Ambivalence


Jeudi 10 mai 2012, 15h, rue du Béarn, Paris, 3e. À tout prendre, le slogan « Sans espoir » serait-il négatif quand « Espoir » serait positif ? Les marques No-Logo, No-Design, No-Go-Voyages, etc, n’ont-elles pas fait fortune ces dernières années ?  Je viens de croiser Jack Lang sur le trottoir étroit de la rue du Pas de la Mule. Si l’on n’était pas à deux pas de la place des Vosges, on pourrait plus aisément apprécier l’esprit critique que portent les murs. On y voit bien entendu une allusion au « Hope » associé à un portrait d’Obama, image mondialement connue, issue du Street Art, produite par Shepard Fairey (Aka Obey. Voir les sites : http://obeygiant.com/archives et http://obeyclothing.com/propaganda/ — l’image d’Obama y est désormais absente à cause du procès lancé par Associated Press). Ses affiches, collages muraux, pochoirs, T-shirts, hésitent entre la citation parodique des formes de propagande (soviétique, chinoise, vietnamienne, etc.), les fausses, vraies-fausses et vraies causes, pour rejoindre une position explicitement commerciale aux antipodes de la « contre-culture ». Notre pochoir « No Hope » appartient à une histoire ambiguë qui bégaie : on voit mal les (jeunes) street-artistes parisiens (enfants de bobos ?), équipés de leur leçon bien apprise — « le médium, c’est le message » : de la liberté d’expression — se faire les propagandistes d’un « espoir hollandais ».

 
http://obeygiant.com/headlines/obama-or-bust

Effets de lumières


Dimanche 29 avril 2012, 16h06, Palais omnisports de Paris-Bercy, meeting de François Hollande pour les élections présidentielles. Toutes les places sont occupées, jusqu’aux dernières, très haut, juste sous le plafond. On a droit à une démonstration de toute la panoplie des effets de lumières mouvantes et colorées prévue pour les concerts.

French Food


Vendredi 27 avril 2012, 16h40, 49 rue Monge, Paris, 5e. On se demande pourquoi il faudrait annoncer « cuisine française » sur une brasserie qui se nomme Le Petit Panthéon, à côté des Arènes de Lutèce. Puisqu’il s’agit de faire goûter à la « soupe à l’oignon maison » et aux « escargots bourgogne », il est plus efficace d’inscrire « French Food ».

Pavot des Alpes


Vendredi 27 avril 2012, 15h30, Jardin des plantes, Paris 5e. Après « Purification des plates-bandes » et « Plates-bandes, suite », voici les pavots (Pavot des Alpes. Papaver alpinum L. subsp. alpinum. Série Wonderland. Horticole. Papaveraceae) fleuris — et qui commencent à passer. Il semble qu’il y ait ces mêmes fleurs partout dans le jardin en ce moment. Cette photo est la première faite avec le nouvel appareil Ricoh GR IV.

Ai Weiwei, Ai Qing, monuments



Samedi 21 avril 2012, 16h, Jeu de Paume, Paris. Entrelacs, exposition des photographies de Ai Weiwei. Un peu trop référencée aux diverses approches de la photographie contemporaine pour être intéressante artistiquement. À prendre comme affirmation d’un parcours biographique libre, courageux, contestataire, utile.
De la bibliothèque : Ai Qing (艾青), Poèmes, Éditions en langues étrangères, Beijing, 1980. Avec l’autographe : « Ai Qing, le 21 juin 1980, Paris ». Le père de Ai Weiwei, poète révolutionnaire, né en 1910, étudiant en France de 1929 à 1932, compagnon de Mao à Yan’an, déporté dans le Nord-Est puis dans le Xinjiang avec sa famille de 1958 à 1978. Nous l’avons rencontré à Paris en 1980. Il est mort en 1996. On entend monument comme au temps de Rousseau : documents.

Voir, à propos de Ai Weiwei, sur ce blog :
http://jlggb.net/blog2/?p=7439
http://jlggb.net/blog2/?p=5921
http://jlggb.net/blog2/?p=4770
http://jlggb.net/blog2/?p=2470
http://jlggb.net/blog/?p=6081
http://jlggb.net/blog/?p=5998
http://jlggb.net/blog/?p=491

Nominalisme trivial


Mercredi 18 avril 2012, 18h20, à l’angle du boulevard Richard Lenoir et des rues Saint-Sabin et Breguet, Paris 11e. Ce qui est ainsi au carrefour de trois voies (le trivium) est jugé trivial. Et quand l’on résume des constatations par des étiquettes que l’on prend pour des idées générales, c’est du nominalisme.

Visite architecturale : la Tour Bois le Prêtre, Paris 17e



Vendredi 30 mars 2012, 14h,Tour Bois le Prêtre, Paris 17e. Transformation à la fois radicale et élégante d’une tour construite en 1962, par ajout d’extensions chauffées, de jardins d’hiver et de balcons. Frédéric Druot, Anne Lacaton et Jean Philippe Vassal architectes. Cette opération, parallèle à celle de la rue Pierre Rebière (article précédent), a pu apparaître comme son versant critique, s’opposant à un « effet de collection narcissique ». On note un matériau innovant pour les rideaux isolants qui est à lui seul une proposition architecturale.

Visite architecturale : rue Pierre Rebière, Paris 17e






Vendredi 30 mars 2012, vers 14h, rue Pierre Rebière, Paris 17e. Sur une bande de terrain récupérée sur la rue elle-même, de 600 mètres de long sur 12 mètres de large, le long du cimetière des Batignolles, une série d’immeubles d’habitation se terminent. Dans cet espace particulier, neuf équipes de « jeunes architectes » ont expérimenté des formules d’habitat social qui semblent agréablement habitables, en dépit du bruit du périphérique proche. Des jeux de renfoncements et de terrasses contournent l’interdiction de placer des fenêtres donnant directement sur le cimetière pour bénéficier malgré tout de ses 900 arbres. Ainsi l’immeuble conçu par Stéphane Maupin présente deux gradins de balcons se faisant face dans l’épaisseur du bloc. Visant à augmenter les vues et la lumière de chaque pièce, l’atelier japonais Bow-Wow a multiplié les ouvertures en leur donnant systématiquement un balcon, où l’on se tient debout, où l’on s’assoit, où l’on se met autour d’une table.
À écouter, les émissions de François Chaslin sur la rue Pierre Rebière des 27 novembre 2011 et 18 décembre 2011 : première partie et deuxième partie.