

Vendredi 26 décembre 2008, 14h30, Espace d’art concret, Mouans-Sartoux, Alpes-Maritimes. Donald Judd, la couleur plus que la forme, Bank, 1982 ; Chair, 1984.
Catégorie : Design
Perché è lì…


Mercredi 24 décembre 2008, 12h — 14h, musée GAM [Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea], Turin. Exposition Enzo Mari, L’arte del design. Enzo Mari, Modulo 856, construction en bois laminé de blanc, miroir, 1967. De cette pièce, critique à l’égard des grandes expositions collectives où les visiteurs n’ont pas la possibilité de juger, Enzo Mari dit : « il visitatore scopre inaspettamente la propria immagine, attonita, riflessa da uno specchio. L’idea è che possa domandarsi perché è lì… » [Le visiteur, étonné, découvre de façon inattendue sa propre image reflétée dans un miroir. L’idée est qu’il puisse se demander pourquoi il est là…]. Catalogue Enzo Mari, L’arte del design, Federico Motta Editore, Milan, 2008, p. 145. En 2021, la grande monographie d’Enzo Mari à la Triennale de Milan montrera de nouveau ce dispositif : http://jlggb.net/blog7/3727-2/
Davide Boriani, Chiggio, Gianni Colombo, Gabriele de Vecchi, Enzo Mari, Manfredo Massironi,
Percorso a passaggi programmati, 1968,
théâtre mobile de la maison de la culture de Grenoble,
exposition Cinétisme-Spectacle-Environnement.
Le travail sur l’exposition de Grenoble en 1968 fut l’occasion d’une rencontre avec Enzo Mari et d’autres artistes italiens réunis pour cette œuvre collective. Le commissaire de l’exposition, Frank Popper, écrit dans son ouvrage Art, Action et Participation (Klincksieck, 1980, réédition en 2008) : « Quand Modulo 856 fut installé pour la première fois dans la rue à l’occasion de la sixième biennale de San Marino, le spectateur n’était pas seulement confronté à cet objet mais à un questionnaire sur la nature de l’objet, sur sa signification et sur son appréciation. » [traduction à partir de l’édition anglaise]. Voir aussi l’article de Birgit Lohmann, Designboom.
Enzo Mari
© designboom
Wunderkammer


Mercredi 24 décembre 2008, 12h — 14h, musée GAM, Turin. Exposition Enzo Mari, L’arte del design. En 1993, Enzo Mari dessine un Wunderkammer, une vitrine en bois mélaminé, aluminium et verre trempé, éditée par Zanotta, elle existe ou existait en plusieurs dimensions. Une neutralité solide indépendante des « merveilles » qu’elle doit contenir, une allusion aux panneaux-vitrines d’entreprises, le gris, la référence didactique font de cet objet un dispositif « distanciateur » d’inspiration brechtienne. Les objets proviennent du Wunderkammer personnel d’Enzo Mari.
La matière Enzo Mari


Mercredi 24 décembre 2008, 12h — 14h, musée GAM [Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea], Turin. Exposition Enzo Mari, L’arte del design.
— Enzo Mari, L’arte del design, exposition à la GAM, Turin. Il reste beaucoup de matière pour des notices à propos d’Enzo Mari et de l’exposition de Turin. On pourrait faire des blogs simplement en reproduisant des visites d’expositions (ou des projections de films, des lectures de livres et de magazines, des séances de surf sur le web, etc.). Alors pourquoi ne pas reprendre le panneau d’entrée ?
— Enzo Mari, In attesa [en attente], corbeille à papiers, Danese, 1970. Là, c’est la corbeille à papiers en plastique, cylindrique, blanche, la seule au monde à s’incliner pour aider un peu à ne pas la rater lorsqu’on lance un papier froissé. Ironie du designer sur le design — et sur le monde des bureaux. On pense aussi à Rousseau qui mesure son destin en lançant des cailloux contre un tronc — et qui aide sa chance en s’approchant.
L’évidence

