Indélébile (bleu)

Les escaliers (l’ascenseur aussi) de chez Dreyfus, déballage du Marché Saint-Pierre, sont des endroits qui sont indélébiles dans la mémoire. D’abord parce qu’ils ne changent pas, peut-être aussi à cause de la peinture bleue (associée au bleu clair des sacs en papier) et des inscriptions blanches.

« Avec un grand angle et de la couleur », les escaliers sont saisissables; et il y en a déjà un certain nombre, de quoi ouvrir une rubrique.


Mardi 5 août 2008, 16h10.

Le prolétariat

Il y a quarante ans, à la fin du mois de juin 1968, dans un appartement de cet immeuble dont l’immense salon donne sur le jardin du Luxembourg, on entendait divers débats entre jeunes gens de la bourgeoisie parisienne (dont certains « bordiguistes »), sur la situation du moment et sur l’avenir de la révolution. L’un d’eux déclara : « le prolétariat, c’est casse-bonbons ».

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Mardi 17 juin 2008 vers 15h, manifestation syndicale boulevard Beaumarchais (défense des retraites et des 35 heures).

Par-dessus bord, à juste raison désabusée

Au Théâtre de la Colline, samedi 14 juin 2008, de 14h30 à 17h30 et de 18h30 à 21h : Par-dessus bord, de Michel Vinaver (1967-1969). D’abord un texte formidable. Une grande troupe d’acteurs avec suffisamment de numéros de virtuoses. Et une mise en perspective du théâtre lui-même aussi subtile et ironique que la vision historique et politique : à juste raison désabusée (détrompée, éclairée, sceptique, clairvoyante dit le TLFi — Trésor de la langue française informatisé).

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21h09 : le salut (30 comédiens, 4 musiciens).

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Michel Vinaver (photo Ted Paczola).
À écouter : Entretien et documents sonores sur la pièce : France Info.

Pour écouter l’entretien avec Claire Bodéan à France Info, 27 mn, cliquer ci-dessous :
[audio:http://jlggb.net/blog/wp-mp3/Vinaver_FI.mp3]

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Télécharger et lire ce Cahier du TNP, en paticulier page 7, « Laisser venir tout ce qui vient ».

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Pour faire le lien avec le TNP de Chaillot.

Critique à lire dans le Monde : L’épopée capitaliste de Michel Vinaver

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Continuer la lecture de Par-dessus bord, à juste raison désabusée

INOP (+TNP) 1958

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25 mai 2008, 41 de la rue Gay-Lussac, Paris 5e. Une image, l’un des tout premiers souvenirs des premières heures de la première visite à Paris (une nuit dans le train), au printemps 1958, il y a 50 ans, et avant, à travers le nom entendu L’inope (INOP), le souvenir enfantin, lui aussi premier, d’une situation familiale mystérieuse dont Paris était le pôle lointain, attracteur et sournois. Depuis plus de dix ans maintenant, elle peut être saisie au passage chaque semaine, à quelques pas de l’école du 31 rue d’Ulm.

Un style : une certaine alliance de modernité ambigüe, « front populaire » et « collabo », d’entrelacs et de verticales, de bleu-noir et de doré. Ce caractère (Cassandre, 1937), jamais perdu de vue depuis, pour son élégance trop française (l’attache du R par exemple), pour son abandon hors normes des bas-de-casse distinctes, pour la plupart, des capitales (pas visible ici), pour son écho au Palais de Chaillot dans les phrases de Valéry elles aussi en lettres d’or (datées de « Arts et Techniques dans la Vie moderne », l’exposition internationale de 1937. L’INETOP s’est installé rue Gay-Lussac en 1939).

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Caractère Peignot (Cassandre pour Deberny & Peignot, Paris, 1937).

Le même soir, Chaillot justement, et le TNP : Ubu mis en scène par Jean Vilar, avec Georges Wilson et Rosy Varte. Là, c’est le caractère Chaillot, de Jacno (1951). Une référence personnelle, sans équivoque. De nouveau le catalogue Deberny et Peignot. Le collègue Félix Müller en a fait faire récemment une version numérique.

 

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Alfred Jarry, Ubu, texte de la pièce créée au TNP en mars 1958. Exemplaire personnel authentique.

21 mars 1968

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« L’Affaire Langlois, Grenoble, 21 mars 1968 », affiche, 36×54 cm, impression offset, bichromie.

Le 21 mars 1968, se tient à Grenoble, au cinéma Le Rex, une « Réunion d’information sur l’affaire Langlois ». De nombreux cinéastes et acteurs viennent à la tribune (François Truffaut, Claude Chabrol, Claude Lelouch, Marie Dubois, Michel Simon, etc.). Cette manifestation est organisée notamment par les Amis de la Cinémathèque de Grenoble (une antenne de la Cinémathèque française qui organise, depuis plusieurs années, plusieurs projections par semaine), le Ciné-club universitaire de Grenoble (avec notamment Jonny Ebstein, Alain Bouverot, Michel Warren). L’affiche est signée Boissier + Boucher. Elle est imprimée à l’Association générale des étudiants de Grenoble.

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Pierre Moinot (1920-2007)

Note pour la dialectique de l’histoire : l’affaire est menée au ministère de la culture par Pierre Moinot (directeur des arts et des lettres), lui même acteur central de la création des maisons de la culture. Le poste de graphiste-imprimeur-photographe à la Maison de la culture de Grenoble, occupé à ce moment là et jusqu’en juillet 1968, lui est donc indirectement dû. Quinze années plus tard commencera une collaboration avec Martine Moinot au Centre Pompidou (Les Immatériaux, « Les Chemins du virtuel », La Revue virtuelle) et l’on rencontrera ce fils d’instituteurs, résistant, haut fonctionnaire, militant de la culture et des droits de l’homme, écrivain, académicien.

Il y a des arbres aux feuilles

Il y a, chaque année depuis l’enfance, l’appréhension d’un lapsus coupable, un souvenir écran, une gène à voir les premières feuilles aux arbres : c’est la phrase « Il y a des arbres aux feuilles » qui vient à l’esprit. Ou, le « marronnier » de la mémoire.

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Samedi 1er mars 2008, 17 heures, Rue de Moussy, Paris, 4e.