L’éclair dure longtemps


Jeudi 5 mars 2009, 21h55, photographiée dans l’exposition Gakona au Palais de Tokyo, une sculpture de Roman Signer, Parapluies, 2009 (deux parapluies, fil nylon, bobines Tesla, dimensions variables, assistance, conception et réalisation, Jürg Nänni, conception bobines Tesla, Finn Hammer, courtesy Galerie Art:Concept, Paris).

Gabriel Loppé (1825-1913), La tour Eiffel foudroyée, 1902,
épreuve sur papier, Paris, musée d’Orsay.
Crédit photographique de la reproduction : ©Photo RMN, ©Hervé Lewandowski.

Coïncidence. Pour l’affiche et l’invitation de l’exposition Electra au Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 10 décembre 1983 au 5 février 1984, avait été trouvée, au Palais de Tokyo (dans le fonds Eiffel qui ensuite devait aller au Musée d’Orsay), cette photographie de Gabriel Loppé, peintre, photographe et alpiniste. Depuis, elle a été souvent reproduite.

Invitation de l’exposition Electra, 1983, maquette : J.L.B.

La dépression (Vie des objets. Ch.2)

Vendredi 13 février 2009. Cette fois, c’est la mug Cornish Blue qui est retrouvée brisée. L’usure du temps, certes. Mais, ce vendredi 13, il faut comprendre ce qui peut pousser à bout une mug.

Les faïences Cornish Blue ont été fabriquées depuis 1926 par TG Green & Company à Church Gresley, Derbyshire, Angleterre. Le nom Cornish Blue se réfère aux couleurs du sud de l’Angleterre, pas à la région de fabrication. Les bandes blanches s’obtiennent par découpe et décollement de la couche bleue, avant glaçure. Dans les années 60, la fabrication traditionnelle avait été modernisée par la designeuse Judith Onions. La tasse ici cassée fait partie de cette série. Mais la fabrique victorienne n’a cessé de décliner. Vendue par la famille Green en 1964, elle a fait faillite en 2007. Puis, le patron de la firme d’ustensiles de cuisine Chomette, Charles Rickards, associé au consultant en design et en marketing Haydn Perry Taylor, dont l’épouse Vik est une fervente collectionneuse de Cornishware, ont repris la ligne classique aux bandes bleu et blanc. Depuis octobre 2008, elle est de nouveau vendue, fabriquée désormais en Chine « to the same high standards as ever ». Cet aveu de la Chine est ici, mais pas .

On l’a vu au chapitre précédent (La jalousie), la mug de Spode, elle aussi un classique anglais, est maintenant fabriquée (très mal) en Chine.

En 2009, TG Green ouvre une poterie artisanale dans sa maison traditionnelle de Derbyshire pour créer, en édition limitée, de nouvelles pièces au nouveau design.

Mais c’est dans l’environnement social qu’il faut chercher les vraies raisons de la dépression. Porté par le bon goût des nouveaux moyens-riches, le regain des valeurs sûres d’une tradition confortée par un design et un commerce choisis (les années 80, Conran, Habitat) s’est dispersé : retour nostalgique aux racines paysannes et nationales (poterie de Cliousclat « savoyarde »), création branchée connotant la petite série semi-industrielle (chopes Assoiffé de Tsé-Tsé en porcelaine de Limoges un peu grise), modernisme exotique chic (gobelets à soba japonais) — et la mug en verre minimaliste « super-normale » de Muji n’est même pas dans le champ.

Le regard de la Charité



Dimanche 8 février 2009, 16h. Temple Sainte-Marie de la Visitation, rue Saint Antoine, construit selon les dessins de François Mansart en 1632, façade récemment restaurée. Deux sculptures sur les rampants du fronton figurent la Religion et la Charité. Si, marchant sur la rue à un mètre du trottoir, on lève les yeux, on rencontre le regard de la Charité.

Le mot Haken


Restaurant « Bio fast food » Gorilla, 120 Friedrichstrasse, Berlin, 30 janvier 2009, 12h30. Ce deuxième modèle de crochet, noir mais de forme identique à celui de l’hôtel de Nice, a été une incitation à reprendre l’investigation.