Vendredi 19 décembre, vers 16h, Musée des arts décoratifs, Paris. On le revoit dans « Kansei », l’exposition de design japonais, le grille-pain dessiné par Naoto Fukasawa pour sa ligne minimaliste Plus Minus Zero [voir 17 avril 2008], découvre l’évidence qu’un toast à la fois, ça suffit. Enfin un appareil au bon format.
Masahiro Mori, image prise
Samedi 6 décembre 2008, vers 15h, Maison de la culture du Japon, Paris. Exposition « Wa : l’harmonie au quotidien ». Bol à riz en porcelaine, Masahiro Mori, 1992. Remarque : il est interdit de photographier dans cette exposition. Cependant, dans un « espace découverte », on peut toucher certains objets (attachés à la table). Alors pourquoi ne pas les saisir optiquement ? D’ailleurs, l’appareil utilisé — on voit son ombre — est le même que celui qui est exposé ici au titre du design (Ricoh). Voir, dans jlggbblog, le livre Super Normal.
Masahiro Mori (1927-2005) est l’un des grands réformateurs du design japonais, de ceux qui, comme on le répète dans les articles sur les produits japonais, ont fait passer le Made in Japan du signe de bon marché à celui de qualité. Travaillant à réintroduire des éléments de la tradition artisanale (japonaise) dans la modernité (américaine), il s’est attaché à concevoir des céramiques pouvant être fabriquées en usine tout en ménageant des irrégularités ou en demandant une décoration à la main propre à multiplier les singularités et les styles. Ainsi, la série « Shallow Rice Bowls » décline la même forme très aplatie en 300 décors différents. Masahiro Mori fait un principe de croiser l’originalité et la perfection du style avec une production de masse aux prix accessibles. L’objet emblématique de ce projet est le récipient à sauce de soja « G-type » conçu en 1957 pour la porcelainerie Hakusan Toki Company Limited à Hasami, Nagasaki, produit aujourd’hui à plus de 2 millions d’exemplaires. La série de plats et tasses « WA » créée par Masahiro Mori en 2004 pour Muji en porcelaine Hakuji (fabriquée à Hasami, dans l’île de Kyûshû qui est le lieu principal de la porcelaine japonaise) présente un rapport subtil entre le blanc lisse pur et une surface discrètement striée blanc sur blanc.
Wa est précisément le titre de l’exposition de design japonais que présente la Maison de la culture du Japon. Wa signifie « harmonie ». Selon le catalogue, cette conception traditionnelle de l’harmonie « consiste à concilier des notions antagonistes afin d’opérer leur synthèse à un niveau plus élevé ».
Masahiro Mori et la collection « Shallow Rice Bowls » [dr]
Bouteille à sauce de soja « G-type »
Porcelaine Hakuji pour Muji
Bannières



