La gare du téléphérique du Revard

La gare du téléphérique du Revard a été construite en 1935 pour la Société hôtelière et touristique du Réseau P.L.M. par la Société d’architecture de Paris, André Rebuffel, ingénieur civil de l’Ecole des Ponts et Chaussées, spécialisé dans la réalisation de téléphériques, Charles et Laurent Pierron, architectes. L’exploitation du téléphérique a cessé en 1969.

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Mentens, commune de Mouxy, Savoie, samedi 11 avril 2009.

mentens_cartepostaleCarte postale, années 30

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Lac du Bourget, Dent du Chat, Aix-les-Bains, téléphérique du Revard.
Carte postale, années 50

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Carte publicitaire, années 30
[Documents : dr]

Un temps sans épaisseur

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Samedi 11 avril 2009, 15h15. Dans le parc de l’ancien Climatérium de Corbières à Pugny-Chatenod, Savoie (voir le billet Climatérium), un très grand conifère (lequel ?) a été scié. Il faudrait le regarder de très près, ce doit être possible de compter les cercles de ses années. Les arbres sont des monuments — monumentum, ce qui fait se souvenir, ce qui garde la mémoire. Du monument dressé au monument comme diagramme du temps, on peut finalement préférer ce dernier, pour sa planéité, pour sa lisibilité. Et pour l’allusion à la coupe de séquoia que l’on voyait sous un abri du Jardin des plantes, avec ses petites plaques de cuivre gravées de dates et d’événements. C’est cette coupe de la base d’un séquoia, conservée au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, qui apparaît dans La Jetée :

[flv width= »500″ height= »315″]http://jlggb.net/blog/wp-flv/sequoia.flv[/flv]

« Ils marchent. Ils s’arrêtent devant une coupe de séquoia couverte de dates historiques.
Elle prononce un nom étranger qu’il ne comprend pas. *
Comme en rêve, il lui montre un point hors de l’arbre.
Il s’entend dire : « Je viens de là… » »
* Hitchcock ?
Chris Marker, La Jetée, 1962

Hitchcock ? C’est la question qu’inscrit l’auteur, dans la version livre de La Jetée. Car l’allusion circule. Elle vient à Marker de Vertigo (1958). Il en en reprendra encore la figure dans Sans Soleil et dans Immemory (1998).

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Alfred Hitchcock, Vertigo (1958).

[images extraites de : http://www.hitchcockwiki.com/wiki/1000_Frames_of_Vertigo_(1958)]

Pour dresser cette carte du temps, il a fallu scier et abattre la colonne monumentale, verticale, spatiale, de l’arbre. La carte d’un temps n’a pas besoin, comme celle d’un espace, de mimer l’horizontalité d’un sol. Après le basculement du tronc, elle peut s’affronter comme un tableau noir. Elle est sans épaisseur ou, plus exactement, son épaisseur est faite de répétitions qui sont autant de moments synchrones et distincts. Une remarque encore : les profondes cassures du tronc, comme les vagues de sa périphérie, n’affectent en rien la chronologie, immuablement concentrique. Elles disent cependant des présents différents et les sorts contraires que connaissent les souvenirs.

Note 1. Sur le sciage des troncs, voir la technique observée à Xian (Chine) en avril 2006.

Note 2. La coupe de séquoia du Jardin des plantes est retrouvée, voir le billet du 20 mai 2009.

Climatérium

carte-corbieresCarte postale [dr] :
« Aix le 28 avril 04. […] L’établissement où je vais aller d’ici quelques jours. »

À 700 mètres, au dessus d’Aix-les-Bains et sous le Mont Revard, près de Pugny-Chatenod, sur le site des Corbières qui semble bénéficier d’une température douce et d’une bonne exposition au soleil, le docteur Jean Monard associé à l’entrepreneur Léon Grosse firent en 1893 le projet d’un centre de villégiature et de cure. Un bâtiment fut construit mais le projet s’arrêta en 1911. L’hôtel, ou « climatérium », devint en 1917 un établissement pour orphelines de guerre géré par une congrégation religieuse. Agrandi (partie gauche sur la photo), il restera un orphelinat jusqu’en 1970. Il y a quelques années nous est revenu le témoignage affligeant de l’une des anciennes pensionnaires. Aujourd’hui propriété d’une autre congrégation monastique, le bâtiment semble à l’abandon.