On savait que la reconnaissance automatique des formes n’était pas tout à fait pour demain; celle qui ferait que la machine, alimentée par la photo du porte-manteau de l’Hôtel de Nice, trouverait l’origine de l’objet, son fabricant, sa référence, son nom, son prix. On sait aussi que le commerce n’a cependant pas attendu pour mettre en place des « moteurs de recherche humains » qui, parcourant à longueur de temps les pages du Web, interrogeant Google par les images associées à des mots, réussissent fort bien dans cette tâche.

Si l’« Appel à reconnaissance d’une forme » issu du 26 décembre n’a pratiquement rien donné (il faut dire que ce blog ne fait rien pour attirer les lecteurs interactifs), une recherche endogène, du Web sur le Web, pouvait aboutir. À condition de passer par les mots. L’architecte de Nice, rencontrée et interrogée directement à Paris le 8 janvier, a parlé de l’Italie. Mais le sentiment qui s’était formé était qu’il fallait chercher en Allemagne : le minimalisme, l’austérité, le fonctionnalisme métallique et éloxé. Après l’essai, sans succès, de l’anglais hook, le nom Haken a été mis à l’épreuve. Il a fallu plusieurs tentatives et fausses pistes. Un objet ressemblant a bloqué la perspective pendant près d’un mois. Il venait de Huthaken. Il fallait passer par Kleiderhaken. Puis penser à entrer dans de vastes catalogues, à partir d’une image « fausse » mais apparentée.
http://www.lubeck-beschlaege.de contient le résultat :

Lubeck Beschläge · Mommsenstraße 4 · 42289 Wuppertal

Produkt: Kleiderhaken, Handtuchhaken, Artikel-Nr.: L.12040, Katalogseite: 12.11, Kurzbeschreibung: Garderobenprofilhaken 4 mm, A 90 mm, H 150 mm , Alu silber eloxiert, Alu schwarz eloxiert, Alu neusilber eloxiert, Alu gold eloxiert, Alu farbig lackiert. Wir helfen Ihnen gerne weiter: Tel. 0202 – 264 802-0.

Occupation (19. Représentation permanente)



Mardi 27 janvier 2009, vers 23h, ces quatre buveurs de bière parlent anglais entre eux. Au dessus d’eux, une photographie de quatre hommes attablés, au centre, Willy Brandt (photo l’appareil posé sur le haut d’un verre). Toujours pleine de monde et très animée, la brasserie StäV (Ständige Vertretung), Schiffbauerdamm 8 à Berlin (à deux pas du Berliner Ensemble), doit son nom aux « représentations permanentes » qui faisaient office d’ambassades entre Berlin (RDA) et Bonn (RFA). En 2009, 20 ans après la chute du mur, on peut lire une part de l’histoire de l’Allemagne dans les photos qui ont suivi le rapatriement de l’établissement de Bonn à Berlin. La bière est unique ici à Berlin. C’est la bière de Cologne Gaffel Kölsch qui est servie dans un verre cylindrique étroit (photo en posant l’appareil sur le verre).

Désir de googler ce que l’on voit

Habitués à googler les mots, on est porté à croire qu’on peut le faire pour les images. Cet air de famille conduit à une personne, une actrice, mais, sur le moment, son nom ne vient pas.


Tgv vers Poitiers, jeudi 20 novembre 2008 (photo à l’iPhone).

Finalement, on fait ça à vue. Résultat : Virginie Ledoyen (Virginie Fernandez) [dr]

Disques d’art

Vu dans des foires d’art, ces derniers jours.


William Kentridge, Drawing for ‘What Will Come’ (Gas Mask and World on legs), 2007. Frieze Art Fair, Regent’s Park, Londres, vendredi 17 octobre 2008.


Gabriel Orozco, Black Scribble Plate, 2008. Frieze Art Fair, Regent’s Park, Londres, vendredi 17 octobre 2008.


Jean Dupuy, Satierik, 1980-2008, Foire d’art Slick, Centquatre, Paris, jeudi 23 octobre 2008.

Peinture Rap

jallut
Mardi 14 octobre 2008, vers 18h. À partir de plusieurs recommandations, dont celle d’André Iten et de Annelore Schneider, on s’est intéressé de près aux peintures Jallut (à Genève) pour les couleurs du Nice-Savoie. Or voilà qu’à Yverdon-les-Bains, le siège des peintures Jallut, avenue Haldimand, est en face de l’hôtel (du Théâtre).