Dimanche 7 décembre 2009, 19h30, Palais de Tokyo, Paris, 16e. La carte blanche à Jeremy Deller a abouti à l’exposition intitulée « D’une révolution à l’autre », avec entre autres œuvres et documents les banderoles de Ed Hall. Aujourd’hui à la retraite, il a confectionné depuis 20 ans plus de 400 bannières, peintes et en tissus de couleurs découpés et cousus, pour les syndicats, pour des groupes activistes et communautaires, comme contributions à des causes avec lesquelles il sympathise. [D’après le livre de Jeremy Deller et Alan Kane, Folk Archive, Contemporary Popular Art from the UK, Book Works, Londres, 2008, p. 82.]
L’Esprit Mingei au Japon
Dimanche 7 décembre 2008, vers 16h. Musée du quai Branly, exposition L’Esprit Mingei au Japon. Tabouret en bambou qui se transforme en chaise de bébé; plats en céramique, 18e siècle, Shyodai, préfecture de Kumamoto, Japon; 20e siècle, Ushinoto, préfecture de Tottori, Japon (émaux juxtaposés); Plats dessinés par Sori Yanagi et produits à la poterie Nakai à Tottori (1956 ?); suspension par Sori Yanagi, papier, 1979; collections du Mingeikan, Tokyo et Yanagi Design Institute, Tokyo.
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Voir deux articles de février 2011 sur jlggbblog2 :
« Mingeikan » http://jlggb.net/blog2/?p=4040
« Une assiette à deux couleurs d’émaux juxtaposées de Sori Yanagi » http://jlggb.net/blog2/?p=4193
Catalogue L’Esprit Mingei au Japon, sous la direction de Germain Viatte, Actes Sud, 2008
Texte publié à l’occasion de l’exposition sur le site France Inter :
L’Esprit Mingei au Japon
du 30 septembre 2008 au 11 janvier 2009
De l’artisanat populaire au design
Cette grande exposition internationale met en avant les rapports établis au XXe siècle entre la redécouverte des arts traditionnels asiatiques et l’évolution de l’art international à travers le design. Elle permet de découvrir, à travers près de 150 objets, l’évolution et l’influence du penseur Soetsu Yanagi, fondateur du mouvement Mingei.
Le mot « Mingei » est une abréviation de minshuteki kogeï, qui signifie « l’artisanat fait par le peuple et pour le peuple ».
« Il doit être modeste mais non de pacotille, bon marché mais non fragile. La malhonnêteté, la perversité, le luxe, voilà ce que les objets mingei doivent au plus haut point éviter : ce qui est naturel, sincère, sûr, simple, telles sont les caractéristiques du Mingei. »
Soetsu Yanagi, L’Idée du Mingei, 1933
Soetsu Yanagi (1889-1961), penseur et esthète
Tout en s’intéressant aux divers courants de la spiritualité, il se passionne au début du XXe siècle pour l’art et la littérature occidentaux (Walt Whitman, William Blake, Vincent van Gogh, Paul Cézanne, Auguste Rodin). Frappé en 1914 par la beauté d’un vase coréen, il s’efforce, dès les années 1920, soutenu par quelques artistesartisans, de révéler la qualité des objets d’usage quotidien et leur charge spirituelle. Homme d’action, il se préoccupe aussi des conditions du développement futur d’arts populaires désormais confrontés à l’évolution du monde moderne.
Dans un pays qui ne considérait que l’artisanat aristocratique, Soetsu Yanagi, convaincu qu’ « un bon collectionneur est un second créateur », s’attache à découvrir selon son intuition des objets ordinaires (getemono) dont il admire la beauté et qui ont été produits par des artisans inconnus. Marqué par le bouddhisme et la « Voie du Thé », il s’interrogera toute sa vie sur ce qui constitue la Beauté. Il la reconnaît dans des objets sobres et sensibles, dépourvus de virtuosité technique et fait appel pour les qualifier à des termes moraux définis autour de la notion de vertu (toku) : sûr (kakujitsu), fidèle (chûsei), sincère (seijitsu)…
Selon le principe de la voie du bouddhisme accessible à tous, le tariki, il considère que la vérité dépasse la conscience de soi, qu’elle est donnée au-delà des notions de beau et de laid, ce qui a permis de produire des oeuvres justes et durables quels que soient les matériaux utilisés et quel que soit leur usage.
Soetsu Yanagi et ses complices
Après avoir suscité la création d’un musée d’art populaire à Séoul (1924), il décide en 1926 avec l’aide de ses amis, les potiers Kenkichi Tomimoto, Shoji Hamada et Kanjiro Kawaï de créer à Tokyo un musée d’art mingei, le Nihon Mingeikan, qui ouvrira en 1936. L’action de Soetsu Yanagi se manifeste d’abord par la publication de la revue Kogeï (1931-1951) et la création en 1934 d’une société de soutien, le Nihon Mingei Kyokai.
Les liens établis dès le début du siècle par son ami Bernard Leach entre la Grande Bretagne et le Japon, les voyages exploratoires que Soetsu fait à l’étranger (notamment à Skansen), et son enseignement à l’Université d’Harvard assureront à partir de 1929 le rayonnement international du mouvement, en particulier aux Etats-Unis. Le groupe des premiers fidèles s’est entre-temps enrichi par l’adhésion amicale du graphiste et teinturier Keisuke Sérizawa et du peintre graveur Shikô Munakata.
Un Pont entre artisanat et design
Sori Yanagi, fils de Soetsu Yanagi, se consacre comme son père à « l’Esprit Mingei ». Il concilie à partir des années quarante l’approche moderne du design et les enseignements fonctionnalistes du Bauhaus, avec une curiosité sans dogmatisme qui lui est transmise par Charlotte Perriand. Il porte un regard de plus en plus attentif au message spirituel et humain de son père.
A partir de 1948, il réalise des ensembles de grande diffusion : services à thé et à café en porcelaine blanche, séries de bols en acier inox, meubles… Evitant tout décor, il privilégie des formes simples qui semblent naturellement conçues et modelées, en utilisant de nouveaux matériaux et les techniques contemporaines de production et d’assemblage. Le siège Butterfly (conçu en 1953) deviendra une icône du design.
Ses conceptions annoncent celles de designers contemporains comme Naoto Fukasawa et Jasper Morrison, attachés à la notion de « Super Normal » pour désigner des objets dont le caractère ordinaire s’est tout simplement imposé.
Composition colorée

Le rouge annoncé dans la polychromie Isaline (voir 11 juillet 2008). Lundi 24 novembre 2008, Aix-les-bains. Peinture acrylique « rouge moyen » de chez Jallut, lampe Tolomeo micro, reproduction de Matisse, échantillon du tissu « La Suisse ».
Petit beurre

Le petit beure est donc un « biscuit suisse classique » ? Le site Kambly l’affirme. Ailleurs on rappelle que le « véritable petit beurre » a été inventé par LU, Louis Lefèvre-Utile à Nantes, en 1886. Le petit beurre suisse est d’une forme, d’une taille et d’une couleur différentes. Il n’est pas vendu en France, semble-t-il.
Genève, Coop des Eaux-Vives, vendredi 7 novembre, Aix-les-bains, rue Isaline, mardi 11 novembre 2008.










