Décor intéressant (Hôtel)

Il y a dans la rue Bichat (Paris, Xe), dans son extrémité haute, presque à l’angle de la rue du faubourg du Temple, un long immeuble (22 fenêtres) de deux étages seulement, probablement (et heureusement) voué à une destruction prochaine. Le traitement de la façade, les textures, les couleurs, l’enseigne en contreplaqué découpé, en font une manière de décor de cinéma. Qui plus est, typiquement parisien populaire. Les lettres, proches du Vendôme, un caractère encore très présent dans les enseignes, pourraient dater les choses des années cinquante, mais il n’est pas dit que ce ne soit pas plus récent — le côté décor, précisément.

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Lundi 9 mars 2009, 15h28.

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Le caractère Vendôme, un grand classique de la typographie française
Dessin : François Ganeau, 1951–1953. Fondeur : Olive.

Voir :  Un autre hôtel en Vendôme

Thinline

graffitifleur
Qilé W. & Alex G., associés dans Thinline (voir leur blog), produisent des vêtements et des objets ornés de graffitis et de fleurs, très habilement tracés à la main avec des encres aux couleurs franches, de l’or et de l’argent, du blanc et du noir, « au croisement du graffiti urbain et de la peinture chinoise ».

pingpong
Vendredi 6 mars 2009, 15h, exposition Thinline à la SEMA, 23 avenue Daumesnil, Paris 12e, balle de ping-pong peinte.

thinline
Jeudi 23 octobre 2008, 19h Q. (aka F.) et A. au salon d’art Slick, stand Miss China, Centquatre, rue d’Aubervilliers, Paris 19e.

Rouge de Savoie


On sait que trois couleurs, rouge, vert, ocre, ont été choisies pour la polychromie « Isaline » (avec le blanc et le gris anthracite). On avait remarqué déjà que, parmi les vins de Savoie, le Gamay de Chindrieux (ou même Chevigneu) était d’un rouge très proche du rouge officiel. Vérification par la photographie, samedi 28 février 2009, 13h, sur le balcon du Nice-Savoie, au soleil.

Le verre est de la série
Mangold, Sagaform, Suède, designer : Jon Eliason. p.51.

La dépression (Vie des objets. Ch.2)

Vendredi 13 février 2009. Cette fois, c’est la mug Cornish Blue qui est retrouvée brisée. L’usure du temps, certes. Mais, ce vendredi 13, il faut comprendre ce qui peut pousser à bout une mug.

Les faïences Cornish Blue ont été fabriquées depuis 1926 par TG Green & Company à Church Gresley, Derbyshire, Angleterre. Le nom Cornish Blue se réfère aux couleurs du sud de l’Angleterre, pas à la région de fabrication. Les bandes blanches s’obtiennent par découpe et décollement de la couche bleue, avant glaçure. Dans les années 60, la fabrication traditionnelle avait été modernisée par la designeuse Judith Onions. La tasse ici cassée fait partie de cette série. Mais la fabrique victorienne n’a cessé de décliner. Vendue par la famille Green en 1964, elle a fait faillite en 2007. Puis, le patron de la firme d’ustensiles de cuisine Chomette, Charles Rickards, associé au consultant en design et en marketing Haydn Perry Taylor, dont l’épouse Vik est une fervente collectionneuse de Cornishware, ont repris la ligne classique aux bandes bleu et blanc. Depuis octobre 2008, elle est de nouveau vendue, fabriquée désormais en Chine « to the same high standards as ever ». Cet aveu de la Chine est ici, mais pas .

On l’a vu au chapitre précédent (La jalousie), la mug de Spode, elle aussi un classique anglais, est maintenant fabriquée (très mal) en Chine.

En 2009, TG Green ouvre une poterie artisanale dans sa maison traditionnelle de Derbyshire pour créer, en édition limitée, de nouvelles pièces au nouveau design.

Mais c’est dans l’environnement social qu’il faut chercher les vraies raisons de la dépression. Porté par le bon goût des nouveaux moyens-riches, le regain des valeurs sûres d’une tradition confortée par un design et un commerce choisis (les années 80, Conran, Habitat) s’est dispersé : retour nostalgique aux racines paysannes et nationales (poterie de Cliousclat « savoyarde »), création branchée connotant la petite série semi-industrielle (chopes Assoiffé de Tsé-Tsé en porcelaine de Limoges un peu grise), modernisme exotique chic (gobelets à soba japonais) — et la mug en verre minimaliste « super-normale » de Muji n’est même pas dans le champ.

