7 février 2005, Hôtel Mercure) et pour son célèbre théâtre flottant de Venise, figure emblématique du post-moderne en architecture.
Aldo Rossi (1931-1997), Theatro del Mondo, Venise, 1979-1980, projet réalisé, maquette de rendu, bois et métal.
Aldo Rossi, Hôtel Il Palazzo, Fukuoka, Japon, 1987-1989, détail de la façade, bois.
Aldo Rossi, Cabine de l’Elbe, 1983. Prototype, production Molteni & C.
(Collections du Musée national d’art moderne-Centre de création industrielle).
Voir aussi ma contribution au style Aldo Rossi avec la petite maison en Lego des années 1980 : https://jlggb.net/blog3/?p=216
Chez le docteur

Mardi 7 août 2012, 19h. Sortant d’un rapide rendez-vous chez le docteur T., 45 rue de Montreuil, Paris 11e, je remarque que l’escalier vient d’être refait. On a donc un exemple très net de l’escalier parisien standard en bois des immeubles du XIXe siècle (sauf qu’ici, au premier étage, les tomettes ont été remplacées par une espèce de travertin et que la rampe en bois vernis est laquée noir, probablement pour masquer les reprises en résine plastique). Et c’est l’occasion de se poser la question de la photogénie des escaliers (puisque c’est un thème de ce blog, illustré déjà par 69 sujets depuis la fin 2007). On notera que l’escalier est par excellence le lieu de l’expérience de la transition, modèle fonctionnel unique mais apte à se façonner dans des matières, des formes et des couleurs les plus variées : c’est un appareil et un apparat. C’est en même temps une scène à part entière pour le théâtre quotidien, pour une dramaturgie forcément inscrite dans la verticalité et dans la pesanteur. Nombre de monuments ou simplement de bâtiments s’articulent ainsi sur leurs escaliers. Dans le jargon de l’art contemporain on parlerait d’environnements participatifs, de dispositifs performatifs. On citera l’exemple de Bill Viola (voir : « Escalier italien » dans jlggbblog1). Ou encore cette proposition permanente de Max Neuhaus (1939-2009), Three to One, à la Documenta de Kassel (créée en 1992) : en montant trois étages d’un immeuble moderne, on distingue progressivement un son, une fréquence haute et légère; lorsqu’on descend, ayant pris connaissance de ce son, on continue à l’entendre jusqu’en bas.
Louis Soutter

Jeudi 2 août 2012, 19h-20h, La Maison Rouge, 10 boulevard de la Bastille, Paris 12e. exposition de dessins, peintures, livres surchargés de Louis Soutter (1871-1942) : Louis Soutter, le tremblement de la modernité, commissaire Julie Borgeaud. On ne peut pas faire de photos. Louis Soutter, placé — certainement de façon abusive — dans un asile de vieillards, à Ballaigues dans le Jura vaudois, à l’âge de 52 ans et jusqu’à sa mort, fut aidé par Le Corbusier qui était son cousin. La fondation Le Corbusier présente parallèlement une série de dessins dans la galerie de la maison La Roche (voir ci-dessous, samedi 28 juillet 2012).
Vidéos de la Maison rouge :
Louis Soutter, le tremblement de la modernité. Documentaire
L’œuvre de Louis Soutter : rupture ou désapprentissage ?Notice Wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Soutter
À Cabourg



Mardi 31 juillet 2012, vers 14h, 16h et 18h, Cabourg. Marche sur la plage vers l’est : quelques personnes suivent la mer qui se retire pour aller pêcher. L’extrémité de la dune. Dans l’après-midi, le soleil s’est installé et il y a progressivement beaucoup de monde sur la digue et sur la plage. Dans la ville ancienne au plan rayonnant autour du Casino et du Grand Hôtel, toute une collection de villas construites à la fin du XIXe et au début de XXe siècle, et presque que ça. Sur la place, un bel exemple du style néo-normand, dont l’architecte pourrait être Émile Mauclerc, vers 1910. Je suis venu pour la première fois à Cabourg en 1970, invité par un ami dont la famille possédait une maison ici sur la digue, et aussi une autre grande maison avec un parc à Trouville. Ce fut l’un de mes contacts avec la grande bourgeoisie parisienne.
Alvar Aalto : la maison Louis Carré