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Les Corbières, Pugny, Savoie, samedi 11 avril 2009, 15h.

La recherche d’une bouteille rouge (Erik Höglund, H525/130, 1963)

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Fenêtre sur la cour, jeudi 9 avril 2009, 12h20. Elle est depuis quelque temps ressortie des placards, une petite bouteille de verre rouge épais, formée par le souffle et à la main. Elle invite à une nouvelle expérience de recherche d’identité sur le Web. Plusieurs tentatives avaient été faites, à partir des mots Sweden, vase, glass, red, sixties, etc., assortie de la recherche visuelle d’une bouteille rouge ; sans succès. Ce vase a été acheté à Stockholm en août 1963. Il s’agit donc de vérifier son inscription, 45 ans après, dans une autre mémoire que le cerveau d’une personne. Un nouvel examen de l’objet révèle, en dessous, un numéro, finement gravé à la main : H525/130. Sous Google image, H525/130 ne donne rien, ni H525. Avec H525 glass, par contre, s’affichent, dès la première page, deux vases en verre, un vert et un jaune, en forme de bouteilles, avec la mention Green engraved: H525/170, 648 x 486 – 36 ko – jpg, www.starkeld.com. C’est une indication décisive : Erik Höglund for Boda, est le point de départ de tout un dossier de documents concernant le designer et artiste suédois Erik Höglund, auquel un musée est consacré près de Stockholm : http://www.erikhoglund.com/eng-biografi.html.

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Erik Höglund (1932-1998)

h525-glassH525 glass

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Erik Höglund Kristallhytta No 102 E

ehgl086http://elephant-life.shop-pro.jp/?pid=12273473
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À la faveur d’un temps mort, une nouvelle recherche, sur iPhone cette fois, et à partir du nom du designer, fait aparaître un site de vente japonais, intitulé Biotope (le public japonais aime beaucoup le design scandinave). Il y a des entrées par noms, dont Erik Höglund. Il y a 88 objets proposés, le 40e est une bouteille rouge, un peu plus grande que celle de 1963, mais très proche.

biotopehttp://www.biotope.biz/59/list2/

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À partir d’une devanture, vers le Web sémantique

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Le mot « devanture » collecte, sur Google images, 48 500 liens  vers des photographies (consultation limitée à 1 000) et cela donne des planches intéressantes (si la vitrine a quelque chose à exposer, la devanture s’expose et possède donc une certaine photogénie). On avait dit que le Web était comme la rue. Peut-être une raison de plus pour ouvrir une rubrique « La vie des vitrines ». Les home pages sont des devantures autant que des vitrines. La toute petite devanture du Studio Henry avait été remarquée depuis 40 ans. Et on y a assisté à la disparition des portraits qui en faisaient un lieu de conservation de cet art « bourgeois ».

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Google. Recherche d’images pour « devanture », 4 avril 2009.

wordpress

Francis Chouquet, Amaury Balmer et Xavier Borderie, WordPress,
Pearson, janvier 2009, 360 p.

Vendredi 3 avril 2009, vers 13h, sur le chemin du retour de la librairie Eyrolles (achat d’un livre technique sur WordPress, 31,35 euros ttc, déduction faite d’une remise de 5%), l’idée vient de réaliser ce qui était en projet depuis longtemps, photographier cette devanture remarquable pour sa qualité graphique, sa visibilité et sa modernité, pour la typographie en relief de son enseigne très haute et étroite, pour l’Isorel jaune perforé des vitrines et les parements en lames d’aluminium doré.

Pour publier la photo ainsi très simplement faite, un détour par Google Maps et Street View permet de vérifier l’adresse : 4 boulevard Henri IV, Paris 4e.

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Boulevard Henri IV, quai Henri IV. Images Street View, 4 avril 2009.