L’anti dérive ?

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Brochure d’information de la Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund (Confédération allemande des syndicats), Berlin, 1926.

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Mardi 27 janvier 2009, 14h30, Berlin. À l’angle de la Wallstraße et de l’Inselstraße, le bâtiment bien conservé de la Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund conçu en 1922-1923 par Max Taut (1884-1967). Il s’agit de traverser la ville pour voir des constructions historiques du XXe siècle. Et cependant, l’itinéraire sera intéressant tout autant par ses à-côtés. Comme par exemple :
La sation de métro Kottbusser Tor, avec ses plaques émaillées noires et ses carreaux gris-roses brillants. La typographie est très proche du Futura (Paul Renner, 1928). La ligne 8 du métro de Berlin, construite autour de 1900, conserve une architecture remarquable.
Voir : http://www.fotoalbum-berlin.de/OEPNV/U-Bahn/Linie_U8/

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Un ensemble de logements modernes à l’architecture intéressante, Skalitzer Straße, métro Kottbusser Tor (le quartier, c’est « Kotti »). De l’autre côté de la place, c’est encore un gigantesque complexe de logements sociaux des années 1970, que l’on a appelé Nouveau Centre de Kreuzberg (NKZ) et qui est devenu quartier « à problèmes », « la nouvelle scène de la drogue du sud de Berlin ». La rénovation par la peinture fait partie des tentatives pour sauver ce quartier qui abrite quelque 200 000 immigrés turcs.

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Non loin de là, une vitrine du marchand de couleurs (et de pinceaux) pour artistes Farben Kacza, Oranienstraße 172-173, Berlin-Kreuzberg.

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Vu sur Internet, février 2009 (Ne pas fermer les yeux !!! Drogues hors de Kottbusser Tor !).
Photo DDP Berliner Morgenpost

La Vierge au savon

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Berlin, Hamburger Bahnhof, samedi 24 janvier 2009, 20h, rétrospective Beuys Die Revolution sind wir : Basisraum Nasse Wäsche (Jungfrau), environnement, 1979. Le cartel dit qu’au début de l’année 1979 Beuys a vu le palais Liechtenstein de Vienne qui devait accueillir la collection du musée d’art moderne et qu’il en est arrivé à la conclusion que les salles n’étaient bonnes qu’à étendre le linge. À partir de là, la pièce qu’il a produite thématise une interrelation complexe entre un processus économique à réformer, une purification alchimique et mentale et la Junfrau (vierge).

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Joseph Beuys lors de la construction de l’installation Jungfrau Basisraum Nasse Wäsche,
4e Internationale Graphikbiennale der Wiener Secession, 1979. Photo : Hans Nevidal, © VBK, Wien.

Micro-événement



Vendredi 26 décembre 2008, samedi 27, soir, matin, Hôtel HI, Nice. Il a été conçu par Matali Crasset. On lit sur un dépliant [no comment] : « Chaque concept repose sur une organisation particulière de l’espace à vivre et à expérimenter. Il ne s’agit donc pas de thématiques décoratives mais plutôt de typologies qui donnent des alternatives aux espaces habituellement très codifiés. La chambre devient une structure pour accueillir de micro-événements en relation avec le concept de l’espace. »

La matière Enzo Mari



Mercredi 24 décembre 2008, 12h — 14h, musée GAM [Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea], Turin. Exposition Enzo Mari, L’arte del design.
— Enzo Mari, L’arte del design, exposition à la GAM, Turin. Il reste beaucoup de matière pour des notices à propos d’Enzo Mari et de l’exposition de Turin. On pourrait faire des blogs simplement en reproduisant des visites d’expositions (ou des projections de films, des lectures de livres et de magazines, des séances de surf sur le web, etc.). Alors pourquoi ne pas reprendre le panneau d’entrée ?
— Enzo Mari, In attesa [en attente], corbeille à papiers, Danese, 1970. Là, c’est la corbeille à papiers en plastique, cylindrique, blanche, la seule au monde à s’incliner pour aider un peu à ne pas la rater lorsqu’on lance un papier froissé. Ironie du designer sur le design — et sur le monde des bureaux. On pense aussi à Rousseau qui mesure son destin en lançant des cailloux contre un tronc — et qui aide sa chance en s’approchant.