Dimanche 29 juillet 2012, 15h-17h. Visite de la maison Louis Carré, construite par Alvar Aalto à Bazoches-sur-Guyonne, Yvelines, en 1959. Le guide met beaucoup l’accent sur le luxe des matériaux et des objets, sur le style bourgeois du propriétaire, Louis Carré (1897-1977), marchand d’art à Paris, dont on apprend aussi qu’auparavant il habitait l’immeuble Le Corbusier de la rue Nungesser et Coli. Alvar Aalto (1898-1976) a construit beaucoup d’établissements collectifs et publics et l’on peut constater qu’il voit dans la commande d’un client fortuné, comme l’avait fait Le Corbusier, l’occasion d’une œuvre totale. Finalement, on s’intéressera d’abord à divers types de luminaires, notamment ceux destinés à éclairer les tableaux (aujourd’hui dispersés).
Le Corbusier : l’appartement-atelier









Samedi 28 juillet 2012, 16h30-17h30. Visite de l’appartement-atelier de Le Corbusier aux 6e et 7e étages de son immeuble du 24 rue Nungesser et Coli, Paris 16e, construit entre 1931 et 1934 (L’immeuble Clarté à Genève est construit entre 1930 et 1932. La Cité-Refuge de l’Armée du Salut, Paris 13e, est de la même période). L’ensemble de l’espace est travaillé par la lumière et les murs de couleurs. Une tranche d’arbre sur trois pieds en fers plats : une table comparable, mais plus basse, exposée à Tokyo en 1941, apparaît dans l’ouvrage Charlotte Perriand et le Japon, Paris, 2008, p. 145. Au dernier étage, on entre dans la chambre en poussant un placard pivotant. Elle est occupée par un lit dont la hauteur permet de voir le paysage vers l’ouest, par une douche aux formes arrondies et un vestiaire en bois. Le luminaire a lui aussi son équivalent (Potence, 1938) chez Charlotte Perriand. Dans la cour intérieure du sud, un palan monte-charge. Le Corbusier se plaît probablement à se donner en exemple, à séduire pour ses principes.
Le Corbusier : la maison La Roche









Samedi 28 juillet 2012, 15h-16h. Visite de la maison La Roche, 10 square du Docteur Blanche, Paris
16e, construite en 1923-1925. On y fait l’expérience de la « promenade architecturale » revendiquée par Le Corbusier, de la polychromie — dont : le vert de Paris, le bleu ceruleum moyen, le brun rouge, le Sienne naturelle moyen, claire et pâle —, du jeu des relations entre intérieur et extérieur redoublé par celui des vues qui s’ouvrent sur l’intérieur lui-même. La série des villas pour des clients de « la bourgeoisie éclairée » est le moyen d’une remise en question et d’une expérimentation. La maison La Roche fait écho pour moi à la vision de la maison Schroeder par Rietveld à Utrecht, il y a des années. J’en trouve la confirmation dans le livre de Jean-Louis Cohen, Le Corbusier. La planète comme chantier, Textuel, 2005, p. 66 : « Alors que ses articles commencent à attirer l’attention de l’ensemble des architectes européens, c’est à Paris qu’il est fortement impressionné, à l’automne 1923, par l’exposition des architectes du groupe néerlandais De Stilj à la galerie Léonce Rosenberg. Les surfaces planes et les articulations orthogonales des maquettes de Theo Van Doesburg et Cornelis van Eesteren l’amènent à reconsidérer ses projets du moment, comme la maison La Roche. » La partie d’habitation est minimaliste, discrète et fonctionnelle, alors que la partie galerie est complexe et surprenante. Le fauteuil signé Charlotte Perriand, Le Corbusier et Pierre Jeanneret — ici dans sa version « molle » en cuir — a été créé en 1928. La bibliothèque est en béton et fait garde-corps. Le vide du hall agit comme liaison des étages et des deux composantes de la maison.
Fondation Le Corbusier : http://www.fondationlecorbusier.fr/