Ensuite, la seule référence du Web semble se trouver dans cet article d’un blog (le mot vieux est souligné par nous) :

Îlot. Si Paris est une ville fascinante, elle peut être aussi une ville vaniteuse, perdue dans une fuite en avant épuisante, dont la meilleure illustration reste la circulation à la fébrilité douteuse. J’y cherche toujours des ilots de paix, des endroits où le flux du temps se calme, où le cœur de la ville ralentit, abandonnant sa tachycardie démente. J’en ai trouvé un, magique. C’était tout à l’heure, j’étais à l’affut d’un photographe prêt à me tirer le portrait pour mon passeport, négligeant les photomatons accueillants comme des vespasiennes de gare. J’ai trouvé le « studio henry », perdu sur une grande avenue. Une petite devanture toute désuète, rien en vitrine, juste en très grand, en lettres de bois, sur un fond de planches, façon années ’50-’60, « studio henry ». Là, un très vieux monsieur casquetté, habillé comme dans Jean Gabin ou Noël-Noël dans les Vieux de la vieille, concentré sur une vieille télévision, seul, ne réagissant même pas quand j’ai poussé la vieille porte. Des photos d’identité ? Oui, oui, c’est possible… Engoncé dans ses vieux gilets et dans son accent auvergnat, il m’a emmené dans l’arrière-boutique, sombre, sale, le platras tombant… Là, tout au fond, de vieux projecteurs fatigués égratignaient de faisceaux blafards un vieux prie-Dieu poussiéreux — pour les photos de première communion ? —, un vieux cube sur lequel je dus m’asseoir pendant qu’il me tirait le portrait à l’ancienne, la casquette toujours bien vissée, comme il le devait le faire depuis des décennies, avec un vieux Polaroid mathusalémique. « C’est comme Pagnol, ici », me dit-il, tout fier, « y a pas de grand décor », et j’acquiesçai. Je me pris à lui parler en retrouvant l’accent de ma Hesbaye natale et on a discuté d’histoire, de Moyen Age. Période merveilleuse: il devait y avoir alors une nature plus belle que jamais, des animaux partout, or, voyez-vous, me confiait-il, « je suis chasseur, et j’aurais aimé vivre au Moyen Âge ». Je n’avais jamais songé à cela, le Moyen Âge comme paradis des chasseurs. Pourquoi pas ? Il a bien le droit, Henry, de rêver de ce Moyen Âge-là! Je suis parti de là tout heureux, comme si j’avais pris dix jours de vacances loin du tumulte, tout léger, je suis sorti, avec mes photographies, bien réussies. Je lui ai promis de revenir.
http://www.medievizmes.net/document444.php

Ce blog est celui de Paul B. chercheur médiéviste (CNRS, Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, section de diplomatique), spécialiste du traitement électronique des manuscrits et des archives. Un lien se présente vers un autre blog : http://www.lespetitescases.net/ celui de Gautier P, consultant en matière de Web sémantique ou Web3 — « un web ‘pénétrant’ qui comprend le sens des mots, les met en relation par des liens intelligents ». On va trouver aussi sa compagne, Emmanuelle B., conservateur au département de la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, et son propre blog : http://www.figoblog.org/. On pourra se documenter, par exemple, sur la « négociation de contenu » et on aura l’image de leur enfant, etc.

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Graphe de l’Open Data Movement
. Représentation des ensembles de données qui ont été publiés et liés par le projet à ce jour, soit plus de 4,5 milliards de triplets RDF (Resource Description Framework) liés par 180 millions de liens RDF (Mars 2009).

bebeblog

Du relationnel au sémantique, de proche en proche, de la devanture sans photographies du photographe du boulevard Henri IV, on se retrouve là : http://liberfloridus.cines.fr/textes/cines.html. « Cette base recense les manuscrits enluminés issus des fonds des bibliothèques Mazarine et Sainte-Geneviève. Elle représente près de 1 600 manuscrits et 31 000 images, toutes consultables par feuilletage. »

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Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 0072. Bible glosée, 13e s. ; début : 1 200 ; fin : 1 224 ; Sainte-Barbe-en-Auge, prieuré ; codex; parchemin ; 245 ff. ; 358 x 240 ; © IRHT – BU – SDBD.

Post scriptum
Les lettres de l’enseigne STUDIO HENRY peuvent-elles se trouver sous forme de police ? Le iPhone dispose depuis peu de l’application WhatTheFont. La photo (redressée, recadrée, traitée envoyée par e-mail sur le téléphone) est soumise à analyse et confrontée à la base de données de MyFonts. Résultat le plus approchant : Tall Skinny Condensed de Outside the Line, designer : Rae Kaiser, 1999. Grand, maigre et étroit, ces trois caractéristiques sont rarement rassemblées. L’enseigne, aussi haute que la vitrine, avait besoin de ce radicalisme.

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studio

L’enseigne originale et sa version typographique approximative.

 

Note d’avril 2012
Le Studio Henry a fermé il y a quelques mois et une lettre de l’enseigne a été arrachée.

La vie des vitrines

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aglo-adam
Le chemisier Adam, rue du Casino à Aix-les-Bains, était resté tel quel depuis 50 ans et c’était un lieu d’hommage à Roland Barthes. Mais ses jours étaient comptés. Depuis mars 2009, c’est la fin. Lundi 30 mars 2009, 15h26.

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Un peu plus loin, rue Claude de Seyssel, la transformation d’un magasin en bureau a sauvé provisoirement la vitrine — très pure — d’un magasin de mode. Pour mettre un magasin à la retraite, lui effacer son enseigne. Lundi 30 mars 2009, 15h14.

L’éclair dure longtemps


Jeudi 5 mars 2009, 21h55, photographiée dans l’exposition Gakona au Palais de Tokyo, une sculpture de Roman Signer, Parapluies, 2009 (deux parapluies, fil nylon, bobines Tesla, dimensions variables, assistance, conception et réalisation, Jürg Nänni, conception bobines Tesla, Finn Hammer, courtesy Galerie Art:Concept, Paris).

Gabriel Loppé (1825-1913), La tour Eiffel foudroyée, 1902,
épreuve sur papier, Paris, musée d’Orsay.
Crédit photographique de la reproduction : ©Photo RMN, ©Hervé Lewandowski.

Coïncidence. Pour l’affiche et l’invitation de l’exposition Electra au Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 10 décembre 1983 au 5 février 1984, avait été trouvée, au Palais de Tokyo (dans le fonds Eiffel qui ensuite devait aller au Musée d’Orsay), cette photographie de Gabriel Loppé, peintre, photographe et alpiniste. Depuis, elle a été souvent reproduite.

Invitation de l’exposition Electra, 1983, maquette : J.L.B.

Un sifflet parmi d’autres


Pour la manifestation des universités du jeudi 19 février 2009 (Place d’Italie – Sèvre-Babylone), un dispositif: les sifflets, de très nombreux sifflets. Ici, réactivé pour l’occasion, celui rapporté de Shanghai en juin 1973 (inscription: ?? ??, Zhong Guo Shanghai, Chine Shanghai), une bonne copie du modèle anglais de sifflet à roulette, d’arbitre, mais aussi de policier, de chef de gare, etc. inventé par Joseph Hudson & Co à Birmingham en 1884: The Acme Thunderer.

Pour écouter le son officiel du sifflet Acme Thunderer, cliquer ci-dessous:

[audio:http://jlggb.net/blog/wp-mp3/sifflet.mp3]

Archéologie


Dimanche 15 février 2009, après-midi. Chez Alain et Cathy B. à Villiers Saint-Frédéric, juste sous la maison, se trouvent des silex taillés en quantité. C’était probablement un atelier de fabrication, à quelle époque au juste ? Une très grosse pierre a été sortie au moment de la construction du sous-sol de la maison. Elle est comme un établi, ou un étal de boucher, ou une table de sacrifices, un autel rituel. Voir la surface plane légèrement creuse, le canal et le bassin, les nombreuses marques de lames.


Dans la maison, au sous-sol, une horloge de cent ans (?) qui vient de la maison R., garagiste à Pierrelatte, Drôme. Remarquer la qualité du dessin des chiffres, romains et « arabes », noirs et rouges.